Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 5 décembre 2016.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce jeudi 24 novembre 2016.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce jeudi 24 novembre 2016.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Fabrice Lundy dans l’émission « Les Décodeurs de l’éco » sur BFM Business, jeudi 10 novembre 2016.
Ce jeudi après-midi, Donald Trump a été reçu dans son futur bureau par Barack Obama. L’élection avant-hier du nouveau président des États-Unis avait été un vote anti-élites et motivée aussi par une crainte de déclassement, semble-t-il. Certains affirment même qu’après le Brexit et après l’arrivée du milliardaire à la Maison Blanche, la prochaine étape serait une surprise lors de la prochaine présidentielle de 2017 en France. Alors, qui sont ces élites, souvent montrées du doigt ? Faut-il les brûler ? – Avec: Louis Chauvel, sociologue, professeur des Universités à Sciences-Po Paris, membre de l’Institut Universitaire de France, auteur de « La spirale du déclassement ». Christian Saint-Étienne, économiste, professeur au CNAM, auteur de « Relever la France ». Emmanuel Lechypre, éditorialiste BFM business. Et Patrick Martin-Genier, spécialiste des questions européennes et enseignant à Sciences-Po. – Les Décodeurs de l’éco, du jeudi 10 novembre 2016, présenté par Fabrice Lundy, sur BFM Business.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 18 octobre 2016.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 18 octobre 2016.
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Le Figaro – 11/10/2016
Le revenu universel est à la mode. Voiture-balai des utopies déçues, rémanence marxiste et soixante-huitarde aujourd’hui remise à la mode par des libéraux forcément «modernes», le revenu universel veut répondre à plusieurs objectifs: nous retirer notre mauvaise conscience face aux «pauvres», enclencher l’entrée dans un monde de bonheur partagé dénué de contraintes économiques et sociales, et surtout permettre au bon sauvage qui sommeille en chacun de nous d’exprimer sa générosité naturelle.
De quoi s’agit-il précisément? Qu’on le nomme allocation universelle, revenu de base ou d’existence ou citoyen, le revenu universel est construit sur une idée simple dont il faut comprendre la caractéristique essentielle: c’est une somme mensuelle fixe, suffisamment élevée pour ne plus avoir besoin de travailler, donnée à tous les résidents d’un pays (nationaux ou non), et sans aucune condition. Le dernier terme est central: sans aucune condition.
L’allocation universelle n’a donc rien à voir avec la proposition d’une allocation sociale unique (ASU) pour encourager la reprise d’une activité. L’ASU remplacerait la prime d’activité, l’allocation logement (aide personnalisée au logement, allocation de logement familiale et allocation de logement sociale), l’allocation adulte handicapé, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), les aides communales et le RSA socle, avec un suivi personnalisé.
D’ores et déjà, la prime d’activité a remplacé la prime pour l’emploi (PPE) et le RSA d’activité depuis le 1er janvier 2016. Il s’agit, avec l’ASU, d’aller au bout de cette démarche de simplification et de suivi individualisé. Une telle réforme permettrait d’économiser 2 milliards d’euros de frais de gestion et 3 milliards d’euros de prestations tout en favorisant le retour au travail. L’ASU serait fiscalisée, sachant que cette fiscalisation ne toucherait pas les personnes en difficulté qui seraient par nature en dessous des seuils. L’ASU serait versée par l’État avec un service issu de la fusion des caisses d’allocations familiales, des caisses communales d’action sociale et des services sociaux des départements.
La question n’est donc pas celle d’un revenu minimum mais celle de sa conditionnalité. Les tenants du revenu universel inconditionnel le définissent comme «un droit inaliénable, inconditionnel, versé de la naissance à la mort». Ce revenu inconditionnel serait versé indépendamment de la situation familiale et financière, en sorte qu’un milliardaire y aurait droit. Il serait cumulable avec tous les autres revenus et des allocations.
Il s’agit, selon ses promoteurs, d’éliminer la pauvreté et de permettre à chacun de travailler ou de ne pas travailler. À leurs yeux, l’individu, naturellement bon, éduqué et contribuant sans relâche au bien commun, n’a besoin d’aucun suivi.
