Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 8 février 2021.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Julian Bugier dans le débat du club des idées sur Europe 1, ce jeudi 26 novembre 2020.
Le Figaro – 17 juin 2020
Selon les organisations internationales, nous allons connaître une crise économique 50 % plus grave que celle de l’Allemagne, argumente le professeur titulaire de la chaire d’économie au Conservatoire national des arts et métiers.
La France attend un rebond économique après la crise du Covid-19 comme on attend un miracle. Mais sans changement de cap, et même avec un retour à une activité économique « normale », le pays va continuer de dériver.
On ne peut pas comprendre ce qui nous attend sans une analyse du confinement. Non seulement l’État, qui a le niveau de dépense publique le plus élevé des pays développés, n’avait pas de masques et de tests pour tracer l’épidémie, mais il a procédé au confinement le 17 mars en mode panique sans stratégie affirmée effectivement mise en œuvre. Les commandes massives de masques n’interviennent qu’après le confinement et la stratégie visant à tracer, à masquer et à isoler n’est réellement mise en œuvre qu’à mi-avril. À mi-mai, on mène enfin la bonne approche pour identifier les foyers et les traiter immédiatement. Cette incapacité du gouvernement et de l’appareil d’État d’apprendre des pays qui réussissent à contrôler l’épidémie sans confinement, comme la Corée du Sud, Taïwan ou Singapour vient de loin. Certes, d’autres pays ont été en difficulté, comme l’Italie, mais on pouvait attendre de l’État français une réponse plus professionnelle. Or on découvre en mars-avril, que notre pays a trois à quatre fois moins de lits de réanimation que l’Allemagne alors que nous dépensons plus pour la santé (en pourcentage du PIB).
Les élites politiques françaises ont majoritairement une formation administrative et juridique qui ne les invite pas à l’ouverture internationale mais les conditionne à l’aveuglement dès qu’un changement majeur intervient. Lorsque l’État centralisé et aveugle se retrouve désemparé fin mars, incapable de commander massivement des masques alors que des régions, des villes ou le secteur privé y parviennent, il utilise la réquisition avec pour seul effet de casser toutes les filières d’approvisionnement au lieu de les coordonner.
Et ces mécanismes d’autoblocage, d’aveuglement et de réquisition autoritaire visant à cacher son impuissance, sont toujours à l’œuvre. Qui peut penser que cet État peut conduire un déconfinement rapide et ordonné, puis la nécessaire transformation de la nation ? D’autant que selon les organisations internationales nous allons connaître une crise moitié plus grave que celle de l’Allemagne. Le poids relatif de l’économie française par rapport à l’allemande va continuer de chuter, accélérant l’effritement à l’œuvre depuis quinze ans à cause de la désindustrialisation de notre pays.
Or le gouvernement a pris peur, début mai, à l’idée que l’on allait découvrir, qu’à l’impréparation catastrophique au début mars s’est ajoutée son incapacité à décider et à adopter la bonne stratégie. À partir de ce moment, consciemment ou inconsciemment, le gouvernement a ralenti le déconfinement pour justifier ses errements par la gravité supposée de la crise sanitaire alors que le nord de la zone euro déconfinait à partir du 27 avril, au point de provoquer une crise économique d’une ampleur inouïe. Nos dirigeants pensent que l’économie fonctionne comme un moteur qu’on rallume en appuyant sur un bouton. En réalité, plus on retarde le déconfinement et plus on aggrave la crise économique.
Certes, le gouvernement a pris quelques mesures techniques utiles comme le mécanisme du chômage partiel, néanmoins surcalibré, ou les prêts garantis par l’État (PGE) qui posent la question de la sortie en fonds propres pour que les entreprises puissent investir. Mais un nouveau risque stratégique apparaît. Le recul d’un dixième du PIB en 2020 ne se traduit pas par un recul de 10 % de l’activité de toutes les entreprises, mais par la faillite ou restructuration de 15 % des entreprises tandis que 30 % d’entre elles vont être en plein boom. L’entre-deux va surnager difficilement.
