Christian Saint-Etienne était l’invité de Ludovic Desautez dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 19 janvier 2026.
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Ce lundi 19 janvier, Ludovic Desautez a reçu Patrick Artus, économiste et conseiller économique de la société de gestion Ossiam, Erwann Tison, chargé d’enseignement à l’Université de Strasbourg, et Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de « Trump et nous : Comment sauver la France et l’Europe », dans l’émission Les Experts sur BFM Business.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Raphaël Legendre dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce jeudi 8 janvier 2026.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Pascal Praud dans l’émission « L’Heure des Pros » sur CNews et Europe 1, ce jeudi 18 décembre 2025.
Les Echos – 2/12/2025
En mai 1975, 11 Etats européens ont créé l’Agence spatiale européenne (ESA), une organisation intergouvernementale indépendante de l’Union européenne (UE). Ces deux organisations travaillent ensemble, l’ESA menant, par exemple, le développement des programmes Galileo ou Iris2. Galileo est le système de navigation par satellite de l’UE, plus précis que le GPS américain, et Iris2 doit mettre en place une constellation de satellites de télécommunications fournissant des liaisons sécurisées et à haut débit en compétition avec Starlink.
L’ESA compte aujourd’hui 23 pays membres dont trois n’appartiennent pas à l’UE : le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse. Le budget de l’ESA pour 2025 est de 7,7 milliards d’euros avec trois programmes phares : l’observation de la Terre avec Copernicus, la navigation avec Galileo et le transport spatial. L’ESA dispose de deux lanceurs, Ariane 6 et Vega C. Des lanceurs réutilisables sont en développement.
On pourrait en déduire que l’Europe spatiale est puissante. En réalité, c’est un nain. Elle a pris du retard dans les satellites de communication en orbite basse. Starlink a mis en orbite plus de 8.000 satellites contre 650 pour Eutelsat Oneweb. Starlink domine l’Internet spatial haut débit avec deux tiers du marché mondial. Iris2, commandé par la Commission européenne à SpaceRise vise à accélérer dans ce domaine avec 300 satellites d’ici 2030, mais l’Allemagne ne soutient pas ce programme car elle veut construire un système militaire national.
Si la précision d’Ariane 6 pour l’insertion des satellites est exceptionnelle avec une montée en exploitation très rapide, la fusée n’est pas réutilisable. Le budget de la NASA est de 25 milliards de dollars – trois fois celui de l’ESA – dont 12 milliards de dollars consacrés à l’exploration spatiale contre 770 millions d’euros pour l’ESA.
Les dépenses spatiales de l’Europe n’atteignent que 10 % des dépenses mondiales – c’était 15 % il y a cinq ans – contre 60 % pour les Etats-Unis et 20 % pour la Chine. Le secteur spatial mondial progresse de 10 % par an, avec une Europe dépassée, alors que ce secteur est crucial pour la navigation, la conduite automobile autonome, la défense ou les paiements bancaires. L’UE est dépassée dans l’espace comme dans la production des microprocesseurs au coeur de la révolution numérique.
Un budget de 22 milliards d’euros a été attribué à l’ESA le 27 novembre 2025 pour la période 2026-2028 contre 17 milliards d’euros pour la période 2023-2025, mais si Iris2 est tué… La France sera le deuxième contributeur au budget de l’ESA 2026-2028 avec 3,6 milliards d’euros derrière l’Allemagne avec 5,1 milliards d’euros et devant l’Italie avec 3,5 milliards d’euros. La France ne peut pas simultanément dépenser 1.000 milliards d’euros par an en protection sociale et financer plus de 1,2 milliard d’euros par an pour sa contribution à l’ESA. Tels sont nos choix.
La priorité française dans l’ESA reste au transport spatial avec Ariane 6, la fusée Maia et le Centre spatial guyanais de Kourou. La politique spatiale française se déploie également par le CNES et le ministère des Armées. Tous vecteurs confondus, la France va consacrer 25 milliards au spatial d’ici à 2030 contre 40 milliards d’euros pour l’Allemagne. L’Allemagne ambitionne de prendre le leadership du spatial à la France dans l’Union européenne. Néanmoins, la France dispose encore d’une base industrielle et technologique spatiale de premier plan. La développer est une nécessité vitale.
