Christian était l’invité de Quentin Lafay dans l’émission « Questions du soir : le débat » sur France Culture, ce lundi 17 mars 2025.
Cliquez sur le lecteur ci-dessous pour (ré)écouter le replay de l’émission.
Donald Trump lance une guerre économique entre les États-Unis et l’Europe. Face aux menaces de taxes et aux incertitudes du commerce mondial, l’Union européenne doit définir sa réponse pour défendre ses intérêts sans risquer une escalade commerciale.
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Depuis la réélection de Donald Trump, l’Europe fait face au retour du protectionnisme. De nouvelles taxes sur les exportations européennes, notamment dans l’automobile et les produits de luxe, sont envisagées, et les tensions entre Washington et Pékin risquent de perturber les échanges mondiaux. Cette situation remet en question les principes du libre-échange et oblige l’Union européenne à réévaluer sa stratégie. L’Europe dispose de plusieurs leviers pour réagir. Elle peut renforcer ses mesures de rétorsion commerciales, utiliser les outils de régulation dont elle s’est dotée ces dernières années ou privilégier la voie diplomatique pour éviter une guerre économique. Mais comment préserver son autonomie dans un contexte international où les rapports de force se durcissent ?
Christian Saint-Etienne était l’invité de Myriam Encaoua dans l’émission « Ca vous regarde », ce vendredi 14 mars 2025.
Christian Saint-Etienne était l’invité du Débat de Stéphanie Antoine sur France 24, ce lundi 3 février.
Il l’avait dit et il l’a fait. Donald Trump a annoncé la hausse des droits de douane de 25% sur le Canada et le Mexique et de 10% sur la Chine. La riposte ne s’est pas fait attendre. En représailles, le Canada va mettre en place des droits de douane sur les produits américains, de son côté le Mexique a confirmé la suspension de l’application des droits de douane américains de 25% sur toutes les exportations en provenance du Mexique et qui devaient entrer en vigueur mardi.
[NDLR : Donald Trump a finalement suspendu lundi pour un mois son projet d’imposition de droits de douane au Canada et au Mexique, après l’annonce d’un renforcement de la lutte contre le trafic de fentanyl dans ces deux pays.]
Christian Saint-Etienne était l’invité de Marie-Aline Meliyi dans l’émission « Le Club Meliyi » ce dimanche 2 février 2025.
Cliquez ici pour voir le replay de l’émission (à partir de 1:09:00).
Les Echos – 26 février 2020
Alstom-Bombardier peut-il résister à la concurrence chinoise ? Il faut d’abord qu’il puisse naître. Alstom a fait une offre de rachat de Bombardier qui devrait aboutir au premier semestre de 2021 si tous les avis nécessaires des autorités de la concurrence sont favorables. Ensemble, les deux groupes ont un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros et ont réalisé des prises de commande de 20,8 milliards d’euros en 2019, pour un résultat net d’un peu plus de 800 millions d’euros.
Le nouveau groupe deviendrait le deuxième acteur mondial du rail derrière le chinois CRCC, dont le chiffre d’affaires est de 28 milliards d’euros, et devant Siemens, avec un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros. Le marché mondial du ferroviaire théoriquement accessible est de 110 milliards de dollars par an, même si, en réalité, seul le marché européen de 40 milliards de dollars par an est réellement accessible à tous les acteurs. Le marché chinois est quasiment fermé. Alstom-Bombardier continuerait d’avoir ainsi un handicap stratégique, comme Siemens, dans la mesure où les subventions des Etats sont interdites en Europe et un instrument majeur de politique industrielle en Chine.
Cette fusion potentielle permettrait à Alstom de compléter son offre mondiale, de réduire ses coûts et ses dépenses de R&D pour développer les trains hybrides ou à hydrogène que la nouvelle Commission européenne appelle de ses voeux et de se renforcer dans la signalisation, mais pas suffisamment pour risquer de se faire couper les ailes par une des autorités de la concurrence concernées. On se souvient que l’autorité de la concurrence européenne a cassé la fusion Alstom-Siemens pour excès de puissance et d’excellence technologique dans la signalisation, qui est aujourd’hui l’art suprême de l’excellence ferroviaire.
Notons toutefois que les recouvrements d’activité entre les deux groupes sont limités , sauf en France, où ils sont en position forte sachant que le marché est totalement ouvert. Une situation qui tétanise néanmoins la Chine, les Etats-Unis, la Russie et peut-être aussi l’Inde, ce qui obligera vraisemblablement la direction de la concurrence de la Commission européenne (DCCE) à une attitude sévère pour rétablir des équilibres géostratégiques mondiaux menacés. Appréciation apparemment excessive, mais c’est la conclusion à laquelle pourraient parvenir les économistes de la DCCE.
