Guerre commerciale

Christian Saint-Etienne était l’invité de Laure Closier dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce mercredi 4 juin 2025.

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Ce mercredi 4 juin, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM, membre du Cercle des Économistes, Stéphane Van Huffel, fondateur de SVH Conseil, et Gaël Sliman, président et cofondateur d’Odoxa, sont revenus sur le moral économique des Français qui est au plus bas, aggravé par la dissolution, les bénéfices des Américains dans la guerre commerciale, et sur la loi fast fashion qui est en discussion au Sénat, dans l’émission Les Experts, présentée par Laure Closier.

Christian Saint-Etienne, économiste, auteur de « Trump et nous Comment sauver la France et l’Europe » (Ed. Odile Jacob) et Guillaume Ancel, ancien officier et chroniqueur de guerre, auteur de « Comment défendre la paix sans avoir peur de se battre », (Ed. Autrement), étaient les invités de Hedwige Chevrillon dans La Grande Interview, ce mardi 13 mai. Ils ont parlé des sujets probables qu’Emmanuel Macron va évoquer lors de son discours de ce soir sur TF1, la guerre commerciale et les droits de douane américains, la visite de Donald Trump en Arabie Saoudite et la guerre en Ukraine, sur BFM Business.

Christian était l’invité de Quentin Lafay dans l’émission « Questions du soir : le débat » sur France Culture, ce lundi 17 mars 2025.

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Donald Trump lance une guerre économique entre les États-Unis et l’Europe. Face aux menaces de taxes et aux incertitudes du commerce mondial, l’Union européenne doit définir sa réponse pour défendre ses intérêts sans risquer une escalade commerciale.

Avec :

  • Christian Saint-Etienne, professeur émérite titulaire de la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers
  • Shahin Vallée, chercheur en économie l’institut allemand de politique étrangère, politique au Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik (DGAP),

Depuis la réélection de Donald Trump, l’Europe fait face au retour du protectionnisme. De nouvelles taxes sur les exportations européennes, notamment dans l’automobile et les produits de luxe, sont envisagées, et les tensions entre Washington et Pékin risquent de perturber les échanges mondiaux. Cette situation remet en question les principes du libre-échange et oblige l’Union européenne à réévaluer sa stratégie. L’Europe dispose de plusieurs leviers pour réagir. Elle peut renforcer ses mesures de rétorsion commerciales, utiliser les outils de régulation dont elle s’est dotée ces dernières années ou privilégier la voie diplomatique pour éviter une guerre économique. Mais comment préserver son autonomie dans un contexte international où les rapports de force se durcissent ?

Christian Saint-Etienne était l’invité du Débat de Stéphanie Antoine sur France 24, ce lundi 3 février.

Il l’avait dit et il l’a fait. Donald Trump a annoncé la hausse des droits de douane de 25% sur le Canada et le Mexique et de 10% sur la Chine. La riposte ne s’est pas fait attendre. En représailles, le Canada va mettre en place des droits de douane sur les produits américains, de son côté le Mexique a confirmé la suspension de l’application des droits de douane américains de 25% sur toutes les exportations en provenance du Mexique et qui devaient entrer en vigueur mardi.

[NDLR : Donald Trump a finalement suspendu lundi pour un mois son projet d’imposition de droits de douane au Canada et au Mexique, après l’annonce d’un renforcement de la lutte contre le trafic de fentanyl dans ces deux pays.]

Les Echos – 17/12/2024

Donald Trump lance une guerre commerciale aux conséquences financières et politiques très incertaines. Croyant bien faire, il pourrait porter un coup terrible aux Etats-Unis.

Donald Trump a annoncé, lors de la campagne électorale présidentielle aux Etats-Unis, qu’il envisageait d’augmenter les droits de douane avec une taxe de 10 % à 20 % sur l’ensemble des importations et de 60 % sur les importations venant de Chine. De plus, les pays qui voudraient cesser d’utiliser le dollar comme monnaie principale du commerce mondial seraient « punis ».

Sans réaction des contreparties, ce qui est inenvisageable, les prix des importations progresseraient peut-être de 6 % à 12 % – selon le taux pour l’ensemble des importations -, en moyenne aux Etats-Unis, en supposant des baisses des marges des exportateurs et des importateurs et un dollar qui pourrait se renforcer. Les importations atteignent 14 % du PIB américain. Sachant qu’il n’y a pas de produits de substitution pour tous les produits importés, les importations baisseraient peut-être de « seulement » 5 % à 8 %. La production américaine augmenterait dans quelques domaines mais l’inflation accélérerait.

Un négociateur mais pas un stratège

Sachant que le principal reproche fait à Biden par les électeurs était une inflation qui avait marginalement réduit leur pouvoir d’achat réel en 2022-2024, il est probable que les élections de novembre 2026 ne se passeront pas aussi bien qu’en 2024 pour Trump. Par anticipation des conséquences sur les exportations américaines, il est possible que les droits de douane augmentent moins que ce que Trump envisageait pendant sa campagne.

Trump n’est pas un stratège mais un négociateur de deals. Ses annonces sont des positions de négociation qui peuvent évoluer fortement au cours des discussions. Lors de la renégociation du traité de l’Alena, la version de novembre 2018 du traité commercial, qui prit le nom d’« Accord Etats-Unis-Mexique-Canada – Aeumc » ne différait que partiellement de la précédente version, alors que Trump avait laissé entendre qu’il allait tout « casser » et éventuellement annuler l’Alena.

Danger pour l’Europe

L’impact des décisions de Trump – si elles se confirment – sur l’activité des pays qui exportent vers les Etats-Unis serait élevé et pourrait entraîner un ralentissement d’une activité déjà misérable en Europe et une baisse des exportations des pays asiatiques qui pourrait affaiblir l’économie mondiale. A l’impact comptable d’une hausse des droits de douane, il convient d’ajouter l’impact sur la confiance et les investissements. Le ralentissement de l’économie mondiale sans réaction du reste du monde pourrait atteindre 1 point de pourcentage, soit un tiers de la croissance mondiale, en 2026.

Le point clé est celui des mesures compensatoires prises par les autres pays du monde. Le 17 juin 1930, le président républicain Hoover a signé la loi tarifaire Hawley-Smoot, qui a augmenté les droits de douane moyens sur les produits soumis à des hausses des droits de douane et par rapport aux taux moyens de 1925-1929, de 52 % en 1932. Comme le note l’économiste américain Sydney Ratner, les Américains furent terriblement surpris par les hausses de droits de douane sur les exportations américaines qui chutèrent fortement, notamment les exportations de produits agricoles, qui chutèrent de 68 % de 1929 à 1933.

Le commerce international s’effondra de plus de 60 % en valeur de 1929 à 1932 et resta en dessous du niveau de 1932 jusqu’en 1937. Les républicains subirent une défaite majeure aux élections de 1932. La crise des années 1930, accentuée par une politique monétaire restrictive de 1929 à 1933, porta le taux de chômage à plus de 20 % aux Etats-Unis.

La crise fut dévastatrice en Europe et favorisa grandement l’arrivée de Hitler au pouvoir en mars 1933. On sait toujours quand on commence une guerre commerciale mais on n’en maîtrise jamais complètement les conséquences à la fois commerciales, financières et politiques. Et Trump, en croyant bien faire, pourrait porter un coup terrible aux Etats-Unis.