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Le gouvernement va devoir trouver 10 milliards d’euros d’économies cette année. Où les chercher ? Dans le même temps, doit-on espérer des baisses d’impôts ? Christian Saint-Etienne, économiste et professeur au CNAM, était l’invité de l’émission Ecorama du 21 février 2024, présentée par Aude Kersulec sur Boursorama.com

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Le Cercle des Economistes – 12 février 2024

Entre le maintien des baisses d’impôts promises et les 12 milliards d’euros d’économies à réaliser sur le budget 2024, le programme du Premier ministre, Gabriel Attal, pose la question de son financement. Pour Christian Saint-Etienne, la principale difficulté réside dans le contrôle de la dépense publique.

Le discours de politique générale du Premier ministre a tracé un certain nombre de pistes pour favoriser le travail, encourager la construction de logements, « réarmer notre système de santé », agir pour l’école et restaurer l’autorité. Les normes pesant sur les agriculteurs doivent être simplifiées tandis que la transition écologique sera accélérée par la création d’un service civique écologique et la mise en service de l’EPR de Flamanville.

Afin de favoriser le travail, il est envisagé de baisser les impôts sur les classes moyennes de 2 milliards d’euros tout en généralisant la réforme du RSA avec une obligation de 15 heures d’activité hebdomadaire d’insertion. Pour relancer la construction, M. Attal propose d’intégrer le logement locatif intermédiaire dans la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU). Il veut également désigner 20 ‘territoires engagés pour le logement’ avec pour objectif d’y créer 30 000 nouveaux logements d’ici trois ans. Le thème récurrent de ce discours est la nécessité de la simplification des normes, dans l’agriculture comme pour les TPE/PME. Il prône notamment le recentrage des travaux de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) sur les projets d’envergure nationale pour simplifier les procédures frappant les autres projets.

Des normes et procédures étouffantes

M. Attal n’est pas le premier ‘Premier ministre’ à s’engager à réformer et simplifier normes et procédures, ce qui n’empêche pas le carcan des normes et procédures de croître en permanence et d’étouffer les initiatives. Surtout, il fait face à une situation budgétaire tendue avec un déficit public qui reste supérieur à 4,5% du PIB, une dette qui se maintient autour de 110% du PIB, en sorte que ses marges de manœuvre sont réduites même si les mesures qu’il a annoncées n’aggravent pas de manière délibérée la situation des finances publiques.

La principale difficulté réside toujours dans le contrôle de la dépense publique qui, selon les prévisions économiques de la Commission européenne, va se maintenir autour de 56% du PIB en 2024 et 2025, soit 8 points de PIB au-dessus de la moyenne de dépense publique des 19 autres pays de la zone euro. Le déficit public ne baissera pas et se maintiendra à 4,5% du PIB en 2024-2025, soit un tiers de plus que dans le reste de la zone euro, alors qu’il faudrait le ramener autour de 1,5% du PIB pour enclencher un mouvement de baisse réelle du poids de la dette publique. Or, le programme de M. Attal ne porte pas de remède au poids insupportable de la dépense publique et ne permettra pas de réduire le déficit.

La seul victime du double déficit

La France est ainsi le seul grand pays de la zone euro frappé par le double déficit, celui des finances publiques et celui de la balance courante qui se maintiendra autour de 2,4% du PIB en 2024 et 2025, comme en 2023. Il faudra, un jour de plus en plus proche, par la volonté ou par la contrainte extérieure, diviser par deux l’écart de dépense publique par rapport à nos voisins de la zone euro et allouer les 4 points de baisse du ratio de dépense publique à la baisse du déficit et à la réduction des impôts.

La situation économique de la France reste extrêmement préoccupante, son décalage de performance par rapport aux autres pays de la zone euro est inquiétant et le discours de politique générale de M. Attal, personnage au demeurant très sympathique, ne trace pas de perspectives permettant à l’économie française de retrouver un dynamisme durable.*

Photo de Towfiqu barbhuiya sur Unsplash.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce jeudi 8 février 2024.

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Ce jeudi 8 février, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et membre du Cercle des Économistes, Gaël Sliman, président d’Odoxa, et Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet d’audit BDO France, se sont penchés sur la révision de la croissance économique française, le baromètre télétravail, et la question de l’aménagement de la semaine de 4 jours, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce jeudi 8 février 2024.