La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) deviendra le premier actionnaire du groupe avec 18 % du capital, devant Bouygues avec 10 %. L’Etat français ne sera pas présent au capital, ce que la DCCE pourrait considérer comme une marque d’insolence dans la mesure où cela supprime un argument pour casser le deal. Il est d’ailleurs clé que l’Etat français ne se réjouisse pas, n’intervienne pas, se désole des rationalisations qui pourraient s’ensuivre et même propose à la DCCE de l’aider à contrer le deal. Une attitude qui pourrait faciliter une issue heureuse du dossier .
Le groupe Bombardier est fragilisé tandis qu’Alstom est tout ce qu’il reste du grand groupe Alcatel-Alsthom (avec un h), un géant dans les commutateurs téléphoniques numériques, les câbles de transmission sous-marines, les réseaux intelligents et les réseaux optiques, qui brillerait aujourd’hui s’il n’avait pas été assassiné par l’idéologie imbécile de « l’entreprise sans usines » qui s’affirmait en France en 2000-2001. Souhaitons désormais que la DCCE ne rêve pas d’une « Europe sans usines ».
Crédit photo : Hugh Llewelyn (CC BY-SA 2.0)
Christian Saint-Etienne était l’invité de Pierre de Vilno sur Europe 1 ce mercredi 17 juillet 2019.
Interrogé au micro d’Europe 1, l’économiste Christian Saint-Etienne ne croit pas que l’accord de libre-échange avec le Canada puisse mettre en danger les éleveurs français, notamment en raison des normes de production très strictes que veut imposer l’UE à son partenaire.
Le processus de ratification du Ceta, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, débute mercredi à l’Assemblée nationale. Mais cet accord commercial reste très critiqué par les écologistes, les associations de consommateurs ou encore les agriculteurs. Et plus particulièrement les éleveurs bovins français, qui craignent une arrivée massive de viandes issues d’élevages nourris aux farines animales ou dopés aux antibiotiques.
Une crainte injustifiée selon les promoteurs de cet accord, qui rétorquent que des restrictions particulières ont déjà été posées, précisément pour empêcher l’exportation de bœuf aux hormones de croissance. « Sur ce sujet, on se fait peur pour rien », estime ainsi au micro de Pierre de Vilno, sur Europe 1, Christian Saint-Etienne, économiste titulaire de la chaire d’économie industrielle au Conservatoire national des arts et métiers. « Il faut préciser que ce sont les normes sanitaires européennes qui s’appliquent. C’est la raison pour laquelle les exportations de viande du Canada vers l’Europe ont si peu augmenté « , souligne-t-il, rappelant au passage qu’une partie du Ceta est déjà entrée en vigueur depuis 2017.
Des normes trop coûteuses à respecter pour les éleveurs canadiens
« Pour exporter de la viande du Canada vers l’Europe, il faut que les élevages du Canada respectent les règlent européennes et notamment l’interdiction d’hormone pour le bœuf et l’interdiction d’additifs pour le porc », développe Christian Saint-Etienne. « Comme ça coûterait trop cher pour les éleveurs du Canada de respecter ces normes, ils n’ont pas développé une production adéquate, et n’ont pas profité de l’augmentation des quotas », veut-il rassurer. « Les procureurs non européens ont parfaitement intégrer la dureté de ces normes puisqu’ils n’essayent même pas d’importer vers l’Europe. »
Pour ce spécialiste, les contrôles déjà pratiqués sur les importations, de même que la crainte d’un scandale sanitaire, offrent quant à eux des garde-fous suffisants aux éventuelles tentatives de fraude à l’entrée du marché européen.
Un nouveau marché pour les produits aux appellations d’origine contrôlée
Surtout, Christian Saint-Etienne estime que cet accord de libre-échange doit être vu comme un opportunité à saisir pour l’exportation de nombreux produits made in France, comme le champagne ou certains fromages, dont le Ceta prévoit de garantir les appellations face à d’éventuels succédanés fabriqués outre-Atlantique. « Il y a un domaine sur lequel l’Europe existe au niveau mondial, c’est dans le domaine des accords commerciaux dits ‘de nouvelle génération’. Ils ont la particularité de défendre les grands principes de l’Europe, notamment les spécificités culturelles et les indications géographiques des partenaires. Ils permettent d’ouvrir les marchés publics et de favoriser les échanges de services », fait-il valoir. Et de préciser : « Sur ces sujets-là, l’Europe impose des normes très élevées. »