Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business ce mercredi 19 février 2020.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business ce mercredi 19 février 2020.
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Les Echos – 19/02/2020
La politique de «quantitative easing» maintenue coûte que coûte par la Banque centrale européenne n’a pas eu d’effet sur le taux d’inflation sous-jacent qui reste autour de 1 % par an dans la zone euro, écrit Christian Saint-Etienne. Mais elle porte des coups sensibles à l’assurance-vie ou à la rentabilité des banques.
La Banque centrale européenne (BCE) conduit une politique monétaire qui, de réponse appropriée aux déséquilibres macroéconomiques et à la faiblesse des institutions européennes en 2012-2014, est devenue dangereuse depuis 2017 alors que la forte accélération de la croissance observée cette année-là permettait de mettre fin à un taux de dépôt devenu négatif en 2014 et abaissé à – 0,4 % en mars 2016. A l’inverse du souhaitable, ce taux a encore été réduit en septembre 2019.
En janvier 2015, la BCE a annoncé un programme de rachats de titres publics et privés au rythme de 60 milliards d’euros par mois qui a démarré le 9 mars 2015, chaque banque centrale nationale membre du Système européen de banques centrales (SEBC) rachetant des titres publics de son pays. Elle cherche à relancer l’activité pour porter l’inflation à un rythme annuel proche de son objectif de 2 % – alors qu’un objectif compris entre 1 % et 1,5 % conviendrait mieux à la réalité monétaire et financière européenne depuis 2015. Le volume mensuel d’achat a été porté à 80 milliards d’euros en avril 2016, en incluant les dettes des entreprises.
Après avoir réduit le rythme mensuel d’achat à 60 milliards d’euros au printemps 2017 puis à 30 milliards d’euros au début 2018 et 15 milliards d’euros à l’automne 2018, la BCE a stoppé les achats nets de titres en décembre 2018. De mars 2015 à décembre 2018, la BCE a acheté pour 2.600 milliards de titres et son bilan est de l’ordre de 4.700 milliards d’euros, soit 41 % du PIB de la zone euro.
La BCE a repris ses achats mensuels nets de titres à hauteur de 20 milliards d’euros au 1er novembre 2019. Son taux directeur (refi) est à zéro et le taux appliqué sur les dépôts des banques a été porté à – 0,5 % (mesure annoncée le 12 septembre 2019). Christine Lagarde a remplacé Mario Draghi, l’auteur de cette politique, au 1er novembre 2019. Ces mesures ont été confirmées le 12 décembre 2019.
Cette politique dite de «quantitative easing» n’a pas eu d’effet sur le taux d’inflation sous-jacent, qui reste autour de 1 % par an dans la zone euro et n’a pas empêché le ralentissement économique qui résulte d’une moindre croissance du commerce mondial. Mais elle a commencé à porter des coups terribles à l’assurance-vie, à la rentabilité des banques de la zone euro et au moral des épargnants qui ne supportent plus la forte chute des rendements de l’épargne. Les entreprises n’en profitent même pas pour investir massivement, car elles s’inquiètent de la faiblesse de la croissance de la zone euro et du ralentissement de la croissance mondiale.
La BCE dispose aujourd’hui de trois instruments principaux pour conduire sa politique monétaire : la détermination des taux d’intérêt, la politique d’achat de titres principalement publics et les LTRO. Ces derniers («long term refinancing operations») sont des prêts à long terme (3 ou 4 ans) accordés aux banques commerciales par la BCE. En mars 2019, la BCE a annoncé le lancement d’une troisième série d’opérations ciblées de refinancement de long terme, les TLTRO ou «targeted LTRO». Les TLTRO 3 ont une maturité de 3 ans et ces opérations seront conduites de septembre 2019 à mars 2021.
Compte tenu des dégâts provoqués par les taux négatifs sur la rentabilité des banques européennes et la stabilité du système d’assurance-vie, il est devenu urgent que la BCE remonte son taux de refinancement (refi) de 1 point de pourcentage en deux ou quatre fois – deux hausses de 50 points de base. Le taux de dépôt serait à + 0,5 % et le refi à + 1 %.
