Presse

Christian Saint-Etienne était l’invité de Stéphanie De Muru sur RT France ce mercredi 15 septembre.

Alors que Pierre Moscovici présentait ce 15 septembre le rapport de la Cour des comptes sur l’évolution des dépenses publiques pendant la crise sanitaire aux députés de la commission des Finances de l’Assemblée, les promesses électorales des différents candidats à la présidentielle de 2022 posent question. Est-il raisonnable de promettre des millions d’euros en cette période de crise sanitaire ? Les candidats, déclarés ou non, pourront-ils vraiment tenir leurs promesses ? Qui va finalement payer ? L’économiste Christian Saint-Etienne était invité de l’Info avec Stéphanie De Muru pour revenir sur ces questions.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Stéphane Soumier sur la chaine Be Smart ce lundi 13 septembre 2021.

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Faut-il continuer d’investir en Chine ?
Le constructeur automobile allemand Porsche a annoncé à la fin du mois d’août qu’il comptait abandonner le 100% made in Germany en délocalisant une partie de sa production en Chine et en Malaisie, pour se rapprocher de ses clients asiatiques. Un pari risqué au vu de la nouvelle politique économique de Xin Jinping, qui compte redistribuer de manière plus équitable les richesses produites en Chine, en taxant davantage les entreprises chinoises et étrangères.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Stéphane Soumier sur la chaine Be Smart ce lundi 13 septembre 2021.

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Où en est l’économie de la Chine aujourd’hui ?
Les exportations chinoises, à destination de l’Europe, ont explosé depuis le début de la crise sanitaire. Celles-ci dépassent en effet 36 milliards d’euros par mois depuis le début de l’année, quand elles étaient tout juste au-dessus de 31 milliards en 2019. Parallèlement, la production industrielle du pays est au plus bas depuis septembre 2020, en raison d’un regain de l’épidémie de Covid-19, dû à la prolifération du variant delta.

Le Figarovox – 5/08/2021

Le Conseil d’État a condamné l’État à verser 10 millions d’euros à des associations militantes, estimant que le gouvernement n’a pas pris les mesures suffisantes pour limiter la pollution de l’air. La judiciarisation de l’action gouvernementale est à son comble, s’inquiète l’universitaire Christian Saint-Étienne.

Le combat pour le pouvoir entre le Politique et les Juges est récurrent en France depuis des siècles. Sous l’Ancien Régime, les Juges ont affaibli le pouvoir royal à plusieurs reprises. La Ve République, au contraire, avait essayé de limiter le pouvoir judiciaire au profit de l’Exécutif. Or une double jurisprudence, européenne et nationale, contraint aujourd’hui l’action politique non plus seulement en légalité, ce qui est le propre du Juge, mais aussi, de plus en plus ouvertement, en opportunité.

Cette dérive vient d’être illustrée, qui plus est un 4 août, par un arrêt du Conseil d’État qui condamne l’État à verser 10 millions d’euros à l’association Les Amis de la Terre ainsi qu’à plusieurs organismes et associations engagés dans la lutte contre la pollution de l’air.
En juillet 2020, le Conseil d’État avait «ordonné» au gouvernement d’agir pour améliorer la qualité de l’air dans plusieurs zones en France, sous peine d’une astreinte de 10 millions d’euros par semestre de retard. «Si des mesures ont été prises, le Conseil d’État estime aujourd’hui qu’elles ne permettront pas d’améliorer la situation dans le délai le plus court possible, car la mise en œuvre de certaines d’entre elles reste incertaine et leurs effets n’ont pas été évalués. C’est pourquoi il condamne l’État à payer l’astreinte de 10 millions d’euros à l’association Les Amis de la Terre (…). Le Conseil d’État évaluera les actions du Gouvernement pour le second semestre de l’année 2021 au début de l’année 2022 et décidera si l’État devra verser une nouvelle astreinte», explique le Conseil d’État dans le communiqué de presse qui présente son arrêt.

Seul le Législatif peut écrire la loi et dicter des obligations au gouvernement.