À supposer que l’économie rebondisse, ce n’est pas un rebond qui se prépare mais une mutation vers le numérique, l’écologie et les industries de souveraineté à condition d’agir avec détermination. Les fonds de capital-investissement veulent mobiliser 6 milliards d’euros avec les assureurs et l’aide de l’État pour accélérer ce mouvement tandis que Bercy travaille sur un fonds garanti par l’État de 10 milliards d’euros sous forme de prêts participatifs. Déjà des semaines de discussion et pas de décisions fortes.
Surtout, les Allemands ont mis 100 milliards d’euros sur la table en fonds propres pour accélérer la mutation de leur économie. Il faut que la France mobilise 75 milliards pour provoquer, accompagner et accélérer la mutation de notre économie. Ces fonds propres doivent permettre des prises de participation de 10 % à 30 % par augmentation de capital dans les 20 000 entreprises qui font l’économie française, avec des interventions de 5 à 500 millions d’euros selon les secteurs, les enjeux et la taille des entreprises.
Il n’y aura pas de miracle. Soit nous prenons la mutation à bras-le-corps, soit nous disparaissons comme puissance autonome. Où sont les de Gaulle ?
Crédit photo : Anthony Choren on Unsplash
Causeur – 13 juin 2020
A-t-on eu tort de confiner tout le pays presque deux mois durant ? Le déconfinement a-t-il été trop tardif faute de préparation ? Le Covid-19 aura-t-il raison de la zone euro ? L’économiste Christian Saint-Etienne répond à toutes ces questions ainsi qu’à celles que vous ne vous posez pas. Entretien par Daoud Boughezala.
Christian Saint-Etienne. Le gouvernement prévoit -11% et l’OCDE entre -11 et -14% de « croissance » négative du PIB en 2020. Si le gouvernement ne commet pas d’erreur, on pourrait se limiter à -10%. En tout cas, le PIB va reculer de l’ordre d’un dixième. Un choc de cette ampleur correspond à une perte de l’ordre d’un million d’emplois structurels sur dix-huit mois. Tout l’enjeu est de savoir s’il se produira un rebond de l’économie qui permettra de créer des emplois.
Je n’ai pas contesté la date de confinement mais sa sortie. Tous les pays du Nord sont sortis du confinement le 27 avril, pourquoi ne sommes-nous pas capables de faire de même ? Tout simplement parce que le gouvernement n’a pas massivement commandé des masques et des tests dans la première quinzaine de mars. C’est le retard du déconfinement qui nous a coûté massivement. On peut compter que chaque semaine de retard dans le déconfinement nous a coûté 1% de PIB.
Le gouvernement n’a pas conscience de ce coût. Il a fini par mettre en œuvre la bonne stratégie avec un mois de retard. Il a commis une terrible erreur en arrivant fin février sans masques et sans tests. C’est sa responsabilité ainsi que celle du directeur général de la Santé Jérôme Salomon. On s’est donc retrouvé dans une situation catastrophique, autant par la faute de la haute administration que du gouvernement. Fin février, alors que le Premier ministre et le président de la République ne se levaient pas la nuit pour se demander combien il y avait de masques en stock, la haute administration aurait dû taper du poing sur la table.
A partir du 1er mars, la situation commençait à exiger d’avoir les chiffres et de comprendre. Or, à la mi-mars, on a été contraint de confiner. Paniqué, le gouvernement a attendu fin mars pour véritablement commander des masques et mi-avril pour commander des tests. Pendant plus d’un mois, le gouvernement a tourné en girouette : il n’avait pas compris que la stratégie à adopter était « masquer, tester, isoler », stratégie gagnante mise en œuvre par Taiwan, la Corée du Sud ou le Japon.
