Christian Saint-Etienne était l’invité d’Emmanuel Cugny dans l’émission « Les débats de l’éco » sur France Info, ce samedi 27 novembre 2021.
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Programme :
Christian Saint-Etienne était l’invité d’Emmanuel Cugny dans l’émission « Les débats de l’éco » sur FranceInfo ce samedi 25 septembre 2021.
Théo Maneval reçoit l’économiste Christian Saint-Étienne dans l’émission Europe Matin sur Europe 1. Il l’interroge sur les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni alors que l’accord sur le Brexit doit être définitivement entériné à Strasbourg ce mardi 27 avril par le parlement européen.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 5 janvier 2021.
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Les Echos – 18/11/2020
Les Etats-Unis et la Chine sont lancés dans un combat pour la domination mondiale depuis une dizaine d’années, un combat qui s’est durci depuis trois ans avec l’affirmation de la volonté chinoise de passer devant l’Amérique. Trump a lancé la contre-offensive avec la guerre commerciale sino-américaine qui a effectivement commencé le 6 juillet 2018. Aujourd’hui, l’essentiel de leur commerce est taxé.
Cette rivalité stratégique est doublée d’une rivalité dans la nouvelle révolution industrielle de l’informatique et des plateformes numériques. Face aux Gafam s’imposent les BATHX : Baidu, Alibaba, Tencent, Huawei et Xiaomi. Les Chinois ont bloqué Google ou Facebook pour des raisons politiques, permettant l’essor de Baidu et de Tencent. Alibaba excelle face à Amazon tout en s’affirmant comme un acteur financier de rang mondial. Les Gafam et les BATHX s’affrontent dans le monde, en Asie et en Afrique, mais aussi et surtout en Europe.
C’est donc d’un double affrontement qu’il s’agit : stratégique et militaire, mais aussi économique et numérique. Ils s’exacerbent mutuellement. Quand les Etats-Unis cognent sur Huawei, quel que soit le prétexte, il s’agit de gêner cet acteur, gonflé aux subventions publiques, qui a l’audace de prendre de l’avance dans la 5G.
Dans ce double affrontement, l’Europe est deux fois absente. Stratégiquement d’abord, sans vision commune et sans politique solide face à ces deux géants. Les Allemands aiment obéir aux Américains, comme l’a rappelé récemment la ministre allemande de la Défense, tout en ménageant la Chine, un si gros marché. La France, désindustrialisée et percluse de dettes, papillonne. Economiquement ensuite : il n’y a pas plus de « Gafam allemands que français ». Et il n’y en a aucun en Europe.
« Protégée » par l’Amérique depuis soixante-quinze ans, l’Europe se pense à l’écart du choc sino-américain. Les Etats-Unis ont en réalité pris soin pendant ces trois quarts de siècle d’empêcher l’émergence de tout ce qui pourrait ressembler à des Etats-Unis d’Europe. Et la zone euro, qui devait être une zone de convergence des performances économiques, accumule les divergences péniblement cachées par l’heureuse action de la BCE.
Non seulement l’Europe n’est pas protégée mais elle est le lieu où les géants déploient leurs armées numériques et déroulent la soie de leurs routes où circulent leurs ambitions. La Grèce, mère de l’Europe, leur a livré son premier port. L’Europe centrale sourit à la Chine tout en se revendiquant américaine. Le Royaume-Uni prend le large dans une confusion suprême.
Penser, dans ce contexte, que Biden, s’il est confirmé, va renverser la table et centrer sa politique étrangère sur des déclarations d’amour à l’Europe est « amusant ». Certes, déclarations il y aura, mais platoniques et non suivies d’effet. L’Amérique continuera de faire son marché en Europe, notamment en Allemagne, avec laquelle la réconciliation sera spectaculaire et massivement mise en scène de part et d’autre. On célébrera Paris, dans une courte étape, vraisemblablement à vélo. C’est si romantique.
Après le départ anglais, l’Europe aurait pu enclencher une nouvelle phase de sa construction en jetant les bases d’une politique stratégique, scientifique et économique ambitieuse, en s’appuyant sur un noyau dur d’une dizaine de pays s’accordant sur une politique déterminée afin d’écarter doucement l’étau sino-américain. Mais les principales décisions, y compris le plan européen de relance, sont précautionneuses.
Biden ne sauvera pas l’Europe. Il lui fera plaisir en lui disant les mots qu’elle veut tant entendre.
Crédit photo : US federal government – domaine public
Causeur – 13 juin 2020
A-t-on eu tort de confiner tout le pays presque deux mois durant ? Le déconfinement a-t-il été trop tardif faute de préparation ? Le Covid-19 aura-t-il raison de la zone euro ? L’économiste Christian Saint-Etienne répond à toutes ces questions ainsi qu’à celles que vous ne vous posez pas. Entretien par Daoud Boughezala.