Il apparaît clairement que le Juge administratif ne juge pas ici en légalité mais en opportunité.
Projetons-nous dans un autre contexte. Une association d’Anciens combattants aurait pu faire condamner l’État en 1871 pour ne pas avoir équipé nos soldats de mitrailleuses dans la guerre de 1870, comme les armées allemandes qui avaient observé – ainsi que des attachés militaires français -leur usage, aux Etats-Unis, pendant la Guerre de Sécession. En 1941, la même association aurait fait condamner l’État pour ne pas avoir constitué des divisions blindées face à l’armée allemande et ce d’autant plus qu’un colonel français, de Gaulle, avait défendu cette nouvelle approche.

De même, aujourd’hui, une association militant en faveur de la «réindustrialisation de notre économie» pourrait faire condamner l’État pour avoir mis en œuvre les 35 heures en 2000-2002 et ne pas avoir retardé l’âge de départ à la retraite à 65 ans, deux mesures qui sont massivement responsables d’un coût du travail qui bloque notre compétitivité. Ainsi de suite.

Il convient d’ouvrir ici un débat, non de sémantique juridique, mais de stratégie politique dans le cadre du régime de la démocratie libérale représentative avec séparation des pouvoirs. Seul le Législatif peut écrire la loi et dicter des obligations au gouvernement. Celui-ci, dans le cadre de l’État de droit ainsi institué, essaie de faire progresser la situation économique, sociale, environnementale, militaire et diplomatique du pays du mieux qu’il peut, en commettant des erreurs mais aussi en enregistrant des réussites sur la durée.

Il n’appartient donc pas au Juge d’évaluer les politiques gouvernementales mais à un Office parlementaire d’évaluation des politiques publiques d’en juger, sous le contrôle des représentants élus du peuple. À condition que cet Office existe, évidemment, ce qui n’est pas le cas. Il faut le créer en urgence, par une révision constitutionnelle parlementaire.

Il faut casser la dérive vers le pouvoir de Juges non élus. Créons dans la Constitution un tribunal parlementaire de 60 membres qui, à la majorité qualifiée, aura le droit d’annuler une décision du Conseil Constitutionnel et un arrêt de la Cour de Cassation ou du Conseil d’État.

Mais il faut aller plus loin si l’on veut casser la dérive vers le pouvoir de Juges non élus. Cette révision devrait être mise à profit pour créer dans la Constitution un tribunal parlementaire de 60 membres (moitié Assemblée nationale et moitié Sénat et en proportion de tous les partis) pouvant être saisi par le gouvernement ou 150 parlementaires, dont au moins un tiers de l’opposition, et qui pourra, à la majorité qualifiée, annuler une décision du Conseil constitutionnel et un arrêt de la Cour de cassation ou du Conseil d’Etat.

Il ne s’agit pas de dupliquer les dérives des pays d’Europe centrale qui veulent s’attaquer à l’État de droit au bénéfice d’un gouvernement, mais de rétablir la séparation des pouvoirs avec un outil – le Tribunal parlementaire – qui permette de casser ce que l’on peut nommer le pouvoir de «double opportunité» des juges.

On nommera pouvoir de «simple opportunité» la capacité des juges d’évaluer si un agent de l’État ou une collectivité a respecté ou non la loi au sens de ne pas faire ce qui est interdit, voire de faire ce qui est explicitement ordonné par la loi sous forme de mesures spécifiques édictées, mesure par mesure, par la loi elle-même. Mais seul un Office parlementaire peut «évaluer» des politiques – «pouvoir de double opportunité»- en fonction d’objectifs généraux fixés par la loi.

Enfin, dans cette affaire, le Conseil d’État condamne l’État à payer une somme à une Association, ce qui va conduire à la multiplication des contentieux. À ce propos, une loi devrait prévoir que toute condamnation de «l’État» sera complétée par l’expression «donc le contribuable». On condamne «l’État – donc le contribuable» à verser des sommes à des intérêts privés . L’État, sur le plan financier, n’est qu’une fiction, ce que les Juges ont apparemment oublié.

L’Opinion – 26 juillet 2021

« Le résultat est une France désindustrialisée, aux finances publiques à la dérive, à l’école en déshérence dans les comparaisons internationales, sans politique énergétique, avec une immigration subie, qui échoue dans les compétitions même quand elle a une bonne équipe »

Il y a un mystère français : comment autant d’individualités brillantes peuvent-elles produire un collectif aussi faible ?