Le monde entier voulant des masques et des tests, on a eu beaucoup de mal à s’en procurer. Il y a eu une désorganisation totale du système sanitaire puisque nos capacités de tests vétérinaires n’ont pu être exploités pour des questions d’organisation interne.
Concrètement, le déconfinement est bloqué à cause des protocoles dans les écoles. Les écoles ne reçoivent que 20% des effectifs jusqu’à fin mai, ce qui empêche les parents de travailler. On se retrouve donc avec deux mois de confinement massif de fin mars à mi-mai et un semi-confinement qui continue jusqu’au 10 juin. Tout cela explique le recul de 10% du PIB, qui correspond à au moins une fois et demie le recul allemand.
Au fond, l’idéologie du principe de précaution s’est emparée de la France en 2004, avec la réforme constitutionnelle. Cela fait quinze ans qu’on suit un tel principe. Il sert très souvent de couverture à la lâcheté alors qu’un principe de responsabilité serait préférable. En l’occurrence, tout le monde se couvre et personne ne prend de décision.
Une seconde raison explique le retard du déconfinement : le gouvernement se sent fautif. Très peu de gens disent que la stratégie de mise en œuvre des tests n’a été prise qu’à mi-avril. Le gouvernement réalise avec un retard d’au moins six semaines qu’il a fait une erreur colossale. Pour se dédouaner de cette erreur, il est surprudent à la sortie, ce qui explique qu’on ait à la fois un retard à l’allumage et un retard à la sortie.
La stratégie « masquer, tester, isoler » reste toujours la bonne et on ne teste toujours pas suffisamment. Néanmoins, depuis début mai, on est en mesure de tester davantage, bien qu’on ne réalise que 250 000 tests par semaine alors qu’on nous en avait promis 500 000. Cela permet d’identifier les clusters et de les traiter immédiatement. Il faut amplifier cette dynamique pendant dix-huit mois.
D’autre part, il faut continuer d’appliquer les gestes barrières, notamment le point central que sont les mains, lesquelles transmettent 90% des maladies. Et durcir l’obligation du port du masque dans les transports.
Sous toutes ces réserves, je relâcherais très fortement les protocoles sanitaires dans les secteurs productifs et scolaires pour pouvoir accueillir au moins 80% des élèves au 15 juin. Je continuerais d’appliquer une politique de prudence, de contrôle, et de réaction très rapide au moindre cluster. Cela exigerait de redonner un rôle à la médecine de ville, qui a été effacée depuis le mois de mars, car le Covid va continuer à roder.
Non. La bonne réponse consiste à prendre en compte que depuis une dizaine d’années, nous sommes entrés dans un monde dominé par un duopole sino-américain, avec une transformation de ce duopole en guerre froide il y a environ un an. Cette situation rappelle étrangement les années 1960-1970 entre l’Union soviétique et les Etats-Unis. Dans ce contexte, l’Europe est le ventre mou du monde. Par la nature du traité de Rome de 1957, l’Union européenne ne peut pas être un outil de puissance mais un espace de coopération commerciale pour éviter les guerres. Ce qui était en vigueur en 1957 n’a plus de sens en 2010. Or, le traité de Rome n’évoluera pas. C’est pourquoi, comme je l’ai prôné en 2018 dans Osons l’Europe des nations, il faut l’émergence d’un noyau dur intergouvernemental autour d’une dizaine de pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Benelux). Ce groupe d’Etats aurait la capacité de mener une politique stratégique avec la gestion d’un budget de l’ordre d’1 à 2% du PIB pour investir massivement dans le numérique et les nouvelles technologies. Ceci se ferait en dehors de l’Union européenne.
Les Etats que j’appelle les cinq renégats empêchent l’émergence d’un système fiscal et social européen convergent : l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, Chypre et Malte. Ils regroupent 25 millions d’habitants, c’est-à-dire 5% de l’Union à 27.
