Christian Saint-Etienne était l’invité de Guillaume Naudin dans l’émission « Le débat du jour » sur RFI ce mercredi 5 mai 2021.
L’Union européenne a présenté aujourd’hui sa nouvelle stratégie industrielle. Si cela vous rappelle quelque chose, c’est normal. C’était déjà le cas en mars de l’année dernière (2020). Sauf qu’entre temps, une pandémie mondiale est passée par là, dévoilant impitoyablement les manques européens dans plusieurs domaines dont on s’est aperçu, un peu tard, qu’ils sont essentiels. La santé, par exemple, avec les masques ou les composants pour les vaccins, ou les technologies avec les semi-conducteurs.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 22 mars 2021.
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Christian Saint-Etienne était l’invité d’Emmanuel Cugny dans l’émission « Les débats de l’éco » sur France info ce dimanche 14 mars 2021.
La France espère conclure un accord avec la Commission européenne dans les toutes prochaines semaines sur une réforme de la régulation du secteur nucléaire français. Il s’agit de réorganiser EDF pour améliorer ses perspectives . En fond de décor : une nouvelle régulation du parc nucléaire d’EDF qui passerait par une hausse des prix de sa production… quant à la refonte du groupe, elle lui permettrait notamment d’investir davantage dans les énergies renouvelables.
Cette réforme s’impose-t-elle ?
En divisant EDF en trois entités (EDF Bleu, EDF Vert, etc.), va-t-on vers un démantèlement de l’énergéticien ?
Quel est l’objectif poursuivi par Bruxelles ?
Bruno Le Maire veut conserver un groupe intégré. « Nous avons la possibilité de dire Non », dit le ministre. Quid ?
Quelles conséquences pour la filière nucléaire française ?
Quid du positionnement d’EDF dans la concurrence énergétique internationale, notamment chinoise ?
Avec une injection de 1.900 milliards de dollars, le plan de relance de l’économie américaine, dont le texte de loi a été signé jeudi par Joe Biden depuis le Bureau ovale, va avoir des retombées positives sur le reste de l’économie mondiale. Ce plan de sauvetage va rayonner bien au-delà des frontières des Etats-Unis mais le risque d’inflation et d’une remontée des taux d’intérêt ne sont pas exclus.
Le plan est-il à la hauteur de la situation ?
Budget équilibré mais à forte connotation sociale, destiné aux plus pauvres…
L’Europe en général et la France en particulier, doivent-ils s’en inspirer et l’imiter ?
Le Figaro – 07/02/2020
En matière de concurrence, de politique commerciale et de politique industrielle, l’Union européenne doit se montrer beaucoup plus exigeante si elle ne veut pas déchoir face à la Chine et aux États-Unis.
Alors que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est en cours et que la compétition entre Etats-Unis et Chine pour la domination mondiale s’accentue, il faut plus que jamais s’interroger sur la place de l’Union européenne à vingt-sept dans un monde en pleine ébullition.
La compétition globale entre la Chine et les Etats-Unis, dans le double domaine économique et militaire, structure depuis dix ans la géostratégie planétaire. Mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend.
Cette compétition s’accompagne de l’essor d’oligopoles américains et chinois surpuissants qui vont dominer l’ensemble des marchés civils et militaires. On connaît les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et les BATHX (Baidu, Alibaba, Tencent, Huawei et Xiaomi), mais on ignore que les banques américaines ont pris le contrôle des marchés financiers européens depuis la crise de 2008. Les Etats-Unis se dotent de géants financiers dans le cadre d’une stratégie de domination affichée qui les conduit à affirmer leur prééminence globale dans les secteurs de la défense, de la finance, de la santé, de l’agroalimentaire et des technologies numériques. La finance devra accompagner l’effort de guerre en cas de nécessité. La santé et l’alimentation permettraient de maintenir en bonne condition la population en cas d’effort de guerre. Les technologies de la Nouvelle Révolution Industrielle (NRI) doivent assurer la prééminence technique américaine.
La NRI redouble de vitesse et nous fait entrer dans une économie 3.0 que l’on peut nommer « iconomie ».
La NRI a déjà connu trois accélérations technologiques et nous abordons la quatrième. Une première accélération de la « révolution iconomique » est intervenue dans les années 1990 sous l’effet de la mise en réseau de centaine de millions de micro-ordinateurs grâce à Internet. La deuxième accélération est intervenue à partir de 2007 avec la commercialisation du premier smartphone, l’iPhone d’Apple, résultant de la demande de Steve Jobs à ses ingénieurs de mettre un ordinateur dans un téléphone. La troisième accélération est en cours depuis 2015 avec la montée en puissance simultanée de l’intelligence artificielle et de la 5G qui vont se déployer massivement d’ici à 2025. Une quatrième accélération va commencer avec l’optronique (équipements et systèmes utilisant à la fois l’optique et l’électronique dans le domaine militaire, NDLR), l’espace, les biotechnologies et le corps augmenté, ainsi que l’informatique quantique. Toutes ces transformations vont arriver à maturité, pour l’essentiel, dans l’actuelle décennie des années 2020. Le monde va plus bouger dans les dix prochaines années que dans les vingt dernières.
