Christian Saint-Etienne était l’invité de David Pujadas dans l’émission « 24h Pujadas » sur LCI ce mercredi 21 janvier 2026.
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Au sommaire : Trump sur le Groenland : le vrai du faux. Révélations sur l’homme derrière le trumpisme. USA : la vérité sur la dépendance européenne
Christian Saint-Etienne était l’invité de Ludovic Desautez dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 19 janvier 2026.
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Ce lundi 19 janvier, Ludovic Desautez a reçu Patrick Artus, économiste et conseiller économique de la société de gestion Ossiam, Erwann Tison, chargé d’enseignement à l’Université de Strasbourg, et Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de « Trump et nous : Comment sauver la France et l’Europe », dans l’émission Les Experts sur BFM Business.
Christian Saint-Etienne était l’invité de l’émission « Le Grand Dossier » sur LCI ce dimanche 18 janvier 2026.
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Au sommaire : Trump : l’Europe prête à riposter. Groenland : Trump a tranché, il veut acheter. Militaires européens au Groenland : bien joué ?
Christian Saint-Etienne était l’invité de Raphaël Legendre dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce jeudi 8 janvier 2026.
Christian Saint-Etienne était l’invité d’Hedwige Chevrillon dans La Grande Interview, ce mercredi 7 janvier 2026.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Raphaël Legendre dans l’émission « les Epxerts » sur BFM Business, ce lundi 22 décembre 2025.
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Ce lundi 22 décembre, Raphaël Legendre a reçu Christian Saint-Étienne, économiste, Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, et Victor Lequillerier, économiste et vice-président du Think Tank « BSI Economics », dans l’émission Les Experts sur BFM Business.
Le JDD – 22/12/2025
Le JDD : Faut-il voir dans la position américaine vis-à-vis de l’Europe un signe d’hostilité, ou au contraire une marque d’amitié teintée d’inquiétude quant au sort du Vieux Continent ?
Christian Saint-Etienne : Il faut revenir aux fondements du trumpisme pour comprendre cette position. Depuis sa première élection, Trump considère que le déficit extérieur des États-Unis relève d’un « vol » de la part de ses partenaires européens — les droits de douane exorbitants qu’il a imposés sont d’ailleurs censés compenser ce vol supposé. Donald Trump essaye par ailleurs de réaffirmer la puissance des États-Unis en transformant son rôle dans le monde. L’ordre international — en grande partie fondé par les États-Unis avec les accords de Bretton Woods en 1944 [établissant un système monétaire international centré sur le dollar américain, NDLR] et la création de l’ONU l’année suivante – est désormais perçu par le président américain comme une « charge » inutile n’offrant plus le moindre avantage. Donald Trump a opéré un basculement majeur à l’échelle de l’histoire. On voit désormais apparaître trois grands empires : les Etats-Unis, la Chine et la Russie. L’Union européenne s’étant constituée comme une entité « herbivore », il est logique qu’elle soit peu à peu dévorée par ces trois grandes puissances « carnivores ». Aux yeux de Trump, l’Europe reste malgré tout un enjeu de sa guerre commerciale contre la Chine. De ce point de vue-là, on peut déceler une forme d’inquiétude dans ses attaques : si l’UE s’effondre, cela pourrait se faire au bénéfice du grand rival chinois, ce que redoute bien sûr le président américain. La « sollicitude » – si l’on peut dire – des États-Unis à l’égard de l’Europe n’a donc rien de désintéressé.
Comment qualifier la doctrine américaine en matière de relations internationales ? Faut-il parler d’isolationnisme, de retour de la doctrine Monroe, voire de « corollaire Trump » à la doctrine Monroe ?