Et ce n’est pas un phénomène récent. Dans La guerre des Gaules, Jules César écrit que si les Gaulois avaient été organisés, ils auraient massacré ses légions. Dans la guerre de 1870, des généraux de Cour, qui n’ont pas étudié la guerre de Sécession, envoient des soldats magnifiques à l’abattoir car les Allemands se sont équipés massivement de mitrailleuses largement utilisées à la fin de la guerre civile américaine. En 1939, la Ligne Maginot était efficace, contrairement à la doxa véhiculée depuis, et les Allemands la contournent pour cette raison. Ils passent par les Ardennes car des généraux français avaient considéré que c’était impossible : cette partie du front était peu protégée – sans évoquer la position ambiguë de la Belgique.

Et le problème s’aggrave. Dans les années 1990, selon les mêmes phénomènes de Cour, des sociologues et des politiques néomarxistes ou négligents décrètent, à quelques-uns mais au cœur du système, que nous sommes entrés dans un monde post-industriel et post-travail qui exige le partage d’un nombre limité d’heures de travail. Cette idée est reprise par le Parti socialiste qui gagne les élections législatives de 1997 et impose la semaine de 35 heures à des syndicats réticents, avec plein effet pour les entreprises de plus de 20 salariés au 1er janvier 2000 et pour les autres au 1er janvier 2002. La droite, élue en 2002, ne modifie le dispositif qu’à la marge.

La désindustrialisation du pays est la principale cause de son affaiblissement, de la désertification des territoires qui a provoqué le phénomène des Gilets jaunes, et du déficit extérieur qui mine les équilibres financiers de la France

Dans tous les pays développés, l’industrie est l’activité la plus internationalisée, et infiniment plus que les services. La semaine de 35 heures, qui a augmenté fortement le coût du travail, désorganisé la production et démotivé les travailleurs, a joué le même rôle pour les PME industrielles françaises que les mitrailleuses allemandes en 1870. La production industrielle stagne aujourd’hui à son niveau de l’an 2000 et la France a perdu, depuis cette date, plus de 40 % de ses marchés à l’exportation. La désindustrialisation du pays est la principale cause de son affaiblissement, de la désertification des territoires qui a provoqué le phénomène des Gilets jaunes, et du déficit extérieur qui mine les équilibres financiers de la France.

Idées loufoques. Et ça continue. Didier Deschamps a considéré, à 24 minutes de la fin du match, que son équipe ne pouvait pas perdre, avec un score de 3-1, et a dégarni son attaque qui était vraisemblablement la meilleure du tournoi. La défense, qui est considérée comme moins noble par les Français, était désorganisée et peu motivée. Il n’y a pas une personne au monde qui peut penser que les équipes italienne, espagnole ou allemande de football auraient perdu dans les mêmes conditions.

Il faut donc s’interroger sur trois faiblesses nationales : 1- la mauvaise organisation qui semble le mode latent de fonctionnement français sauf événements ou chefs exceptionnels ; 2- l’absence de curiosité de ce qui se fait ailleurs, comme pendant la guerre de Sécession ou au moment des 35 heures ; 3- le phénomène de Cour dans un Etat centralisé qui permet de mettre en œuvre des idées loufoques sans analyse sérieuse et contradictoire, ni même prendre en compte le retour d’expérience, quand il se révèle désastreux, pour corriger le tir.

On sait que, loin du post-industriel, nous sommes entrés dans la Nouvelle révolution industrielle de l’informatique depuis les années 1980, la transformation à l’œuvre s’accélérant depuis l’an 2000 pour fabriquer une industrie robotisée, numérisée et totalement internationalisée. Ce système hyper-industriel est plus que jamais au cœur de l’économie servicielle créant des écosystèmes de biens et services liés, dont l’industrie est le cœur. L’évidence glaçante du phénomène n’a nullement perturbé l’intelligentsia politico-économico-médiatique, d’environ 300 personnes, qui gouverne le pays. La crise de la Covid ayant montré les dégâts de la désindustrialisation en 2020, quelques mesures ont été prises dans ce qui est, en réalité, une indifférence générale marquée de sympathie désapprobatrice. On est très loin d’un impératif de survie qui réorganiserait la nation pour la préparer au combat.