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Ce jeudi 8 février, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et membre du Cercle des Économistes, Gaël Sliman, président d’Odoxa, et Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet d’audit BDO France, se sont penchés sur les raisons du déficit commercial français en 2023, et les améliorations à apporter sur la politique monétaire afin de redresser la barre, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Les Echos – 01/02/2024

Si la France traîne dans la course à l’innovation, c’est à cause notamment de l’insuffisance de ses entreprises de taille intermédiaire industrielles. Il faudrait doubler leur nombre.

Après un quart de siècle de désindustrialisation, la France tente de se réindustrialiser grâce à la multiplication des start-up et licornes et en accélérant l’innovation avec France 2030, programme de 54 milliards d’euros lancé en 2021 et mis à jour par Emmanuel Macron en décembre 2023. Ce dernier a insisté sur 3 objectifs — la souveraineté, le plein-emploi et la décarbonation — et décliné 7 dossiers : l. stockage d’énergie et nucléaire innovant, 2. hydrogène naturel, 3. captage et stockage de carbone, 4. cartographie de nos ressources en métaux critiques, 5. bioproduction et technologies du vivant, 6. fabrication de microprocesseurs pour l’IA et 7. microlanceurs réutilisables.

La question clé est de savoir si c’est la bonne approche. Or, est parue, également en décembre, une étude de la Fabrique de l’industrie qui analyse sur le plan mondial les innovations de rupture dans 12 domaines : hydrogène pour les transports, batteries pour les véhicules électriques, photovoltaïque, éoliennes en mer, recyclage des métaux stratégiques, carburants durables pour l’aviation, acier bas carbone, recyclage biologique des plastiques, ARN messager, nanoélectronique, spintronique et calcul quantique. Les deux tiers de ces domaines sont au cœur de la stratégie du gouvernement. Les innovations de rupture sont définies dans cette étude sous les deux angles de performance technologique et d’un usage radicalement nouveau sur le marché.

Le discours et la réalité

Hormis l’Allemagne qui figure parmi les quatre premiers déposants mondiaux de brevets dans la moitié des domaines étudiés, les autres pays européens sont rarement dans les leaders et la France n’apparaît pas dans les pays les plus actifs dans ces secteurs. Le divorce apparaît clairement entre les discours et la réalité mondiale.

Quel est le problème ? Ce sont essentiellement les entreprises de quatre pays qui raflent la mise : Etats-Unis, Chine, Japon et Corée du Sud. Il ne s’agit pas des pays eux-mêmes mais des entreprises de ces pays. Les start-up sont peu présentes.

La France des start-up est utile mais ne répond que partiellement à la problématique des innovations de rupture effectivement mises en œuvre à grande échelle. Ce sont les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) technologiques qui font effectivement le travail de l’actuelle mutation accélérée du système productif mondial.

Nous payons le triple phénomène de 1. désindustrialisation accélérée en cours depuis un quart de siècle, 2. de disparition des grands groupes industriels français dans les vingt dernières années (Alcatel-Alsthom—avec un h—devenu Alcatel absorbé et Alstom coupé en deux, Péchiney, Usinor, Thomson, Lafarge, etc.), et 3. d’insuffisance des entreprises industrielles parmi les ETI.

Que faire pour que la France innove davantage ? Certainement pas se désintéresser de la France des start-up ni arrêter France 2030. Nous avons besoin de licornes industrielles (2 sur les 28 licornes françaises), et nous devons accélérer sur France 2030. Mais nous n’avons que 3 filières d’excellence mondiale en France (aéronautique-défense, grands groupes de services techniques, luxe) après avoir frôlé le démantèlement de l’énergie, de l’automobile, de la pharmacie, de l’agroalimentaire, etc.

Il faut donc une politique permettant de reconstituer 6 ou 7 filières d’excellence de rang mondial et doubler le nombre d’ETI industrielles. Ce qui suppose une autre organisation politique, de nouvelles sources de financement en réallouant les moyens, une stratégie déterminée. Facteur d’accélération nécessaire ? Fois dix. Doubler le nombre de licornes industrielles de 2 à 4 est bon pour notre ego. Doubler le nombre d’ETI industrielles de 2.000 à 4.000 nous fera passer du déclin à la prospérité.