Les deux autres instruments sont suffisants et plus appropriés pour permettre à la BCE d’assurer la liquidité des banques commerciales et le refinancement à taux faible des Etats membres de la zone euro à condition qu’ils respectent les limites réglementaires de déficit et d’endettement.
En cas de nouvelle crise comparable à celle de l’été 2012, il suffira que la présidente de la BCE annonce qu’il n’y a temporairement plus de limite aux TLTRO et aux rachats de titres publics afin d’assurer la stabilité du système financier et des Etats.
Crédit photo : Jess47200
Le Figaro – 07/02/2020
En matière de concurrence, de politique commerciale et de politique industrielle, l’Union européenne doit se montrer beaucoup plus exigeante si elle ne veut pas déchoir face à la Chine et aux États-Unis.
Alors que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est en cours et que la compétition entre Etats-Unis et Chine pour la domination mondiale s’accentue, il faut plus que jamais s’interroger sur la place de l’Union européenne à vingt-sept dans un monde en pleine ébullition.
La compétition globale entre la Chine et les Etats-Unis, dans le double domaine économique et militaire, structure depuis dix ans la géostratégie planétaire. Mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend.
Cette compétition s’accompagne de l’essor d’oligopoles américains et chinois surpuissants qui vont dominer l’ensemble des marchés civils et militaires. On connaît les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et les BATHX (Baidu, Alibaba, Tencent, Huawei et Xiaomi), mais on ignore que les banques américaines ont pris le contrôle des marchés financiers européens depuis la crise de 2008. Les Etats-Unis se dotent de géants financiers dans le cadre d’une stratégie de domination affichée qui les conduit à affirmer leur prééminence globale dans les secteurs de la défense, de la finance, de la santé, de l’agroalimentaire et des technologies numériques. La finance devra accompagner l’effort de guerre en cas de nécessité. La santé et l’alimentation permettraient de maintenir en bonne condition la population en cas d’effort de guerre. Les technologies de la Nouvelle Révolution Industrielle (NRI) doivent assurer la prééminence technique américaine.
La NRI redouble de vitesse et nous fait entrer dans une économie 3.0 que l’on peut nommer « iconomie ».
La NRI a déjà connu trois accélérations technologiques et nous abordons la quatrième. Une première accélération de la « révolution iconomique » est intervenue dans les années 1990 sous l’effet de la mise en réseau de centaine de millions de micro-ordinateurs grâce à Internet. La deuxième accélération est intervenue à partir de 2007 avec la commercialisation du premier smartphone, l’iPhone d’Apple, résultant de la demande de Steve Jobs à ses ingénieurs de mettre un ordinateur dans un téléphone. La troisième accélération est en cours depuis 2015 avec la montée en puissance simultanée de l’intelligence artificielle et de la 5G qui vont se déployer massivement d’ici à 2025. Une quatrième accélération va commencer avec l’optronique (équipements et systèmes utilisant à la fois l’optique et l’électronique dans le domaine militaire, NDLR), l’espace, les biotechnologies et le corps augmenté, ainsi que l’informatique quantique. Toutes ces transformations vont arriver à maturité, pour l’essentiel, dans l’actuelle décennie des années 2020. Le monde va plus bouger dans les dix prochaines années que dans les vingt dernières.
Face à cette mutation totale, économique et technologique, politique et militaire, renforcée par des stratégies de domination affirmée de la Chine et des Etats-Unis, l’Europe est une spectatrice apeurée. Si l’on imagine le monde comme un grand échiquier de 100 mètres de côté, les Etats-Unis et la Chine sont des boules d’acier de 3 mètres de diamètre qui évoluent sur l’échiquier avec l’Inde et la Russie, boules d’acier de 1 mètre, et les vingt-sept petites boules en bois européennes de 1 à 30 centimètres de diamètre. Voilà l’exact rapport de force entre l’Union européenne et le reste du monde. L’Union n’a ni vision stratégique, ni acteurs économiques géants des mutations en cours, ni armée, ni même politique de puissance. Et c’est sur la base d’une doctrine de la concurrence définie en 1997 qu’elle juge des concentrations en Europe.