Lorsque la négation ne suffit pas à éliminer le sujet, on en parle longtemps et en faisant en sorte que les comparaisons internationales restent à la marge du débat qui devient rapidement « pour ou contre »

Et lorsque, par exception, on se pique de traiter d’un sujet, comme la TVA sociale, l’origine de l’effondrement des performances scolaires, la réindustrialisation, la réforme des retraites, la question énergétique, le débat public obéit aux trois temps de la valse d’impuissance française :

1- on nie l’importance du sujet : non le coût du travail ne joue pas sur l’emploi, l’industrie est sale et dangereuse, le classement PISA de performances scolaires n’est pas fiable, la seule caractéristique du nucléaire est sa dangerosité, etc.;

2- lorsque la négation ne suffit pas à éliminer le sujet, on en parle longtemps, pendant des années, et en faisant en sorte que les comparaisons internationales, dans les rares cas où l’on s’en préoccupe, restent à la marge du débat qui devient rapidement « pour ou contre » : pour ou contre la TVA sociale, la globalisation, la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture, le calcul mental à l’école, la vaccination, les robots, le nucléaire, l’immigration, etc. ;

3- et enfin, lorsque l’on a suffisamment ferraillé « pour ou contre », vient la paix des braves, c’est-à-dire le moment au cours duquel le sujet est décrété résolu pour en avoir assez parlé. Ainsi, on a parlé pendant quinze ans de la TVA sociale en France et les Allemands l’on fait en 2007, par le relèvement du taux principal de TVA de 16 % à 19 % avec, en parallèle, une baisse des cotisations patronales sur les salaires et, quelques semaines après, une baisse de l’impôt sur les sociétés qui mettaient l’Allemagne en bonne position pour encaisser la crise de 2008-2009 et rebondir ensuite. Le fait que les Allemands avaient mis en œuvre la mesure refermait définitivement le sujet en France, à la satisfaction générale.

Inconséquences. Le mécanisme des trois temps de la valse est suffisamment puissant pour « effacer », du moins on le croit, nos trois inconséquences : 1- la désorganisation latente de nos fonctionnements sans vision structurée et sans règles clairement énoncées et strictement mises en œuvre, 2- l’absence de curiosité sur ce qui se fait ailleurs, et même lorsque l’on veut bien ouvrir un œil, les solutions d’ailleurs ne sont jamais pertinentes ici, 3- le phénomène de Cour autour d’Ubu roi : plus c’est loufoque, mieux c’est. Et si c’est financé par la dépense publique, c’est magique.

Le résultat est une France désindustrialisée, aux finances publiques à la dérive, à l’école en déshérence dans les comparaisons internationales, sans politique énergétique, avec une immigration subie, qui échoue dans les compétitions même quand elle a une bonne équipe. Mais tout va bien, tant que le « méchant grand capital » est, en réalité, assez stupide pour financer notre indiscipline, notre refus d’ouvrir les yeux sur le monde, notre infini paresse intellectuelle et morale, et nos lâchetés qui sont toujours, naturellement, bienveillantes.

Crédit photo : Rafael Garcin

L’Opinion – 19 juillet 2021

L’impact de la crise sanitaire se mesure pour la France par une perte de fonds propres de l’ordre de 110 milliards d’euros pour les entreprises et par une augmentation de l’endettement public de 450 milliards d’euros sur cette période.

L’Europe se fait doubler par la Chine en montants annuels de capital-investissement, à la fois en biotechs et en numérique, et se trouve déclassée par rapport aux Etats-Unis d’un facteur 4 en biotechs et 2 en numérique. Il est donc impératif que tous les acteurs institutionnels européens triplent, au moins, sous trois ans leurs investissements en capital-investissement si l’on veut éviter la marginalisation.

Le même défi de triplement des investissements en capital-investissement sous trois ans s’impose aux investisseurs institutionnels français. Cet impératif est une opportunité compte tenu du différentiel de rendement en faveur du capital-investissement.