Or les trois fondements implicites du revenu universel sont faux. L’homme n’est pas un bon sauvage. La philosophie politique du XVIIe siècle, à la différence de Rousseau au siècle suivant, considère que l’homme est un loup pour l’homme et que seul un État fort, appuyé sur un État de droit fermement appliqué, maintient l’ordre naturel. Rousseau, qui a mis ses enfants à l’Assistance publique tout en écrivant un traité sur l’éducation, a eu besoin, pour sa part, de supposer que l’homme était un bon sauvage perverti par la société pour accoucher du concept de volonté générale. Cette dernière permet d’échapper aux contraintes économiques et sociales en confiant le bien-être de la société à une avant-garde éclairée chargée d’interpréter la volonté générale. Cette avant-garde prendra ensuite la forme de la dictature du prolétariat. Et c’est une nouvelle avant-garde qui, aujourd’hui, veut nous emmener sur le chemin d’un revenu inconditionnel pour notre bien, et accessoirement pour le sien car elle peut ainsi prendre des poses généreuses face aux réalistes.
L’homme ne s’éduque pas naturellement, sauf quelques exceptions. Il doit être guidé par des maîtres pour maîtriser les savoirs construits par des siècles d’effort intellectuel. Sans école obligatoire, pas de peuple éduqué. Sans maîtres exigeants, pas d’enfants intellectuellement autonomes pour comprendre le monde.
De même, les individus en difficulté ont souvent des problèmes personnels considérables (physiques et psychiques, illettrisme) qui nécessitent un suivi personnalisé par des travailleurs sociaux et des éducateurs. Ceux qui suivent au quotidien la pauvreté et l’exclusion savent qu’elles ne résultent pas seulement de la faiblesse de la croissance et du manque d’emplois, même si l’emploi constitue un des fondements de la dignité humaine.
Le revenu universel inconditionnel est triplement vicié sur les plans philosophique, économique et social. C’est la énième tentative d’une avant-garde faussement généreuse qui entend désarmer la société. Les libéraux qui s’en emparent veulent réformer la protection sociale sans rien connaître des populations en difficulté. Milton Friedman, lui, voulait fixer un éventuel revenu universel à un niveau très bas ne permettant pas de vivre sans travailler.
Les non-libéraux favorables au revenu universel inconditionnel, pour leur part, ont en tête de favoriser la dimension non marchande de la vie et une société alternative. Encore faudrait-il qu’il reste un nombre suffisant de bonnes poires pour la financer. Rien de bon ne naîtrait du revenu universel inconditionnel. Laissons cette chimère aux belles âmes.
Christian Saint-Etienne était l’invité d’Yves Calvi dans l’émission « 24 Heures en Questions » sur LCI ce vendredi 7 octobre 2016.
Visionnez la vidéo à partir de 1:05:00.
Le Figaro – 30/09/2016
Dans le cadre de la présidentielle 2017, le concours Lépine des baisses d’impôts est lancé. Le gouvernement actuel a enclenché plusieurs baisses d’impôts sur le revenu au bénéfice des classes populaires afin d’acheter des voix, à supposer que le peuple soit dupe. À droite, plusieurs candidats proposent des baisses d’impôts sur le revenu, voire une baisse de la CSG, afin de ne pas désespérer les électeurs.
Alors que la dette publique est passée de 85 % du PIB à fin 2011 à 96 % du PIB à fin 2015, elle atteindra vraisemblablement 98 % du PIB à fin 2017. La croissance est en train de s’affaiblir car nos blocages internes n’ont pas permis de transformer la chance historique de la triple baisse du prix du pétrole, de l’euro et des taux d’intérêt en 2014-2016 en croissance durable.
De ce point de vue, le quinquennat de François Hollande est un double désastre : le choc fiscal de 2012-2013 (hausse de 60 milliards d’euros des prélèvements obligatoires en deux ans) n’a que marginalement réduit le déficit (baisse d’un point du déficit seulement de 2011 à 2014 pour un choc fiscal de trois points de PIB) tandis que sa politique économique a détourné les investisseurs de l’Hexagone.
