croissance

CSEL’INSEE a publié vendredi 29 avril une estimation de la croissance au premier trimestre 2016 selon laquelle le PIB en volume a augmenté de 0,5% après + 0,3% au quatrième trimestre de 2015. Les dépenses des ménages augmentent fortement après le gel lié aux attentats de novembre 2015. La formation brute de capital fixe (l’investissement) reste dynamique mais les exportations se replient légèrement. Au total, le commerce extérieur a une contribution négative à la croissance de 0,2 point de PIB après – 0,4 point de PIB au trimestre précédent.

La production manufacturière ralentit dans quasiment toutes ses branches ce qui montre que le redressement de notre compétitivité est lent est partiel. C’est d’autant plus inquiétant que le prix du pétrole et l’euro sont bas. Nous continuons de souffrir de ce que notre industrie, notamment automobile, est concentrée dans les productions de moyenne gamme.

Le taux de marge des sociétés non financières continue de s’améliorer même s’il reste significativement inférieur à ce qu’il est chez nos grands compétiteurs.

Cette minuscule reprise intervient après quatre années catastrophiques (0,5% de croissance annuelle moyenne, soit moins du tiers de la croissance nécessaire pour réduire le chômage) et avec un niveau de chômage très élevé. La France reste en arrière de la reprise européenne et l’essentiel des créations nettes d’emplois depuis deux ans sont concentrées dans le secteur public (80%) contre 80% de créations d’emplois dans le secteur marchand en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni.

Que faudrait-il faire pour accélérer cette reprise ?

Nous devons d’abord procéder à une réforme de la fiscalité du capital alors que la révolution numérique en cours est hyper-industrielle et hyper-capitalistique sous l’effet de la robotisation et de la numérisation des systèmes de production et de distribution.

Nous devons parallèlement mettre en œuvre les réformes structurelles qui permettront de fluidifier le marché du travail et de réduire les dépenses des régimes de retraite et des collectivités locales. La France continue d’avoir un niveau de dépense publique extravagant par rapport aux résultats atteints en termes d’éducation (baisse dans le classement PISA), de niveau de chômage, de développement économique, etc. Notre dépense publique atteint 57% du PIB, soit 9 points de PIB de plus que la moyenne des autres pays de la zone euro alors que nos performances globales restent décevantes. De ce point de vue, le fait que la réforme du marché du travail soit mal engagée est un élément de nature à freiner la reprise.

Il faut enfin redonner de la visibilité sur le plan politique en accélérant la réforme de nos institutions pour tenir compte du phénomène de métropolisation de la croissance et pour favoriser le renouveau de notre appareil de production.

Christian Saint-Étienne était l’invité de Hedwige Chevrillon dans l’émission « l’Heure H » (Le rendez-vous du Cercle des Économistes) sur BFM Business, ce lundi 2 février 2016.

Au programme : la dégressivité des allocations chômage, puis l’état de l’économie américaine à l’issue des deux mandats de Barack Obama.

Le PIB des États-Unis a progressé de 0,7 % en rythme annuel au quatrième trimestre 2015. Ce chiffre reste toutefois inférieur aux attentes, d’après la première estimation publiée la semaine dernière par le Département du Commerce. La croissance américaine a été ralentie par une chute des investissements des entreprises notamment dans le secteur énergétique et une décélération des dépenses de consommateurs. Comment qualifier le bilan économique de Barack Obama à l’issue de ses deux mandats ? La montée en puissance de Donald Trump est-elle due à la croissance anémique du pays ? – Avec: Christian Saint-Etienne, membre du Cercle des Économistes et conseiller de Paris. Et Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des Économistes. – 18h l’heure H, du lundi 1er février 2016, présenté par Hedwige Chevrillon et Guillaume Paul, sur BFM Business.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce vendredi 2 octobre 2015.

Au sommaire : Croissance du PIB : la méthode de François Hollande va-t-elle fonctionner ? La reprise économique est-elle réellement en marche ? Le budget 2016 est-il crédible ? Avec: Bruno Vanryb, président de BeBrave. Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM. Et Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives Economiques.

Cliquez ICI pour voir la première partie de l’émission.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, ce mercredi 21 janvier 2015.

Au sommaire: Forum économique de Davos: Faut-il s’habituer à vivre dans un monde sans croissance ? Débat sur l’accroissement des inégalités. Avec: Ronan Le Moal, directeur général de Crédit-Mutuel Arkea, Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM, et Laurent Vronski, directeur général d’Ervor et vice-président de CroissancePlus.

Cliquez ici pour voir la deuxième partie de l’émission.

Christian Saint-Etienne était l’invité de l’émission « La Tribune des décideurs » sur Décideurs TV, ce lundi 5 janvier 2015.

Thomas Blard : A l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage, La France 3.0, Christian Saint-Etienne viendra partager avec nous sa vision de l’avenir. Agir, espérer et réinventer : voici l’ambition de cet économiste, engagé à l’UDI et Conseiller de Paris.