L’accélération de la croissance française s’impose si l’on veut éviter d’être enseveli sous les déficits. Le déficit public français était, en moyenne annuelle, de 2,8 % du PIB sur la période 2017-2019 et devrait être de 8 points de PIB sur la période 2020-2022. L’impact de la crise se mesure pour la France par une perte de fonds propres de l’ordre de 110 milliards d’euros pour les entreprises et une augmentation de l’endettement public de 450 milliards d’euros sur cette période.

Déficit extérieur. La France est le seul grand pays de la zone euro qui devrait avoir un déficit extérieur avec une balance courante annuellement déficitaire de 1,6 point de PIB sur la période 2020-2022. L’Allemagne a un excédent annuel de plus de 7 points de PIB, l’Italie un excédent annuel de 3 points de PIB et l’Espagne a un léger excédent.

La question centrale pour l’économie française en 2021-2022 concerne la restructuration de 1/7e de l’économie, d’une part, et la création de nouvelles filières de croissance et d’exportation afin d’éliminer le déficit extérieur et de créer des emplois dans la nouvelle économie au cours des cinq prochaines années, d’autre part

Ces différents éléments montrent que la France a une insuffisance d’offre en lien avec sa désindustrialisation massive sur les vingt dernières années.

La question centrale pour l’économie française en 2021-2022 concerne la restructuration de 1/7e de l’économie, d’une part, et la création de nouvelles filières de croissance et d’exportation afin d’éliminer le déficit extérieur et de créer des emplois dans la nouvelle économie au cours des cinq prochaines années, d’autre part.

La progression récente des investissements des fonds de capital-investissement français au bénéfice de la tech (biotechs et numérique) est significative, mais les montants en jeu sont très faibles si l’on veut favoriser une régénération du secteur productif français. En pourcentage du PIB, la France a investi trois fois moins qu’aux Etats-Unis dans la tech en 2020 (23 fois moins en dollars investis). Pour réindustrialiser le pays, le montant investi en capital-investissement en France par les capitaux-investisseurs (et institutionnels français) devrait passer de 12,5 milliards d’euros en 2020 – tous secteurs confondus mais pour les seules entreprises françaises – à 35 milliards d’euros par an, dont au minimum 15 milliards d’euros dans la tech (contre 6 milliards en 2020).

Robotisation. C’est loin d’être inatteignable (encours d’assurance-vie fin mars 2021 : 1 812 milliards d’euros, en progression de 4 % sur un an ; encours livret A et LDDS à fin avril 2021 : 467 milliards d’euros ; surplus d’épargne des ménages français en lien avec la crise : 140 milliards d’euros), mais cela suppose une stratégie déterminée de numérisation, robotisation et européanisation de l’économie française et de développement massif de la Tech française sur la période 2022-2026.

La France dépense chaque année 800 milliards d’euros dans sa protection sociale, moins de 40 milliards d’euros dans sa défense et 12 milliards d’euros dans le capital-investissement

Pour mobiliser l’épargne des Français vers l’investissement en fonds propres, on peut proposer la création d’un nouveau PEA, en plus des PEA et PEA-PME actuels. Il serait fléché sur les investissements en fonds propres des entreprises de moins de 5 000 salariés (au moment de l’investissement), comme le PEA-PME, mais il aurait un plafond propre de 225 000 euros en sus du plafond actuel de 225 000 euros pour la somme du PEA et PEA-PME, sous réserve d’investir dans des entreprises de la tech (notamment biotechs, fintechs, agri-techs, cleantechs, etc.) ayant leur siège dans l’Union européenne, avec une orientation française, et de garder les fonds dans ce PEA-Fonds propres plus de huit ans.

Les fonds seraient investis directement par le détenteur ou par l’intermédiaire de fonds de capital-investissement. Les revenus et plus-values seraient défiscalisés en contrepartie d’une garantie en capital de 80 % du montant initial investi dans les fonds de capital-investissement. En cas de décès du détenteur, le PEA-Fonds propres serait transmis sans fiscalité avec une nouvelle obligation de détention de huit ans.

La France dépense chaque année 800 milliards d’euros dans sa protection sociale, moins de 40 milliards d’euros dans sa défense et 12 milliards d’euros dans le capital-investissement alors que son offre productive est insuffisante et ses finances publiques à la dérive. D’autres arbitrages s’imposent.

Crédit photo : lilzidesigns

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