Une chose est sûre : Donald Trump a accéléré le grand retour des impérialismes et les Américains ne seront plus jamais les garants de l’ordre mondial comme par le passé. L’objectif affiché par Trump est de définir pour les États-Unis une nouvelle zone d’influence extraterritoriale, ainsi qu’il a tenté de le faire avec le Groenland, le Canada, le canal de Panama ou, plus récemment, avec le Venezuela. Dans cette vision du monde, chaque pays a droit à sa zone impériale : aux yeux de Trump, l’Ukraine appartient ainsi plus ou moins à la Russie, et il est vraisemblable qu’il cédera Taïwan à la Chine d’ici quelques années pour cette même raison. Mais je ne suis pas certain que ce grand bouleversement de l’ordre international, qui servait massivement les intérêts américains depuis plus de quatre-vingts ans, soit profitable à l’Amérique sur le long terme.
Les Américains semblent désormais considérer l’Europe comme une puissance vassalisée. Sont-ils encore nos alliés ?
Les Américains sont nos alliés, mais ils n’ont jamais été nos amis. Les principales offensives menées contre la France au cours des cinquante dernières années ne proviennent ni de la Chine ni de la Russie, mais des États-Unis : isolement diplomatique après le refus de participer à la guerre en Irak, espionnage industriel, amendes exorbitantes des grandes banques françaises, rachat d’Alstom, affaires des sous-marins australiens, pour ne citer que quelques exemples. Trump agit en réalité comme toutes les administrations américaines récentes, mais il le fait à découvert, contrairement à Biden ou à Obama. Si nos gouvernants ne comprennent pas que les Américains ne sont pas nos amis, leur stupidité est illimitée.
Le déclin de l’Europe est-il selon vous irréversible ? Peut-elle encore retrouver le chemin de la puissance ? Si oui, à quelles conditions ?
Elle le peut, mais à condition d’opérer une double révolution. Il faut commencer par réformer le traité de Rome de mars 1957 [l’un des textes fondateurs de la construction européenne instituant notamment le marché commun, la politique agricole commune et la libre circulation des marchandises, personnes, capitaux et services]. Les négociateurs de ce traité n’avaient qu’une obsession : faire en sorte qu’il n’y ait plus jamais de puissance européenne. Si l’on veut faire évoluer l’UE, il faudrait déjà commencer par transformer la Commission européenne en secrétariat politique du Conseil européen. Il est urgent de changer les relations entre la Commission européenne et le Conseil européen, en abolissant notamment la règle de l’unanimité qui prévaut pour la remplacer par des décisions à la triple majorité. Il faudrait un choc terrible pour que les 27 s’accordent sur ce premier point, mais ce choc est peut-être moins éloigné qu’on ne le croit. Le second volet, c’est la création d’un noyau dur d’une dizaine de pays européens susceptibles de mener une vraie politique de puissance face à la Chine, aux États-Unis, à la Russie et à l’Inde. Cette politique s’articulerait sur les grands enjeux militaires, financiers, agroalimentaires et énergétiques afin de rendre possible une reconstruction des capacités industrielles de l’Europe. Or, l’organisation actuelle des 27 avec la règle de l’unanimité fait qu’on ne peut pas s’engager sur ces questions cruciales.
N’y a-t-il pas une forme d’asymétrie totale dans la guerre commerciale qui oppose l’UE aux États-Unis ?
Les États-Unis ont imposé cette asymétrie à une Europe qui pouvait la refuser, puisque l’UE est encore aujourd’hui la première puissance commerciale au monde. Le problème, c’est que nous sommes devenus en quelques années une colonie monétaire et numérique des États-Unis. De ce point de vue-là, ce qu’il s’est passé le 27 juillet dernier en Écosse [signature de l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis par Ursula von der Leyen et Donald Trump prévoyant des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes] est une honte absolue, c’est l’équivalent d’un nouveau Munich. Il faut bien comprendre que la France a perdu le leadership européen du fait de sa désindustrialisation et de l’aggravation de son déficit public. Depuis le début des années 2010, les affaires européennes sont conduites selon les intérêts exclusivement mercantilistes de l’Allemagne. Au fond, von der Leyen n’a fait que défendre les positions allemandes face à Trump, qui s’en frotte encore les mains.
La dépendance structurelle de l’Allemagne aux marchés américains et chinois et son absence d’autonomie énergétique ne constituent-elles pas une faiblesse stratégique ? N’offrent-elles pas un boulevard à la France en matière de leadership européen ?