L’Opinion – 15/01/2024

La France a atteint le sommet de sa puissance relative dans le monde en 1999, si l’on mesure cette puissance par sa part dans les exportations mondiales de biens et services qui signale notre influence à l’international. Cette année-là, nous avions une position financière extérieure nette positive, signifiant que nous étions « créditeur » sur le reste du monde. Enfin, nous étions perçus comme la quatrième puissance économique mondiale et une puissance stratégique crédible.

Depuis, nous avons perdu la moitié de nos parts de marché dans le monde, notre niveau de vie a baissé de 15% par rapport à l’Allemagne et aux Pays-Bas, nos industries automobile, pharmaceutique, mécanique ou aéronautique ou agroalimentaire se sont étiolées, le monde agricole est en déshérence…

Que s’est-il passé au cours du dernier quart de siècle pour que nous apparaissions, au début de 2024, comme un pays affaibli et fracturé ? Et pourquoi ce démarrage en 1999 ?

Les trois raisons de ce marasme et de cet abaissement sont la désindustrialisation, le déraillement de nos politiques économiques et sociales, la désidentification de l’être national.

Révolution. La première racine vient de l’idée radicalement fausse qui décrète dans les années 1990 que nous sommes entrés dans un monde post-industriel et post-travail et qu’il faut donc partager le travail en laissant l’industrie s’atrophier. Or, au même moment se déploie une nouvelle révolution industrielle totale, celle de l’informatique qui prend son essor dans les années 1990 avec Internet et la mise en réseau de centaines de millions de micro-ordinateurs. Nos élites se convainquent à tort que nous sommes dans un monde post-industriel alors que la Nouvelle Révolution industrielle est hyper-technologique et hyper-industrielle. Les nations comme les individus peuvent se tromper, mais nous allons persévérer dans cette sottise jusqu’à la gifle du Covid qui montre ce qui se passe quand on n’a plus d’industrie : pas de masques, de tests, de vaccins, puis pas de microprocesseurs en 2022, puis pas d’électricité à l’hiver 2022-23, etc.

La deuxième racine vient de l’entrée « accidentelle » dans la zone euro. Accidentelle car nous ne voulions pas de la discipline que cela impliquait. La dette publique était déjà à 60% du PIB en 2000 et double quasiment en 2023. Il aurait fallu comprendre et accepter qu’en nous liant à l’Allemagne par la monnaie, nous devions progresser tout comme elle en termes de compétitivité tout en maintenant notre dette publique au niveau allemand. Déraillement des politiques économiques et sociales.

Il fallait surtout ne pas se décaler sur le coût du travail. Or nous mettons en œuvre la semaine de 35 heures en 2000-2002, que les syndicats ne demandaient pas, alors que les Allemands votent les réformes Hartz du marché du travail en 2003-2005. Les industries commencent à redéployer leurs usines hors de France alors que les Allemands investissent dans les leurs en Allemagne.

En se laissant désindustrialiser depuis le début des années 2000 – avec une part de l’industrie manufacturière dans le PIB qui a chuté d’un tiers de 2000 à 2022 -, désélectrifier en fermant de nombreuses centrales électriques et en sous-investissant dans les autres depuis 2012, dérobotiser – en ayant un nombre de robots inférieur par millier d’ouvriers à l’Espagne et l’Italie -, le France s’est auto-suicidée au cours du dernier quart de siècle en termes de compréhension du monde dans lequel elle opère et de capacités stratégiques relatives à celles de ses concurrents.

Cet affaiblissement s’est traduit par l’apparition d’un déficit extérieur croissant à partir du milieu des années 2000, qui est devenu préoccupant dans les années 2010 et grave dans les années 2020. Alors que la position financière extérieure de la France était encore à l’équilibre en 2002-2003, elle s’est établie au montant négatif de -1150 milliards d’euros ou -43,5% du PIB à fin 2022.

Effondrement scolaire. La troisième racine résulte des réformes du système éducatif introduites dans les années 1980 aux années 2010 : réforme Savary-Legrand de 1982 (« adaptation » des programmes nationaux à la diversité des élèves, réduction des durées d’enseignement), loi Jospin de 1989 (basculement du centre de gravité du système éducatif, de la recherche d’excellence au bien-être des élèves), réforme des lycées de 2010 visant à réduire « la suprématie excessive de la série scientifique », avec le premier effondrement massif du niveau des élèves constaté par l’étude Pisa de l’OCDE de 2012. Puis déconstruction du collège par Najat Vallaud-Belkacem en 2015 déclassant les enseignements du latin et du grec, supprimant les classes bilingues et européennes, et généralisant la baisse du niveau dans les apprentissages au nom de l’inclusion. En 2023, la France affolée se voit ridiculisée par une nouvelle évaluation Pisa.