Dans le traité de Maastricht, les Anglais avaient permis que les questions fiscales doivent être prises à l’unanimité, ce qui permet à ces cinq Etats de bloquer toutes les décisions.
Il ne s’agit pas de bâtir une fiscalité à la française, car c’est la pire du monde, avec dans tous les domaines les taux d’imposition les plus élevés. Mais cela ne serait pas scandaleux de dire que la fiscalité sur l’épargne, et de l’impôt sur les sociétés sur l’ensemble de l’Union doit atteindre au moins 20% du PIB.
Obsédés par la préservation de leurs privilèges, les Français ne se rendent pas compte que l’on a perdu toute crédibilité en Europe. Nous avons plus reculé que l’Allemagne en 2008. A chaque choc, nous reculons plus que les Allemands, et aujourd’hui, l’économie française est à 75% de celle du voisin allemand. Toute l’Europe s’inquiète donc du long effondrement français depuis une vingtaine d’années. Les Allemands ne comprennent pas pourquoi la France se désindustrialise, pourquoi on n’a pas eu de budget à l’équilibre depuis quarante-huit ans, et pourquoi on est en déficit permanent. Nous sommes en perte de crédibilité majeure. Dans ce contexte général, on met en place des outils d’endettement alors que ce n’est pas le sujet : il faut permettre à l’Europe de redevenir compétitrice à l’échelle mondiale.
Malheureusement, ce sujet beaucoup évoqué en 2009-2010 et disparu depuis, revient au goût du jour. En effet, il y a un écart qui se crée entre Allemagne et Pays-Bas d’un côté, la France et l’Italie de l’autre. Cela va remettre sur la table l’idée d’un éclatement, qui ne serait pas forcément généralisé. En cas de problème, ce ne sont pas les pays faibles qui sortiront mais les pays forts. Cela est dû à une raison technique : sous réserve qu’on ait vraiment l’intention de rembourser la dette, qui est en euros, et que l’on décide de réintroduire une monnaie faible, elle risque d’être dévaluée de 50% et d’ainsi doubler la dette. A un moment donné, si l’écartèlement est trop fort, les Allemands, avec les Néerlandais, les Autrichiens, et peut-être cinq ou six autres pays, sortiraient et l’on aurait deux Euros, un Euromark et un Euro authentique, France incluse, vu notre niveau de désindustrialisation. D’autres pays comme l’Italie ont une meilleure industrie que nous.
Crédit photo : Martin Sanchez sur Unsplash
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 11 juin 2019.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de David Jacquot dans l’émission « Le Grand Débat » sur boursorama.com, ce vendredi 6 avril 2018.
Alors que la France se prépare à connaitre un nouveau week-end de grèves, le statut des cheminots continue de cristalliser les tensions entre le gouvernement et les syndicats. Sa suppression peut-elle vraiment aider la SNCF à affronter l’ouverture du rail à la concurrence ? Les points de vue d’Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision à l’OFCE, et de Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 18 avril 2017.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 18 avril 2017.
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Le Figaro – 19/12/2016
En matière économique et fiscale, l’assurance de la stabilité est la première vertu qu’on attendra du prochain président, plaide l’universitaire.
La situation économique de la France, on le sait, est préoccupante. En dépit d’une punition fiscale de 70 milliards d’euros sur la période 2011-2014, le déficit public sera supérieur à 80 milliards d’euros en 2016. La demande de produits et services augmente, certes, mais ce sont les entreprises étrangères qui répondent à cette augmentation. La part des importations progresse fortement depuis quinze ans.
La croissance en 2017 ne sera pas forte: de l’ordre de 1,2 % si tout va bien. Hors réformes significatives visant à relancer notre système productif, la croissance sera de l’ordre de 1,25 % en rythme annuel au cours du prochain quinquennat… à condition qu’il n’y ait pas de nouvelle crise en Europe. Dans le cas contraire, la croissance pourrait tomber à 0,75 % en rythme annuel.
