Les Echos – 17/02/2026

Comment évoluent les villes-mondes comme New York, Tokyo, Londres et Paris ? Peuvent-elles créer des richesses et du bien vivre ? Les principales conurbations mondiales accueillent un dixième de la population mondiale produisant la moitié du PIB mondial, les trois-quarts de la R&D et plus de 90 % du capital-risque mondial.

La « métropolisation » de la croissance est un fait historique planétaire qui s’explique par la capacité des villes dynamiques, dotées d’un port maritime ou fluvial à grosse capacité, de favoriser l’innovation et les mises en relation et de stimuler leur potentiel scientifique, industriel et marchand.

Les villes-mondes peuvent être dominées par les marchands comme Venise, Amsterdam ou Londres au cours des siècles ou par le pouvoir politique et ses dépendances rentières et sociales. Londres a été, au XIX° siècle, ville marchande et capitale politique, associant la finance au commandement impérial. Et Paris fut, du XVI° au XX° siècle, une ville politique, financière et industrieuse qui permit le développement de talents artistiques.

Au XXI° siècle, Paris, ou du moins ses édiles, ont progressivement négligé la fonction industrieuse de la capitale pour se concentrer sur l’achat de clientèles sociales et un verdissement approximatif doublé d’une polarisation sur le logement social qui n’a pas empêché une perte considérable de population ni l’exclusion des emplois clés du logement parisien (infirmières, enseignants ou policiers). La montée de l’insécurité, les travaux permanents sur la voirie et le déclassement économique ont conduit à une triste réalité : la croissance économique de la ville a été, pendant le premier quart du XXI° siècle, moins rapide qu’à Londres.

Au lieu d’être un moteur économique pour la France, Paris est devenue une masse molle en régression lorsqu’on la compare aux villes dynamiques qui attirent les créateurs de richesses scientifiques, techniques, économiques et artistiques. La fuite des classes industrieuses sape la base fiscale nécessaire pour favoriser un nouvel essor de la ville mythique.

Paris-la-flemme, revancharde et vélocipédique, désole les amoureux de celle qui fut la Ville Lumière et qui doit impérativement le redevenir si l’on veut à nouveau croire en l’avenir de la France, au bien-être de sa population et au rayonnement scientifique et artistique du pays.

Intégration en urgence

À ce moment de l’histoire de la capitale se pose la question de sa taille et de sa vitalité. Alors que Londres n’est pas morte du Brexit, et que Shanghai, Dubaï ou Singapour rivalisent avec la Silicon Valley, Boston et Tokyo, et que Milan et Madrid débordent d’énergie, Paris-la-flemme fait pâle figure. Pour rebondir et briser l’émiettement administratif qui bloque l’essor de la capitale, Paris doit intégrer en urgence les centres d’affaires et d’innovation à l’Ouest et les villes associées autour de la Défense et d’Issy-les-Moulineaux – Boulogne ainsi que Neuilly – Puteaux – Suresnes – Nanterre, Courbevoie et Levallois dans un ensemble stratégique Paris ville-monde. Un Paris « Greater Council », constitué d’une quarantaine d’élus et d’une dizaine de représentants de l’État, déciderait des politiques économique, financière et de transport-logement de la ville-monde, les communes composantes gardant le contrôle des services de proximité.

Les départements de Paris et des Hauts-de-Seine doivent fusionner, pour redonner à Paris une visibilité économique et financière mondiale, et l’objet bureaucratique faussement dénommé « métropole » doit être supprimé au bénéfice de l’Île-de-France. Il est essentiel de redonner à Paris sa perspective de la Bastille au Louvre et à la Grande Arche comme axe de Renaissance économique, scientifique et artistique. Un axe de revitalisation et de splendeur identifié comme tel par la planète.

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