Que faire ? D’abord ouvrir les yeux et voir le monde tel qu’il est : les rapports de force entre Etats vont continuer de se durcir sur l’échiquier mondial. Ensuite, prendre conscience de l’accélération annoncée des ruptures technologiques car les révolutions industrielles classent les nations en termes de puissance économique et stratégique. Enfin, définir une politique stratégique et se doter des instruments pour agir.
S’agissant de l’Union européenne à vingt-sept, il est crucial de redéfinir ensemble les trois leviers d’action que sont la politique de la concurrence, la politique commerciale et les éléments de politique industrielle. Dans le domaine de la concurrence, il faut redéfinir les notions de marché pertinent, de champ de la concurrence et les critères d’évaluation de la concurrence effective et future tout en intégrant l’analyse institutionnelle des conditions d’évolution des grands concurrents étrangers. Si ces derniers sont massivement subventionnés dans leur pays d’origine, il faut mettre en place des mesures correctrices fortes. A l’égard de la politique commerciale, l’objectif doit être la réciprocité totale sur l’ouverture des marchés publics et privés. En matière de politique industrielle, favorisons les groupements industriels européens sur les technologies génériques : batteries, microprocesseurs, moteurs spatiaux, panneaux photovoltaïques. Il faut que la Commission européenne fasse évoluer ces trois domaines ensemble dans un cadre cohérent.
Mais si ces changements sont clés au niveau de l’Union européenne, des politiques stratégiques plus offensives sont également nécessaires, dotées de fonds d’investissement massifs montant rapidement en puissance à hauteur de 50 milliards d’euros par an, pour l’ensemble des fonds. Ceux-ci doivent être financés par les Etats volontaires et les fonds des industriels acteurs des recherches et des nouvelles productions dans le cadre de projets dits PCEI (Important Projects of Common European Interest).
Par exemple, on peut démarrer à 10 milliards d’euros par an financés par les Etats à 65% dans la phase de recherche et développement, et augmentant de 5 milliards pas an avec une part publique qui baisse de 5 points chaque année. Si les Etats concernés étaient l’Allemagne, la France, l’Autriche, le Benelux, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, 50 milliards d’euros ne représenteraient qu’un demi-point de PIB ! Et beaucoup moins si ce montant n’était atteint qu’au bout de quelques années.
Jamais les astres pour un changement significatif de politique européenne n’ont été aussi bien alignés avec la nouvelle Commission. Mais, compte-tenu de l’accélération de la « révolution iconomique », si rien d’extrêmement décisif n’a bougé sur ces points clés avant dix-huit mois, l’Union est stratégiquement et politiquement perdue.
Crédit photo : Markus Spiske
Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business, ce mercredi 5 février 2020.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business, ce mercredi 5 février 2020.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Marie-Aline Meliyi dans l’émission « Le Brunch de l’Info » sur LCI ce samedi 25 janvier 2020.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business ce jeudi 23 janvier 2020.
Ce jeudi 23 janvier, Christian Saint-Étienne, économiste et professeur d’économie au CNAM, Frédéric Farah, économiste et professeur d’économie à Paris I, et Emmanuel Lechypre, éditorialiste économie à BFM Business, se sont penchés sur les raisons faisant du Forum économique mondial de Davos « un point de basculement sur le climat » et la mise en état d’alerte de la Chine à cause du coronavirus, dans les Insiders dans l’émission Inside présentée par Karine Vergniol et Guillaume Paul sur BFM Business. Inside est à voir ou écouter du lundi au jeudi sur BFM Business.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business ce jeudi 23 janvier 2020.
Ce jeudi 23 janvier, Christian Saint-Étienne, économiste et professeur d’économie au CNAM, Frédéric Farah, économiste et professeur d’économie à Paris I, et Emmanuel Lechypre, éditorialiste économie à BFM Business, se sont penchés sur le rôle des banques centrales dans la monnaie numérique, dans les Insiders dans l’émission Inside présentée par Karine Vergniol et Guillaume Paul sur BFM Business. Inside est à voir ou écouter du lundi au jeudi sur BFM Business.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Les Insiders » sur BFM Business, ce mercredi 15 janvier 2020.
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