L’Opinion – 22/09/2025
Commencer par la seule France au taux de 2 %, patrimoine professionnel inclus, alors que ce pays a une économie stagnante écrasée par l’impôt, aura pour seul effet d’achever le malade.
La taxe Zucman s’appuie sur une prétendue baisse de la progressivité de l’impôt sur le revenu des très « riches ». Cette dernière assertion, répétée aveuglément depuis deux ans, est le vrai soubassement théorique et politique de la taxe Zucman. Cette dernière vise à s’assurer que la somme des impôts payés par les contribuables ayant un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros atteint effectivement 2 % de leur patrimoine.
Une telle taxe pourrait avoir un sens si elle était appliquée au niveau mondial ou a minima au niveau européen – Union européenne plus Royaume-Uni, Norvège et Suisse – à un taux de 1 % hors patrimoine professionnel, mais commencer par la seule France au taux de 2 %, patrimoine professionnel inclus, alors que ce pays a une économie stagnante écrasée par l’impôt, aura pour seul effet d’achever le malade. Le patrimoine professionnel doit être exclu de la base de cette taxe éventuelle car c’est le patrimoine productif de la nation qu’il faut encourager et non détruire.
Dégressivité. C’est une note de l’Institut des politiques publiques (IPP) de juin 2023 qui est supposée avoir établi que, pour simplifier, les très riches ne paient qu’une fraction de ce qu’ils devraient payer et qu’il faut donc les punir, slogan au cœur des manifestations du 18 septembre. Alors que la proposition Zucman est rejetée partout, il faudrait l’appliquer dans la seule France pour « montrer l’exemple ». C’est évidemment absurde sauf à vouloir briser le pays.
Il est essentiel de comprendre que la taxe dite Zucman n’est pas un point de départ mais un point d’arrivée. Si l’on se convainc que les « riches » ne paient pas l’impôt sur le revenu comme les autres, ce qui ne manque pas de sel dans un pays où le décile supérieur de revenus paie 75 % de l’impôt sur le revenu, on n’a pas besoin de justifier la taxe Zucman qui semble naturelle. Or le point de départ est théoriquement faux. Venons-en donc à l’étude de l’IPP qui est le puissant courant sous-terrain sur lequel vogue la jolie barque Zucman.
Le fondement de la note de l’IPP, qui confirme par ailleurs que le 1 % supérieur des revenus paie bien l’impôt sur le revenu au taux marginal supérieur (!), est qu’il faudrait inclure dans le revenu des propriétaires d’entreprises qu’ils contrôlent, les bénéfices non distribués de ces entreprises. Pour les non spécialistes, « bénéfices non distribués » sonnent comme des bénéfices n’ayant pas payé l’impôt sur les sociétés, ce qui est évidemment faux. Ajoutons que les bénéfices distribués, c’est-à-dire les dividendes, sont à nouveau fiscalisées.
Dividendes. Or le point clé est que les entreprises industrielles et commerciales (EIC) qui ne distribuent pas ou peu de dividendes, ne le font pas principalement pour éviter de payer l’impôt sur le revenu mais pour financer leur développement et créer des emplois. On peut discuter des sociétés holding n’ayant pas d’activité industrielle ou commerciale, mais postuler que les bénéfices non distribués des EIC servent à ce que leurs actionnaires ne paient pas l’impôt sur le revenu est une absurdité intellectuelle, économique et comptable. C’est bien sûr la clé de voute de l’étude de l’IPP et le point faible de la taxe Zucman.
En réalité, ce qu’ignorent les auteurs de cette pseudo-étude est que les bénéfices non distribués des EIC sont mis en réserve et constituent les fonds propres des entreprises qui, non seulement financent leur activité et leur développement, mais surtout servent de base à l’analyse des risques des prêteurs aux entreprises. Pas de fonds propres = pas de développement économique et pas de création d’emplois.
Ignorant donc ce point crucial, la note de l’IPP s’embarque dans l’inclusion des bénéfices non distribués dans le revenu des entrepreneurs qui les contrôlent. Et l’on calcule alors le ratio entre l’impôt sur le revenu payé sur les revenus effectivement perçus par le contribuable en y ajoutant les bénéfices non distribués et déjà fiscalisés qu’ils n’ont pas perçu par définition !