La croissance annuelle moyenne a été de 0,6 % en 2013-2014 et de 1,3 % en 2015-2016 avant de redescendre vraisemblablement à 1 % en 2017. Si le déficit était un facteur de croissance, cette dernière aurait dépassé 3 % depuis quinze ans ! Or, nous constatons un taux de croissance proche de 1 % sur la période 2001-2015 et un retour à ce taux en 2017.
Les facteurs de blocage de la croissance ont été renforcés par Hollande : hausse massive de la fiscalité du capital, multiplication de mesures de blocage du marché du travail (compte de pénibilité, introduction de syndicats politisés dans un tissu fragile de PME, etc.). La loi El Khomri ne peut produire d’effets car le président de République avait exclu du périmètre de la loi les trois facteurs clés du déblocage du marché du travail : le contrat de travail, les seuils sociaux et une limite effective des indemnités de licenciement. Sans parler de la dégressivité des allocations chômage.
La croissance est le fruit de trois facteurs clés de progrès : un investissement productif favorisant la hausse de la productivité, l’élévation des compétences des travailleurs et le renforcement de l’innovation. La seule mesure décisive en faveur de la croissance depuis dix ans a été le renforcement spectaculaire du crédit d’impôt recherche en 2008, mesure initialement décriée par la gauche avant d’être maintenue.
Il faut s’interroger sur la situation actuelle de l’économie française avant de considérer qu’il serait rassurant pour les électeurs de baisser les impôts au moment où l’on fera des réformes structurelles absolument nécessaires pour réduire la dépense publique de 5 points de PIB en 5 ans : taux unique à 25-28 % sur la fiscalité du capital et sur l’impôt sur les sociétés, division par deux des taux de l’ISF, réforme du contrat de travail et des seuils sociaux, réforme des retraites, réduction significative du nombre de fonctionnaires dans les missions non régaliennes.
Notre système productif est à genoux. Le déficit de la balance commerciale des échanges industriels augmente et tout gain de pouvoir d’achat se transforme en importations. Pour être plus précis, les Français consomment en moyenne environ 70 % de produits français et 30 % de produits importés. Mais quand on leur donne 100 euros de revenu supplémentaire, la proportion s’inverse : toute baisse des impôts sur les ménages, à ce stade, se traduit en hausse massive des importations ! La mesure la pire serait une baisse de CSG qui est le seul impôt intelligent que nous ayons avec la TVA : une large base et un faible taux.
Certes, il faut réformer la fiscalité du capital pour réattirer les investissements sur notre territoire et enclencher un train de réformes structurelles fortes et efficaces. Pour autant, réduire la CSG représenterait une erreur stratégique et baisser l’impôt sur le revenu de façon générale serait contreproductif. En revanche, remonter le quotient familial pour redonner confiance aux familles qui sont le fondement de la société, augmenter les incitations à l’investissement en actions des entreprises et accélérer la modernisation de nos usines par un amortissement fortement accéléré, sont des mesures nécessaires et cohérentes avec notre situation économique réelle.
En outre, dans le cadre de l’ubérisation de l’économie, il faut transformer le RSI (régime social des indépendants) en protection sociale offensive au service de tous les non-salariés en réduisant les cotisations d’un quart et en mettant en place l’autoliquidation des cotisations sous contrôle a posteriori des gestionnaires du régime.
On ne rassurera pas les Français en leur distribuant des bonbons. Il faut reconstruire en s’appuyant sur ce qui reste solide dans notre pays : les chercheurs et entrepreneurs innovants, les entreprises productives, les familles qui passent beaucoup de temps à éduquer leurs enfants, les travailleurs indépendants qui se battent avec le couteau de l’ubérisation sur la gorge, et tous ceux qui aiment passionnément notre pays. * Professeur titulaire de la chaire d’économie au Conservatoire national des arts et métiers. Auteur de « Relever la France : état d’urgence » (Odile Jacob, septembre 2016).
Christian Saint-Etienne était l’invité de Mathieu Jolivet dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce vendredi 30 septembre 2016.
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