Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, et Christian Saint-Étienne, professeur d’économie au CNAM, étaient les invités du Cercle des Économistes. Ils se sont intéressés au programme économique de François Fillon. En effet, le candidat de la droite à la présidentielle a profité de sa conférence de presse de ce lundi pour revenir et éclaircir certains points sur celui-ci. Lors de son discours, François Fillon a ainsi martelé qu’il est « le seul candidat en mesure de permettre à notre pays de mettre en œuvre un programme de rupture et le redressement national ». – 18h l’heure H – Interview, du lundi 6 février 2017, présenté par Hedwige Chevrillon, sur BFM Business.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Fabrice Lundy dans l’émission « Les Décodeurs de l’éco » sur BFM Business ce jeudi 2 février 2017.
L’impôt de solidarité sur la fortune a une très mauvaise réputation et son fonctionnement est loin d’être parfait. Pourtant, les français sont en grande majorité contre sa suppression. Dans le cadre de l’élection présidentielle, l’ISF revient sur la table comme une balise. À droite, François Fillon veut son abrogation. À gauche, Benoît Hamon veut amplifier sa généralisation pour financer son revenu universel. Emmanuel Macron veut, quant à lui, retirer le mobilier pour se concentrer sur l’immobilier. Alors, faut-il abattre ce totem ? – Avec: Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef. Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers. Laurent Isal, avocat fiscaliste chez Isal et associés. Guillaume Sainteny, maître de conférences à l’École Polytechnique. Et Alexandre Pham, co-président d’Alphyr et membre de Croissance Plus. – Les Décodeurs de l’éco, du jeudi 2 février 2017, présenté par Fabrice Lundy, sur BFM Business.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce mercredi 1er février 2017.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce mercredi 1er février 2017.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce lundi 23 janvier 2016.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce lundi 23 janvier 2016.
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Le Figaro – 19/12/2016
En matière économique et fiscale, l’assurance de la stabilité est la première vertu qu’on attendra du prochain président, plaide l’universitaire.
La situation économique de la France, on le sait, est préoccupante. En dépit d’une punition fiscale de 70 milliards d’euros sur la période 2011-2014, le déficit public sera supérieur à 80 milliards d’euros en 2016. La demande de produits et services augmente, certes, mais ce sont les entreprises étrangères qui répondent à cette augmentation. La part des importations progresse fortement depuis quinze ans.
La croissance en 2017 ne sera pas forte: de l’ordre de 1,2 % si tout va bien. Hors réformes significatives visant à relancer notre système productif, la croissance sera de l’ordre de 1,25 % en rythme annuel au cours du prochain quinquennat… à condition qu’il n’y ait pas de nouvelle crise en Europe. Dans le cas contraire, la croissance pourrait tomber à 0,75 % en rythme annuel.
La remontée des taux d’intérêt nous frapperait d’autant plus que nous ne parviendrions pas à réduire le déficit public au-dessous de 1,5 % du PIB contre une situation réelle de 3,5 % du PIB en 2016. Cet effort représente environ 45 milliards d’euros sur 2017-2018 et ne peut être réalisé que par une baisse des dépenses publiques si l’on ne veut pas étouffer ceux qui produisent encore en France.
Quelles sont les priorités du redressement à mettre en œuvre dès l’été 2017? En premier lieu, nous sommes pris dans une grande transformation du système économique et politique mondial: la révolution fondamentale de l’informatique et la pluie numérique qui irrigue notre société transforment notre système économique par l’iconomie, cette économie de l’informatique, de l’intelligence et de l’Internet. L’iconomie a déjà modifié 40 % de notre économie et ce n’est qu’un début. Le capital est le carburant de cette révolution. En portant la fiscalité du capital à plus de 60 % à l’automne 2012, quand elle est comprise entre 20 et 30 % dans toutes les autres nations industrielles, François Hollande s’est condamné à l’échec. Quel général enverrait ses armées au combat en rationnant le carburant? Il faut donc remettre toute la fiscalité du capital et l’impôt sur les sociétés à 25 %.
En deuxième lieu, la loi El Khomri votée cette année n’a pas permis de déverrouiller le marché du travail. Modifions le contrat de travail, non pas en allant vers un contrat unique – une fausse bonne idée traduisant la méconnaissance du réel -, mais en doublant l’actuel CDI, qu’il ne faut pas toucher, par un CDI à droits progressifs qui redonne de la souplesse au marché du travail. Généralisons au privé les contrats courts en vigueur dans le service public (dix-huit mois et trois ans).
En troisième lieu, il faut voter dès juillet 2017 une réforme constitutionnelle ambitieuse qui garantisse la pérennité de ces changements. Interdisons le déficit de la Sécurité sociale. Changeons le principe de précaution en un principe de responsabilité. Instaurons une règle d’or sur l’investissement net des collectivités locales. Posons le principe que la fiscalité française ne doit pas s’éloigner de celle des pays européens comparables.
Nous devons par ailleurs créer des fondations productives ayant pour objet de détenir des actions de sociétés industrielles et commerciales apportées par des personnes physiques qui n’en auraient plus la libre disponibilité pour des périodes très longues (de huit à douze ans). Aussi longtemps que ces conditions seraient respectées, les actions et revenus ainsi capitalisés seraient isolés du patrimoine personnel des personnes physiques qui ont consenti cet effort. Ces fondations seraient le support d’un entrepreneuriat du long terme au service de la création de richesses et d’emplois sur notre territoire. Ces fondations seraient créées par un nouvel article de la Constitution. Ainsi, l’orientation de la politique économique en faveur de la production compétitive sur notre sol serait crédibilisée à moyen terme.