Investissement. Si l’on concentre son attention sur les propriétaires des grands groupes mettant en réserve une part importante de leurs bénéfices, on obtient le résultat intellectuellement improbable de l’IPP. Les auteurs de la note calculent donc un taux d’imposition théorique avec un numérateur incluant les impôts personnels des ménages contrôlant une entreprise + les cotisations sociales non contributives et l’impôt sur les sociétés payés par les entreprises contrôlés et un dénominateur incluant leurs revenus réels + les cotisations non contributives et les profits non distribués. Le préjugé fondamental de cette approche est indiqué nonchalamment à la fin du document : les bénéfices non distribués seraient à la « libre disposition du contribuable », ce qui est faux pour les raisons indiquées ci-dessus car une entreprise sans fonds propres meurt.
Par analogie, l’IPP considère que les entreprises en bonne santé, car les autres ne font pas de profits et souvent meurent, ont trop de fonds propres et, comme aurait dit Molière, trop de sang dans le corps : il faut donc les saigner pour qu’elles aillent mieux. Des centaines de milliers d’emplois seraient supprimés si l’on commettait cette erreur.
C’est donc sur la base de l’analyse de l’IPP que la taxe Zucman a pris son envol : les riches ne payaient pas d’impôts – ce qui est faux –, donc il faut les saigner et particulièrement en France, même si c’est le pays le plus fiscalisé au monde.
Est-ce à dire qu’il ne faut rien faire ? Evidemment non.
Dépenses. La France a une dépense publique qui dépasse 57 % du PIB, soit 9 points de PIB de plus que les autres pays de la zone euro avec lesquels elle est en concurrence frontale. Si la dépense publique créait la richesse, nous aurions la première économie du monde. Si elle créait la confiance, nous aurions le peuple le plus optimiste du monde alors que le niveau de pessimisme est très élevé. Le bonheur nous submergerait alors que la violence et la haine de l’autre s’affirment sans cesse.
Si la dépense publique était efficace en France, nous serions au sommet du classement PISA de l’OCDE, tous les jeunes auraient immédiatement un emploi à la fin de leurs études et la violence aurait été éradiquée.
La dépense publique inefficace ne créant ni la richesse, ni le bonheur, et nos performances économiques et sociales étant inférieures à celles de l’Allemagne ou du Benelux mais aussi de l’Italie devenue le quatrième exportateur mondial, il faut donc restructurer la dépense publique pour quelle nous permette d’avoir à nouveau une bonne éducation et une croissance économique enviable respectant l’environnement dans la sécurité publique. Il faut donc réformer l’action de l’Etat et des collectivités locales et freiner la progression apparemment inexorable des prestations sociales qui atteignent le quart du PIB, soit 5 points de plus que chez nos concurrents.
Action publique. Si l’on agit ainsi sur l’action publique, ce qui nécessitera un effort d’au moins trois ans pour engranger des résultats visibles, il peut être utile d’augmenter les impôts des plus riches, pour des raisons essentiellement politiques, dans un plan d’ensemble de la façon suivante :
–La loi de Finances pour 2025 a déjà prévu la création d’une Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) instituant un taux minimal de 20 % pour l’impôt sur le revenu des personnes physiques dont le revenu fiscal de référence est supérieur à 250 000 euros pour les célibataires, veufs ou divorcés et 500 000 euros pour les couples. On peut porter ce taux à 23 % pendant les trois années nécessaires pour réformer l’Etat,
–Au cours de ces trois années, les prestations sociales sont indexées sur l’inflation moins 1 %, sans baisse nominale des prestations si l’inflation tombe en dessous de 1 % et avec un ajustement pour les plus basses retraites,
–Les budgets de fonctionnement des collectivités locales ne peuvent pas augmenter plus vite que l’inflation moins 1% pendant trois ans. Ces taux sont modulables en fonction des négociations à mener,
–De plus, la France doit lancer une initiative au niveau européen pour la mise en place dans toute l’Union d’une taxe différentielle de 1 % sur les patrimoines non professionnels supérieurs à 100 millions d’euros. Les prélèvements différentiels sont naturellement versés dans chaque Trésor national.
La contribution des plus riches, déjà fortement imposés en France, vise à accompagner politiquement une restructuration de l’action publique afin que le déficit public soit ramené progressivement au-dessous de 1,5 % du PIB, permettant ainsi d’enclencher une réduction vertueuse du taux d’endettement public. Les négociations au niveau européen doivent s’inscrire dans la mise en place de minima fiscaux et sociaux européens.