Sur le papier, très certainement. Il y aurait un boulevard si la France tenait encore debout sur le plan intérieur. Or, tous les grands journaux et commentateurs européens s’accordent à dire qu’Emmanuel Macron n’a plus aucune légitimité depuis la dissolution manquée de juin 2024. Si nous avions un pouvoir fort et légitime à la de Gaulle, ce serait un moment historique pour peser sur les grands choix européens qui détermineront notre avenir. Hélas, ce n’est pas le cas.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Raphaël Legendre dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce vendredi 12 décembre 2025.
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Ce vendredi 12 décembre, Raphaël Legendre a reçu Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de « Trump et nous : comment sauver la France et l’Europe », Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste du cabinet d’audit BDO France, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l’émission Les Experts sur BFM Business.
Les Echos – 9/12/2025
La Chine est actuellement frappée par une déflation généralisée qui est le fruit d’une organisation territoriale déséquilibrée et d’une vision politique folle, explique Christian Saint-Etienne.
La Chine est constituée de 23 provinces et 5 régions autonomes. Ces dernières sont des provinces comptant d’importantes minorités nationales, c’est-à-dire des populations qui ne sont pas uniquement des Hans, le premier groupe ethnique en Chine avec plus de 92 % de la population. Contrairement à leur appellation, les régions dites « autonomes » sont sous le contrôle direct du gouvernement central qui se méfie de leurs habitants.
Si le système politique communiste est ultra-centralisé, le pouvoir économique est sous le contrôle principal des responsables communistes dans les provinces dont la réussite et les promotions, décidées par le Bureau politique du Parti communiste, dépendent essentiellement de leurs performances économiques et de leur capacité à maintenir la discipline et la sécurité de la population de leur ressort. Les responsables régionaux sont donc en compétition entre eux pour développer la production d’acier, de ciment, de robots, de microprocesseurs ou de voitures électriques.
Il en résulte une surproduction permanente et une déflation rampante qui menace de plus en plus la stabilité économique et politique de la Chine. Il y avait 80 constructeurs automobiles en Chine en 2022 qui devaient fusionner pour qu’il n’y en ait plus que quelques-uns cinq ans plus tard. Ils sont plus de 100 aujourd’hui car aucune région ne veut abandonner les siens et que le droit des faillites n’est pas incitatif aux restructurations.
En conséquence de ce que je nomme surproduction compétitive, les coûts de production chinois sont inférieurs à ceux du reste du monde de plus de 40 % dans les smartphones, les produits chimiques ou les panneaux photovoltaïques, de 30 % dans les véhicules électriques et machines-outils, et d’un quart dans à peu près toutes les autres productions, d’autant plus que le taux de change effectif réel du yuan a baissé de 20 % au cours des trois dernières années.
Dans ce contexte de surproduction compétitive et de déflation aux effets mondiaux exacerbées par les droits de douane américains qui renvoient les produits chinois vers l’Union européenne et l’Asie hors Chine, Xi Jinping a choisi de combattre la surproduction locale, non par une hausse de la demande interne, mais par une accélération de la production manufacturière ! La Chine assure déjà 31 % de la production manufacturière mondiale et Xi veut qu’elle atteigne 35 % de la production mondiale en 2030 !
En cas de succès, c’est l’assurance de l’accentuation de la déflation généralisée pour les productions manufacturières mondiales. Le refus de Xi de pousser la demande interne a plusieurs causes :
L’investissement (plus de 40 % du PIB) est dans les mains du Parti communiste. Favoriser la consommation, c’est donner plus de liberté de choix aux ménages, ce à quoi Xi et le Parti répugnent.
Ensuite, pour favoriser la consommation, les ménages chinois devraient moins épargner, ce qu’ils ne souhaitent pas faire en l’absence d’une protection sociale généralisée. Les dépenses publiques de retraite et de santé atteignent environ 9 % du PIB en Chine contre 25 % du PIB en France. Pour renforcer la protection sociale chinoise, il faudrait créer une CSG locale et des taxes immobilières. Or la première affaiblirait à court terme la consommation déjà trop faible. Les secondes aggraveraient la crise immobilière avec des conséquences politiques potentiellement illimitées.