Ces trois priorités une fois mises en œuvre l’été prochain, on pourra s’attaquer aux nécessaires réformes de l’organisation des territoires, de la santé et de l’éducation dans l’année qui suivra. Un ministre de la réforme de l’action publique introduira une révolution managériale, jamais mise en œuvre depuis 1945, et mettra en place les outils d’une forte hausse de la productivité de l’action publique. Il faut rétablir un État puissant qui dépense moins, en bloquant la dépense publique nominale au niveau atteint en 2018 au cours des années suivantes. Si cet État réformateur, et non plus dispendieux et impuissant, ne réduisait l’emploi public que de 300 000 personnes au cours du prochain quinquennat, ce ne serait pas dramatique. L’essentiel est ailleurs: rien d’efficace ne sera mis en place qui n’apparaisse comme pérenne.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Fabrice Lundy dans l’émission « Les Décodeurs de l’éco » sur BFM Business, ce mardi 13 décembre 2016.
Au programme : François Fillon tente de mettre un terme aux craintes suscitées par son projet sur la Sécurité sociale. Le candidat de la droite revient sur la question en affirmant ne pas chercher à privatiser l’assurance-maladie. Il assure que la couverture des soins resterait « comme aujourd’hui », tout en appelant à des réformes. Mais au-delà de cette discordance, comment prépare-t-on une réforme ? Comment la réussir et enfin comment réformer sans faire peur ?
Les Echos – 6 décembre 2016
Les élèves français décrochent dans les classements internationaux. Il faut refonder l’école primaire et faire de l’alternance la voie privilégiée dès la 4 e .
La révolution du numérique nous oblige à transformer notre système éducatif, non seulement dans ses structures mais aussi dans ses finalités, car nos jeunes doivent être formés aux démarches collaboratives et doivent acquérir la capacité de mener des recherches originales. Notre système est à la fois inégalitaire et peu performant, comme le montrent les enquêtes internationales. Il faut sortir d’un système éducatif qui produit des spectateurs critiques plutôt que des acteurs responsables du monde futur.
Pour cela, il faut refonder l’école primaire, et notamment le premier cycle d’apprentissage des compétences de base (lecture, écriture et calcul), en sorte qu’aucun élève ne quitte le CE1 sans savoir lire, écrire et compter. Un examen de fin d’études primaires doit évaluer les compétences des enfants et les orienter, dans le cadre d’un collège commun, vers le cycle d’enseignement général ou vers des classes d’enseignement primaire supérieur centrées sur les apprentissages essentiels. En contrepartie d’une revalorisation salariale, il faut augmenter le temps de présence des enseignants dans les écoles, collèges et lycées.
L’apprentissage professionnel en alternance à partir de la classe de quatrième doit devenir une voie de formation privilégiée avec débouchés vers l’enseignement supérieur technique pour les meilleurs élèves. Pour ce faire, il faut créer une filière spécifique de formation professionnelle en dehors de l’Education nationale sur le modèle de l’enseignement technique agricole, dont la qualité est reconnue.
A la fin de 2015, la France comptait 403.000 apprentis, soit 5,2 % des jeunes de 15 à 24 ans contre 16 % des 15-24 ans en Allemagne. 20 % des entreprises allemandes recourent à l’apprentissage contre 3,5 % en France, cette dernière ayant changé continuellement les règles de l’apprentissage au cours du dernier demi-siècle. En ramenant la condition d’âge à 14 ans (13 ans avec l’accord des parents) à l’issue de la fin de la classe de 5e, on peut redonner le goût de la vie aux jeunes en difficulté. Surtout, on peut alors insister pendant deux ans sur l’apprentissage des compétences de base (lecture, écriture et calcul) afin de leur donner le bagage minimum pour réussir dans la vie.
L’échec dans l’acquisition des compétences de base doit être absolument surmonté. Les travaux récents des spécialistes des systèmes cognitifs montrent que l’apprentissage des trois compétences de base, pour fonctionner dans la société (lecture, écriture et calcul), s’accomplit dans trois années de formation initiale : dernière année de maternelle, cours préparatoire (CP) et CE1. Il est donc essentiel de centrer les moyens éducatifs sur ces trois années en faisant largement appel, au cours du premier trimestre du CP à l’apprentissage de la lecture par la méthode alphasyllabique qui correspond aux modes de fonctionnement de l’apprentissage par le cerveau des enfants.
Il est important, également, de prendre en compte les enseignements de l’OCDE, qui gère le classement Pisa d’évaluation des compétences des enfants dans les pays développés. Les meilleurs systèmes d’éducation sont ceux qui donnent le plus d’autonomie possible aux établissements scolaires pour développer des projets pédagogiques originaux et qui accordent une attention maximale aux déficiences des enfants dans les trois années clefs évoquées précédemment. Ainsi, aucun enfant ne doit être laissé sur le bord de la route, contrairement au système actuel, dans lequel plus d’un cinquième des enfants ne maîtrisent pas les compétences de base à l’issue de l’école primaire.
Crédit photo : Frédéric BISSON
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 5 décembre 2016.
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