Que faudrait-il faire pour que la France connaisse une croissance à l’américaine (+5%)?
En quoi consiste la révolution 3.0?
Comment adapter la France à l’économie 3.0?
Le 3.0 est-il un avatar de la 3ème voie?
C’est quoi le centre?
Quel est l’avenir de l’UDI?
Quelle vision pour Paris?
Faut-il construire la Tour Triangle?

cselefigaroLe Figaro – 23/09/2014

« Se résigner à un déficit au-dessus de 4 % place la France dans une position très vulnérable »

Le président de la République, dans sa conférence de presse de la semaine dernière, a déclaré en substance, avec beaucoup d’assurance sur ce point, alors qu’il semblait douter de tout par ailleurs : « Non, nous ne ferons pas plus d’économies que les 50 milliards annoncés, car, au-delà, cela nuirait à la croissance. » Eh bien, Monsieur le Président, vous avez tort !

Mais de quelle dépense parle-t-on ? Et quelle est la situation du pays ? Car il ne faut pas se tromper de diagnostic. La situation économique de la France est catastrophique. Nos échanges extérieurs sont déficitaires depuis 2005. Le déficit de la balance courante a atteint près de 2 % du PIB de 2011 à 2013. La production industrielle est tombée en 2014 au niveau de 1994. Le déficit public est scotché au-dessus de 4 % du PIB chaque année de 2013 à 2015. La dette publique continue de dériver.

Mais il faut remonter plus loin. Le dernier point haut de l’économie française a été atteint en 1999. Au cours des quinze années suivantes, la part de la production industrielle dans le PIB a baissé de 30 %. Et la part des exportations françaises dans les exportations mondiales a chuté de plus de 40 %. Surtout, le taux de marge de nos entreprises était inférieur d’un tiers à celui des entreprises des pays qui sont nos principaux concurrents. Financièrement exsangues, trop spécialisées dans des productions de moyenne gamme, nos entreprises se trouvaient incapables de garder leurs parts de marché dans la zone euro et de profiter de la croissance mondiale hors zone euro.

La situation était donc déjà difficile en 2012 lorsque François Hollande a été élu. Mais il a déjà commis deux erreurs graves au moment où les Français lui confient le pouvoir. Le nouveau président a prononcé une série de discours menaçants contre la finance et les « riches » alors qu’il fallait promouvoir une finance régulée et exemplaire. En outre, il a annoncé une série de mesures coûteuses, dont un retour à la retraite à 60 ans pour la moitié de ceux qui partent à la retraite, qui vont peser sur la dépense publique. De surcroît, Hollande a augmenté massivement la fiscalité sur le capital et les entrepreneurs alors que la troisième révolution industrielle est hyper-capitalistique et hyper-entrepreneuriale.

Puis un nouvel Hollande a décidé de mettre en place le CICE et le pacte de responsabilité. Au début de 2014, à l’inverse des discours de 2012, le président a déclaré que « seules les entreprises créent la richesse » et, en substance, que « la dépense publique n’est pas la solution mais le problème ». Mais la dépense publique tarde à être reprise en main. En outre, les 50 milliards de baisse annoncée sont en partie un mirage. Ils sont en effet gagés sur une désindexation partielle de la dépense sociale alors que l’inflation a disparu.

C’est de surcroît une erreur de maintenir le déficit au-dessus de 4 % du PIB en 2014, 2015 et vraisemblablement en 2016. D’abord, le gouvernement y perd toute crédibilité. Ensuite, nous sommes très vulnérables si les taux d’intérêt remontent. Il faut donc ramener le déficit à 4 % en 2015 et 3,5 % en 2016 en prenant des mesures connues : renouer avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, accentuer les restructurations de services publics.

Faut-il aller au-delà et, dans les deux prochaines années, couper brutalement la dépense de 50 milliards d’euros de plus ? Non, car cela accentuerait le risque de déflation. En revanche, il faut, pour redevenir crédible maintenant, couper la dépense future ! Plusieurs réformes de structures s’imposent.

En premier lieu, nous devons imposer un gel de la dépense publique en volume pendant au moins trois ans en menant les réformes nécessaires des régimes de retraite. Il est nécessaire de reculer l’âge de départ à la retraite à 64 ans et d’allonger la durée de cotisation à 44 ans d’ici à 2024. De même, afin de réduire les dépenses des collectivités locales, instituons l’élection des maires des intercommunalités au suffrage universel direct.

En deuxième lieu, il faut réintroduire la dégressivité des allocations chômage après 6 mois et réduire la durée d’indemnisation à 18 mois. D’autres dispositifs prendront en charge ceux qui n’auraient pas retrouvé de travail. En troisième lieu, il est indispensable de rétablir une structure de la fiscalité du capital dans la moyenne européenne si l’on veut relancer les investissements productifs.

Hollande a aggravé une situation déjà très sérieuse avant lui, puis a commencé à s’attaquer à la source du problème. S’il veut transformer son changement de cap en emplois, le président doit maintenant corriger sa réforme initiale de la fiscalité du capital. Bref, qu’il fixe une direction claire et qu’il s’y tienne !

CHRISTIAN SAINT-ÉTIENNE