Sous-jacents à ces réformes, s’imposent le refus de l’effort dans la recherche de l’excellence, mais surtout le mépris de ce que l’on est, de sa propre histoire au point d’évacuer des enseignements les grands personnages historiques qui ne servaient pourtant qu’à illustrer le don de soi, la bravoure, la recherche de l’excellence, le combat pour la liberté, etc.

Ces trois racines sont devenues des arbres, puis des forêts en feu qui ont recouvert de cendres l’enseignement républicain mis au service de l’abandon de notre identité de nation laïque vouée à l’excellence et à la raison depuis les XVIIe et XVIIIe siècles. Le wokisme, galopant dans le monde universitaire, parachève la déconstruction.

Durée. Le point clé est que ces racines se sont forgées en paradigme dominant de la pensée des élites dans les années 1990 et structurant nos politiques économiques et sociales dans les années 2000 et 2010 : 1/ La désindustrialisation prépare l’avenir post-industriel, post-travail, (alors que nous sommes dans une révolution hyper-industrielle), 2/ La zone euro nous protège de nos dérives (alors qu’elle favorise l’effondrement des faibles), 3/ L’abaissement du système éducatif prépare l’inclusion dans la diversité (alors qu’elle se traduit par un effondrement général du niveau et la montée des violences et des séparatismes à l’école).

Depuis 2022, on parle de réindustrialisation, de relance du nucléaire, du retour de l’excellence à l’école. Nous serions donc sauvés. Balivernes !

Le paradigme qui a favorisé la désindustrialisation, la dérive des politiques en zone euro et l’effondrement de l’école, s’est construit de 1981 à 1996, a gouverné la France de 1997 à 2021, et continue de dominer les politiques publiques (par exemple, on ne peut pas réindustrialiser les friches, car il faut préserver la faune et la flore qui s’y est installée !). Le déficit public reste à un niveau stratosphérique et le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB a continué de baisser jusqu’en 2022 et probablement 2023.

Un paradigme se construit sur la durée, pendant des décennies, ne peut s’effacer que sous les coups de boutoir du réel et par une révolution conceptuelle que le pays continue de refuser.

La France est aujourd’hui un pays stratégiquement à l’arrêt dans un monde en mutation rapide avec la montée des tensions internationales, les ambitions du Grand Sud, la fracturation de l’Europe et le renouveau industriel des États-Unis.

Et, surtout, nous ne sommes pas vraiment sortis du paradigme destructeur qui règne en maître sur nos politiques depuis au moins un quart de siècle. Pour en sortir vraiment, il faudra construire un nouveau paradigme fondé sur l’excellence, la compétitivité, la réindustrialisation verte en impératif absolu, la volonté farouche de rétablir les fondements de notre identité afin de pouvoir nous rouvrir au monde.

Pour y parvenir, il faudra balayer ce qui reste des générations qui ont construit ce paradigme monstrueux, qui sont encore à des postes clés et qui ont nommé leurs semblables à la tête du pays. Un changement de Premier ministre sans changement réel de paradigme n’apportera rien.

Il n’y a pas d’alternative à une révolution totale.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce lundi 22 janvier 2024.

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Ce lundi 22 janvier, Léonidas Kalogéropoulos, PDG de Médiation & Arguments, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et membre du Cercle des économistes, et Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, ont parlé de la liberté d’entreprendre en France, et la confirmation de Bruno Le Maire de la hausse des prix de près de 10% en février, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce lundi 22 janvier 2024.

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Ce lundi 22 janvier, Léonidas Kalogéropoulos, PDG de Médiation & Arguments, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et membre du Cercle des économistes, et Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, sont revenus sur les raisons de la grogne des agriculteurs et les réponses que le Premier ministre Gabriel Attal va devoir trouver les calmer, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Les Echos – 15/12/2023

En 2021, la France a comptabilisé 0,8 % des émissions mondiales de C02. Un chiffre très faible par rapport à d’autres grandes puissances, comme la Chine.