Christian Saint-Etienne. Le gouvernement prévoit -11% et l’OCDE entre -11 et -14% de « croissance » négative du PIB en 2020. Si le gouvernement ne commet pas d’erreur, on pourrait se limiter à -10%. En tout cas, le PIB va reculer de l’ordre d’un dixième. Un choc de cette ampleur correspond à une perte de l’ordre d’un million d’emplois structurels sur dix-huit mois. Tout l’enjeu est de savoir s’il se produira un rebond de l’économie qui permettra de créer des emplois.
Je n’ai pas contesté la date de confinement mais sa sortie. Tous les pays du Nord sont sortis du confinement le 27 avril, pourquoi ne sommes-nous pas capables de faire de même ? Tout simplement parce que le gouvernement n’a pas massivement commandé des masques et des tests dans la première quinzaine de mars. C’est le retard du déconfinement qui nous a coûté massivement. On peut compter que chaque semaine de retard dans le déconfinement nous a coûté 1% de PIB.
Le gouvernement n’a pas conscience de ce coût. Il a fini par mettre en œuvre la bonne stratégie avec un mois de retard. Il a commis une terrible erreur en arrivant fin février sans masques et sans tests. C’est sa responsabilité ainsi que celle du directeur général de la Santé Jérôme Salomon. On s’est donc retrouvé dans une situation catastrophique, autant par la faute de la haute administration que du gouvernement. Fin février, alors que le Premier ministre et le président de la République ne se levaient pas la nuit pour se demander combien il y avait de masques en stock, la haute administration aurait dû taper du poing sur la table.
A partir du 1er mars, la situation commençait à exiger d’avoir les chiffres et de comprendre. Or, à la mi-mars, on a été contraint de confiner. Paniqué, le gouvernement a attendu fin mars pour véritablement commander des masques et mi-avril pour commander des tests. Pendant plus d’un mois, le gouvernement a tourné en girouette : il n’avait pas compris que la stratégie à adopter était « masquer, tester, isoler », stratégie gagnante mise en œuvre par Taiwan, la Corée du Sud ou le Japon.
Le monde entier voulant des masques et des tests, on a eu beaucoup de mal à s’en procurer. Il y a eu une désorganisation totale du système sanitaire puisque nos capacités de tests vétérinaires n’ont pu être exploités pour des questions d’organisation interne.
Concrètement, le déconfinement est bloqué à cause des protocoles dans les écoles. Les écoles ne reçoivent que 20% des effectifs jusqu’à fin mai, ce qui empêche les parents de travailler. On se retrouve donc avec deux mois de confinement massif de fin mars à mi-mai et un semi-confinement qui continue jusqu’au 10 juin. Tout cela explique le recul de 10% du PIB, qui correspond à au moins une fois et demie le recul allemand.
Au fond, l’idéologie du principe de précaution s’est emparée de la France en 2004, avec la réforme constitutionnelle. Cela fait quinze ans qu’on suit un tel principe. Il sert très souvent de couverture à la lâcheté alors qu’un principe de responsabilité serait préférable. En l’occurrence, tout le monde se couvre et personne ne prend de décision.
Une seconde raison explique le retard du déconfinement : le gouvernement se sent fautif. Très peu de gens disent que la stratégie de mise en œuvre des tests n’a été prise qu’à mi-avril. Le gouvernement réalise avec un retard d’au moins six semaines qu’il a fait une erreur colossale. Pour se dédouaner de cette erreur, il est surprudent à la sortie, ce qui explique qu’on ait à la fois un retard à l’allumage et un retard à la sortie.
La stratégie « masquer, tester, isoler » reste toujours la bonne et on ne teste toujours pas suffisamment. Néanmoins, depuis début mai, on est en mesure de tester davantage, bien qu’on ne réalise que 250 000 tests par semaine alors qu’on nous en avait promis 500 000. Cela permet d’identifier les clusters et de les traiter immédiatement. Il faut amplifier cette dynamique pendant dix-huit mois.
D’autre part, il faut continuer d’appliquer les gestes barrières, notamment le point central que sont les mains, lesquelles transmettent 90% des maladies. Et durcir l’obligation du port du masque dans les transports.
Sous toutes ces réserves, je relâcherais très fortement les protocoles sanitaires dans les secteurs productifs et scolaires pour pouvoir accueillir au moins 80% des élèves au 15 juin. Je continuerais d’appliquer une politique de prudence, de contrôle, et de réaction très rapide au moindre cluster. Cela exigerait de redonner un rôle à la médecine de ville, qui a été effacée depuis le mois de mars, car le Covid va continuer à roder.