Heureusement pour Xi, l’Union européenne, politiquement impuissante face à Trump, est idéologiquement incapable de protéger ses producteurs dans une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » – ce mantra qui constitue la colonne vertébrale des traités européens et qui éviscère l’Europe dans un monde de compétition étatique brutale.
Les Echos – 2/12/2025
En mai 1975, 11 Etats européens ont créé l’Agence spatiale européenne (ESA), une organisation intergouvernementale indépendante de l’Union européenne (UE). Ces deux organisations travaillent ensemble, l’ESA menant, par exemple, le développement des programmes Galileo ou Iris2. Galileo est le système de navigation par satellite de l’UE, plus précis que le GPS américain, et Iris2 doit mettre en place une constellation de satellites de télécommunications fournissant des liaisons sécurisées et à haut débit en compétition avec Starlink.
L’ESA compte aujourd’hui 23 pays membres dont trois n’appartiennent pas à l’UE : le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse. Le budget de l’ESA pour 2025 est de 7,7 milliards d’euros avec trois programmes phares : l’observation de la Terre avec Copernicus, la navigation avec Galileo et le transport spatial. L’ESA dispose de deux lanceurs, Ariane 6 et Vega C. Des lanceurs réutilisables sont en développement.
On pourrait en déduire que l’Europe spatiale est puissante. En réalité, c’est un nain. Elle a pris du retard dans les satellites de communication en orbite basse. Starlink a mis en orbite plus de 8.000 satellites contre 650 pour Eutelsat Oneweb. Starlink domine l’Internet spatial haut débit avec deux tiers du marché mondial. Iris2, commandé par la Commission européenne à SpaceRise vise à accélérer dans ce domaine avec 300 satellites d’ici 2030, mais l’Allemagne ne soutient pas ce programme car elle veut construire un système militaire national.
Si la précision d’Ariane 6 pour l’insertion des satellites est exceptionnelle avec une montée en exploitation très rapide, la fusée n’est pas réutilisable. Le budget de la NASA est de 25 milliards de dollars – trois fois celui de l’ESA – dont 12 milliards de dollars consacrés à l’exploration spatiale contre 770 millions d’euros pour l’ESA.
Les dépenses spatiales de l’Europe n’atteignent que 10 % des dépenses mondiales – c’était 15 % il y a cinq ans – contre 60 % pour les Etats-Unis et 20 % pour la Chine. Le secteur spatial mondial progresse de 10 % par an, avec une Europe dépassée, alors que ce secteur est crucial pour la navigation, la conduite automobile autonome, la défense ou les paiements bancaires. L’UE est dépassée dans l’espace comme dans la production des microprocesseurs au coeur de la révolution numérique.
Un budget de 22 milliards d’euros a été attribué à l’ESA le 27 novembre 2025 pour la période 2026-2028 contre 17 milliards d’euros pour la période 2023-2025, mais si Iris2 est tué… La France sera le deuxième contributeur au budget de l’ESA 2026-2028 avec 3,6 milliards d’euros derrière l’Allemagne avec 5,1 milliards d’euros et devant l’Italie avec 3,5 milliards d’euros. La France ne peut pas simultanément dépenser 1.000 milliards d’euros par an en protection sociale et financer plus de 1,2 milliard d’euros par an pour sa contribution à l’ESA. Tels sont nos choix.
La priorité française dans l’ESA reste au transport spatial avec Ariane 6, la fusée Maia et le Centre spatial guyanais de Kourou. La politique spatiale française se déploie également par le CNES et le ministère des Armées. Tous vecteurs confondus, la France va consacrer 25 milliards au spatial d’ici à 2030 contre 40 milliards d’euros pour l’Allemagne. L’Allemagne ambitionne de prendre le leadership du spatial à la France dans l’Union européenne. Néanmoins, la France dispose encore d’une base industrielle et technologique spatiale de premier plan. La développer est une nécessité vitale.