La Conférence de Dubaï sur le changement climatique, ou COP28, a enregistré des engagements significatifs des parties prenantes, notamment des Etats-Unis et de la France sur le nucléaire et pour la France sur la protection des forêts :

  • Un fonds pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique va être créé, la France apportant également des aides directes importantes à la Papouasie Nouvelle-Guinée et à la République du Congo pour protéger leurs forêts.
  • 118 pays – mais pas la Chine et la Russie – s’engagent à tripler leur capacités d’énergie renouvelable (solaire, éolien, hydroélectrique) d’ici à 2030.
  • 20 pays – dont les Etats-Unis et la France – s’engagent à favoriser le triplement de l’énergie nucléaire d’ici à 2050.

L’Union européenne est désormais en pointe dans la lutte contre les émissions de carbone, et l’UE et les Etats-Unis le sont dans les innovations de rupture sur les technologies nécessaires à la transition climatique.

Pour ce qui est du réchauffement climatique, à l’inverse de ce qui précède, une lecture rapide de la presse européenne semble indiquer que les émissions de CO2 liées à l’énergie viennent essentiellement de l’Europe, des Etats-Unis et du Japon. Une lecture attentive des communiqués de certaines organisations françaises et des ONG laisse délibérément penser que la France est le principal émetteur mondial de gaz à effet de serre. Qu’en est-il ?

En 2021, les émissions mondiales de CO2 étaient issues, d’une part, des Etats-Unis, de l’Europe (UE 27 + Royaume-Uni + Norvège + Suisse + autres pays européens) et du Japon pour 28.2% – et 0.8% pour la seule France – et, d’autre part l’Asie – sans le Japon – plus la Russie pour 54%. Sur la période 2011-2021, les émissions de CO2 ont baissé annuellement de 1.4% pour le bloc Etats-Unis, Europe et Japon, contre une hausse annuelle de 2,2% pour l’Asie – hors Japon – plus la Russie.

Compte tenu des engagements pris par les parties prenantes aux différentes COP, des politiques énergétiques en Asie – hors Japon – et en Russie, il est raisonnable d’anticiper une baisse des émissions de CO2 en rythme annuel d’au moins 2.5% par an sur la période 2022-2030 pour l’ensemble Etats-Unis, Europe et Japon, et une hausse des émissions de CO2 de 2% par an pour le bloc Asie – hors Japon – et Russie sur la même période.

En 2030, sauf guerre mondiale ou catastrophes planétaires, il est raisonnable d’anticiper que les émissions de CO2 du bloc Etats-Unis, Europe et Japon atteindront 22.5% du total mondial, dont 8.5% pour l’Europe élargie, 0.5% pour la seule France et 1.5% pour l’Allemagne. En 2030, le bloc Asie – hors Japon – plus Russie devrait émettre 59% des émissions mondiales de CO2 – dont 33% pour la Chine et 11% pour l’Inde. Soit 2.6 fois le bloc des développés et 118 fois la France.

Il apparaît donc clairement aux yeux du lecteur attentif de cette chronique que la France, dont la part dans les émissions mondiales de CO2 devrait passer de 0.8% en 2021 à 0.5% en 2030 (avec 3% du PIB mondial en 2030), soit le système énergétique le moins pollueur par point de PIB des 20 grandes puissances de la planète, est néanmoins considérée comme le principal responsable de ces émissions dont le « petit écureuil » français doit continuellement s’excuser. Il en résulte que nous devons effectivement accélérer le développement du nucléaire, du photovoltaïque à base de panneaux produits en France et de l’hydroélectrique en confiant définitivement nos barrages à EDF en contrepartie d’un triplement en urgence des investissements d’EDF sur ces barrages. En revanche, les « éléphants » chinois, indien, russe dans le monde, et allemand en Europe, n’ont aucune responsabilité dans le réchauffement climatique. Frappez l’écureuil pour ne pas voir les éléphants.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mercredi 13 décembre 2023.

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Ce mercredi 13 décembre, Guillaume Dard, président de Montpensier Finance, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et membre du Cercle des Économistes, et Céline Antonin, économiste à l’OFCE, se sont penchés sur l’absence éventuelle de choc énergétique en 2024, l’accord historique de la COP28 sur les énergies fossiles, et la remise en question de la réduction d’impôts promise aux classes moyennes, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

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