Non. La bonne réponse consiste à prendre en compte que depuis une dizaine d’années, nous sommes entrés dans un monde dominé par un duopole sino-américain, avec une transformation de ce duopole en guerre froide il y a environ un an. Cette situation rappelle étrangement les années 1960-1970 entre l’Union soviétique et les Etats-Unis. Dans ce contexte, l’Europe est le ventre mou du monde. Par la nature du traité de Rome de 1957, l’Union européenne ne peut pas être un outil de puissance mais un espace de coopération commerciale pour éviter les guerres. Ce qui était en vigueur en 1957 n’a plus de sens en 2010. Or, le traité de Rome n’évoluera pas. C’est pourquoi, comme je l’ai prôné en 2018 dans Osons l’Europe des nations, il faut l’émergence d’un noyau dur intergouvernemental autour d’une dizaine de pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Benelux). Ce groupe d’Etats aurait la capacité de mener une politique stratégique avec la gestion d’un budget de l’ordre d’1 à 2% du PIB pour investir massivement dans le numérique et les nouvelles technologies. Ceci se ferait en dehors de l’Union européenne.
Les Etats que j’appelle les cinq renégats empêchent l’émergence d’un système fiscal et social européen convergent : l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, Chypre et Malte. Ils regroupent 25 millions d’habitants, c’est-à-dire 5% de l’Union à 27.
Dans le traité de Maastricht, les Anglais avaient permis que les questions fiscales doivent être prises à l’unanimité, ce qui permet à ces cinq Etats de bloquer toutes les décisions.
Il ne s’agit pas de bâtir une fiscalité à la française, car c’est la pire du monde, avec dans tous les domaines les taux d’imposition les plus élevés. Mais cela ne serait pas scandaleux de dire que la fiscalité sur l’épargne, et de l’impôt sur les sociétés sur l’ensemble de l’Union doit atteindre au moins 20% du PIB.
Obsédés par la préservation de leurs privilèges, les Français ne se rendent pas compte que l’on a perdu toute crédibilité en Europe. Nous avons plus reculé que l’Allemagne en 2008. A chaque choc, nous reculons plus que les Allemands, et aujourd’hui, l’économie française est à 75% de celle du voisin allemand. Toute l’Europe s’inquiète donc du long effondrement français depuis une vingtaine d’années. Les Allemands ne comprennent pas pourquoi la France se désindustrialise, pourquoi on n’a pas eu de budget à l’équilibre depuis quarante-huit ans, et pourquoi on est en déficit permanent. Nous sommes en perte de crédibilité majeure. Dans ce contexte général, on met en place des outils d’endettement alors que ce n’est pas le sujet : il faut permettre à l’Europe de redevenir compétitrice à l’échelle mondiale.
Malheureusement, ce sujet beaucoup évoqué en 2009-2010 et disparu depuis, revient au goût du jour. En effet, il y a un écart qui se crée entre Allemagne et Pays-Bas d’un côté, la France et l’Italie de l’autre. Cela va remettre sur la table l’idée d’un éclatement, qui ne serait pas forcément généralisé. En cas de problème, ce ne sont pas les pays faibles qui sortiront mais les pays forts. Cela est dû à une raison technique : sous réserve qu’on ait vraiment l’intention de rembourser la dette, qui est en euros, et que l’on décide de réintroduire une monnaie faible, elle risque d’être dévaluée de 50% et d’ainsi doubler la dette. A un moment donné, si l’écartèlement est trop fort, les Allemands, avec les Néerlandais, les Autrichiens, et peut-être cinq ou six autres pays, sortiraient et l’on aurait deux Euros, un Euromark et un Euro authentique, France incluse, vu notre niveau de désindustrialisation. D’autres pays comme l’Italie ont une meilleure industrie que nous.
Crédit photo : Martin Sanchez sur Unsplash
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce jeudi 5 septembre 2019.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Guillaume Paul dans l’émission « Les insiders » sur BFM Business, ce jeudi 20 juin 2019.
Le Sommet européen a débuté ce jour à Bruxelles, les négociations sont de ce fait ouvert. À part la nomination des dirigeants des grandes instances européennes, sur quoi ce Sommet va-t-il déboucher ?
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 4 juin 2018.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de l’émission « La Grande Table » sur France Culture ce mardi 27 février 2018.
Quel avenir pour l’Europe ? Pour notre invité, Christian Saint-Etienne, une solution : oser l’Europe des Nations.
Le traité de Maastricht a semé les germes de la discorde. […] Il faut que nous constituions un noyau dur : dans l’histoire de la civilisation, vous n’avez jamais de culture qui ne soit fondée sur une économie forte.
« C’est la France qui a fait l’Europe ! Elle l’a voulue et l’a construite ». C’est par cette affirmation que débute le dernier essai de notre invité. Un livre d’analyses, certes, mais aussi un « livre-programme », pourrait-on même dire, un livre manifeste. Si Robert Schuman proposait en 1950 une Europe de projets, Christian Saint-Etienne, dans son essai _Osons l’Europe des Nations_aux éditions de L’Observatoire, propose de faire le bilan de la construction européenne, pour voir comment elle pourrait accompagner les évolutions du capitalisme mondial vers ce qu’il appelle l’iconomie, ou économie des données, économie de l’attention.
J’appelle à un État stratège et à une Europe stratège, et je trouve sur ce plan là, Emmanuel Macron est aphone.
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