La remontée des taux d’intérêt nous frapperait d’autant plus que nous ne parviendrions pas à réduire le déficit public au-dessous de 1,5 % du PIB contre une situation réelle de 3,5 % du PIB en 2016. Cet effort représente environ 45 milliards d’euros sur 2017-2018 et ne peut être réalisé que par une baisse des dépenses publiques si l’on ne veut pas étouffer ceux qui produisent encore en France.
Quelles sont les priorités du redressement à mettre en œuvre dès l’été 2017? En premier lieu, nous sommes pris dans une grande transformation du système économique et politique mondial: la révolution fondamentale de l’informatique et la pluie numérique qui irrigue notre société transforment notre système économique par l’iconomie, cette économie de l’informatique, de l’intelligence et de l’Internet. L’iconomie a déjà modifié 40 % de notre économie et ce n’est qu’un début. Le capital est le carburant de cette révolution. En portant la fiscalité du capital à plus de 60 % à l’automne 2012, quand elle est comprise entre 20 et 30 % dans toutes les autres nations industrielles, François Hollande s’est condamné à l’échec. Quel général enverrait ses armées au combat en rationnant le carburant? Il faut donc remettre toute la fiscalité du capital et l’impôt sur les sociétés à 25 %.
En deuxième lieu, la loi El Khomri votée cette année n’a pas permis de déverrouiller le marché du travail. Modifions le contrat de travail, non pas en allant vers un contrat unique – une fausse bonne idée traduisant la méconnaissance du réel -, mais en doublant l’actuel CDI, qu’il ne faut pas toucher, par un CDI à droits progressifs qui redonne de la souplesse au marché du travail. Généralisons au privé les contrats courts en vigueur dans le service public (dix-huit mois et trois ans).
En troisième lieu, il faut voter dès juillet 2017 une réforme constitutionnelle ambitieuse qui garantisse la pérennité de ces changements. Interdisons le déficit de la Sécurité sociale. Changeons le principe de précaution en un principe de responsabilité. Instaurons une règle d’or sur l’investissement net des collectivités locales. Posons le principe que la fiscalité française ne doit pas s’éloigner de celle des pays européens comparables.
Nous devons par ailleurs créer des fondations productives ayant pour objet de détenir des actions de sociétés industrielles et commerciales apportées par des personnes physiques qui n’en auraient plus la libre disponibilité pour des périodes très longues (de huit à douze ans). Aussi longtemps que ces conditions seraient respectées, les actions et revenus ainsi capitalisés seraient isolés du patrimoine personnel des personnes physiques qui ont consenti cet effort. Ces fondations seraient le support d’un entrepreneuriat du long terme au service de la création de richesses et d’emplois sur notre territoire. Ces fondations seraient créées par un nouvel article de la Constitution. Ainsi, l’orientation de la politique économique en faveur de la production compétitive sur notre sol serait crédibilisée à moyen terme.
Ces trois priorités une fois mises en œuvre l’été prochain, on pourra s’attaquer aux nécessaires réformes de l’organisation des territoires, de la santé et de l’éducation dans l’année qui suivra. Un ministre de la réforme de l’action publique introduira une révolution managériale, jamais mise en œuvre depuis 1945, et mettra en place les outils d’une forte hausse de la productivité de l’action publique. Il faut rétablir un État puissant qui dépense moins, en bloquant la dépense publique nominale au niveau atteint en 2018 au cours des années suivantes. Si cet État réformateur, et non plus dispendieux et impuissant, ne réduisait l’emploi public que de 300 000 personnes au cours du prochain quinquennat, ce ne serait pas dramatique. L’essentiel est ailleurs: rien d’efficace ne sera mis en place qui n’apparaisse comme pérenne.
Christian Saint-Etienne était l’invité de l’économie de Nicolas Pierron sur Radio Classique, ce lundi 20 juin 2016.
Au programme : Brexit et explosion de la dette de la ville de Paris