Les propositions fiscales délirantes ne doivent pas empêcher de progresser vers un système fiscal et social européen plus juste.
Christian Saint-Etienne était l’invité de David Doukhan ce samedi 28 juin 2025 sur LCI.
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Christian Saint-Etienne était l’invité d’Emmanuel Cugny et Benjamin Fontaine dans l’émission « Les Informés de l’éco » sur France Info, ce samedi 28 juin 2025.
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Les Echos – 25 février 2025
Alors que le pays se cherche une nouvelle coalition de gouvernement, Christian Saint-Etienne pense que l’Allemagne n’a pas dit son dernier mot. Ce pays de travailleurs redoublera d’effort face aux incertitudes.
La croissance économique allemande est à l’arrêt depuis 2023 et les perspectives pour 2025 ne sont pas bonnes, alors que les Etats-Unis de Trump menacent les exportations européennes, notamment les automobiles allemandes, d’une hausse des droits de douane.
Le modèle allemand de développement des années 1990-2022 fondé sur des exportations industrielles massives vers la Chine et les Etats-Unis avec des coûts d’énergie faibles, grâce au gaz russe, a été miné par l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022. Depuis, l’incertitude règne avec le « grand protecteur américain » de la sécurité européenne qui ne veut plus assurer son rôle et qui agit brutalement pour inféoder l’Europe à une Amérique fantasmée par Trump.
Une Amérique qui se veut grande par l’abaissement de ses propres alliés séculaires et par la prédation des territoires de pays amis, le Groenland et le Canada, tout en exigeant la mainmise sur les ressources d’une Ukraine en guerre. Le shérif admiré de l’Allemagne s’est transformé en chef de bande prédatrice. Dieu est devenu le diable pour l’Allemagne de Martin Luther. Donc, l’Allemagne serait foutue.
Le choc est plus que rude, alors que tout semble ébranlé dans la grande Allemagne réunifiée qui régnait sur l’Europe, avec une France abrutie d’impôts et de réglementations qui ploie et geint. Mais l’Allemagne n’est pas finie. Une Allemagne qui, année après année et décennie après décennie, a une balance courante positive de plus de 6 points de PIB, qui est une des trois grandes nations créditrices au monde, dont le poids de l’industrie manufacturière en proportion du PIB est presque le double de cette proportion en France, et qui a un taux d’emploi de la population âgée de 18 à 65 ans nettement supérieur au taux français.
Une Allemagne au travail qui redoublera d’effort face aux incertitudes radicales qu’elle traverse. Alors que les élites politiques françaises pensent qu’il y a un nouvel impôt à inventer pour résoudre chaque problème, les élites allemandes, y compris à gauche, sont d’abord les ambassadeurs des usines et des travailleurs allemands.
Certes la population allemande, chauffée à blanc par les attentats d’immigrés en déshérence – une faible proportion -, a voté aux extrêmes comme en France. L’AfD d’Alice Weidel, pro-russe et climatosceptique, atteint un score historique avec le slogan « Alice für Deutschland » qui singe le « Alles für Deutschland » de la milice nazie SA.
Mais même les extrêmes allemands n’imaginent pas qu’il y ait un impôt comme solution à tout problème. Le taux d’emploi des immigrés est élevé et l’Allemagne n’est pas choquée de ce que les autorités, à gauche comme à droite, veuillent reprendre le contrôle de leurs frontières. Les ETI allemandes restent solides et les investissements dans la tech, l’espace et la défense progressent rapidement.
Friedrich Merz, souvent décrit comme l’anti-Merkel, a faiblement gagné les élections du week-end dernier. Merz, le cancre à l’école qui a siégé dans de nombreux conseils d’administration, devrait néanmoins former le nouveau gouvernement. Au cours de la campagne électorale, Merz a tenu un discours « apocalyptique » : « Il n’y a pas de prospérité sans effort. Pas d’avenir pour notre pays avec la préretraite, la semaine de quatre jours, un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. » Ce garçon n’a aucun avenir dans la politique française.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 25 février 2025.
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Ce mardi 25 février, Augustin Landier, professeur à HEC, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et membre du Cercle des Économistes, et Pierre-Henri de Menthon, directeur de la rédaction de Challenges, ont donné leurs points de vue sur la politique de Friedrich Merz en Allemagne, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Marie-Aline Meliyi dans l’émission « Le Club Meliyi » ce dimanche 2 février 2025.
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