Face à cette mutation totale, économique et technologique, politique et militaire, renforcée par des stratégies de domination affirmée de la Chine et des Etats-Unis, l’Europe est une spectatrice apeurée. Si l’on imagine le monde comme un grand échiquier de 100 mètres de côté, les Etats-Unis et la Chine sont des boules d’acier de 3 mètres de diamètre qui évoluent sur l’échiquier avec l’Inde et la Russie, boules d’acier de 1 mètre, et les vingt-sept petites boules en bois européennes de 1 à 30 centimètres de diamètre. Voilà l’exact rapport de force entre l’Union européenne et le reste du monde. L’Union n’a ni vision stratégique, ni acteurs économiques géants des mutations en cours, ni armée, ni même politique de puissance. Et c’est sur la base d’une doctrine de la concurrence définie en 1997 qu’elle juge des concentrations en Europe.
Que faire ? D’abord ouvrir les yeux et voir le monde tel qu’il est : les rapports de force entre Etats vont continuer de se durcir sur l’échiquier mondial. Ensuite, prendre conscience de l’accélération annoncée des ruptures technologiques car les révolutions industrielles classent les nations en termes de puissance économique et stratégique. Enfin, définir une politique stratégique et se doter des instruments pour agir.
S’agissant de l’Union européenne à vingt-sept, il est crucial de redéfinir ensemble les trois leviers d’action que sont la politique de la concurrence, la politique commerciale et les éléments de politique industrielle. Dans le domaine de la concurrence, il faut redéfinir les notions de marché pertinent, de champ de la concurrence et les critères d’évaluation de la concurrence effective et future tout en intégrant l’analyse institutionnelle des conditions d’évolution des grands concurrents étrangers. Si ces derniers sont massivement subventionnés dans leur pays d’origine, il faut mettre en place des mesures correctrices fortes. A l’égard de la politique commerciale, l’objectif doit être la réciprocité totale sur l’ouverture des marchés publics et privés. En matière de politique industrielle, favorisons les groupements industriels européens sur les technologies génériques : batteries, microprocesseurs, moteurs spatiaux, panneaux photovoltaïques. Il faut que la Commission européenne fasse évoluer ces trois domaines ensemble dans un cadre cohérent.
Mais si ces changements sont clés au niveau de l’Union européenne, des politiques stratégiques plus offensives sont également nécessaires, dotées de fonds d’investissement massifs montant rapidement en puissance à hauteur de 50 milliards d’euros par an, pour l’ensemble des fonds. Ceux-ci doivent être financés par les Etats volontaires et les fonds des industriels acteurs des recherches et des nouvelles productions dans le cadre de projets dits PCEI (Important Projects of Common European Interest).
Par exemple, on peut démarrer à 10 milliards d’euros par an financés par les Etats à 65% dans la phase de recherche et développement, et augmentant de 5 milliards pas an avec une part publique qui baisse de 5 points chaque année. Si les Etats concernés étaient l’Allemagne, la France, l’Autriche, le Benelux, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, 50 milliards d’euros ne représenteraient qu’un demi-point de PIB ! Et beaucoup moins si ce montant n’était atteint qu’au bout de quelques années.
Jamais les astres pour un changement significatif de politique européenne n’ont été aussi bien alignés avec la nouvelle Commission. Mais, compte-tenu de l’accélération de la « révolution iconomique », si rien d’extrêmement décisif n’a bougé sur ces points clés avant dix-huit mois, l’Union est stratégiquement et politiquement perdue.
Crédit photo : Markus Spiske
Christian Saint-Etienne était l’invité de Karine Vergniol et Guillaume Paul dans l’émission « Inside » sur BFM Business, ce mercredi 5 février 2020.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Stéphane Pedrazzi dans l’émission « Good Morning Business » sur BFM Business ce mardi 16 juillet.
Ce mardi se tiendra le grand oral d’Ursula von der Leyen devant le Parlement européen. La candidate désignée par les pays de l’Union répondra ce matin aux questions des eurodéputés. Ensuite, elle fera l’objet d’un vote en fin de journée dont l’issue est loin d’être acquise. Par ailleurs, depuis une semaine, Ursula von der Leyen tente de convaincre les eurodéputés de voter pour elle. Quelle peut être l’issue de ce vote ? Que faut-il savoir sur le parcours d’Ursula von der Leyen ? Quid des processus de vote de l’UE ? Qu’en est-il des autres nominations des responsables européens ?