Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce jeudi 8 avril 2021.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Guillaume Dubois dans l’émission « Late & Smart » sur BSmart TV ce mardi 16 février 2021.
Atlantico.fr – 26 avril 2020
La crise sanitaire a pu montrer les limites et souligner les failles de l’Etat français. Comment doit-il être restructuré pour être plus efficace ?
Christian Saint-Etienne : Prenons l’année 2019 comme référence, avant la crise du Covid-19. En pourcentage du PIB national, la dépense publique atteignait 55,6% du PIB en France contre 45,3% en Allemagne, 45,8% dans la zone euro hors France et 46% dans l’Union européenne à 27 (UE 27) hors France. Le taux de dépense publique (en % du PIB) était donc supérieur de plus de 10 points de pourcentage par rapport au taux de dépense de l’Allemagne et de presque dix points par rapport aux taux de dépense moyen de la zone euro hors France et de l’Union européenne hors France.
Non seulement le taux de dépense publique français est supérieur de 10 points de pourcentage au taux de dépense de ses compétiteurs européens, mais il est le plus élevé des pays développés et de loin, le deuxième se situant à 50,5% au Danemark et le troisième à 49,8% en Suède. Les taux de dépense publique étaient en 2019 de 41% du PIB au Royaume-Uni, 39% au Japon et 38% aux Etats-Unis.
A périmètre comparable, l’action publique coûte dix points de PIB de plus en France que dans les pays démocratiques ayant une protection sociale comparable et des taux de chômage moindres.
Or ce taux de dépense est sans rapport avec les services rendus ! La France a un taux de chômage double de celui de l’Europe du Nord, et notamment de l’Allemagne, une dette publique plus élevée en pourcentage du PIB, et un taux d’activité de la population très inférieur à celui de l’Europe du Nord. L’insécurité est élevée et 12% d’une classe d’âge sort sans formation et sans diplôme de l’école. Pour ce qui est du seul secteur de la santé, la France dépense plus en pourcentage du PIB que l’Allemagne mais n’a commencé le confinement de la population au moment de la crise du Covid-19 qu’avec 5 000 lits en réanimation contre 28 000 en Allemagne. De plus, 35% des personnels hospitaliers sont des administratifs en France contre 24% en Allemagne. Avec le taux allemand, et à effectif constant, nous aurions 100 000 soignants de plus en France !
A fin mars 2020, la France était le 4e pays dans le monde en nombre de morts et le 52e en nombre de tests du Covid-19 !
L’Etat français est donc lourd et surtout inefficace en termes de services rendus à la population par rapport au poids colossal des prélèvements en France en comparaison des autres pays.
Il faut repartir de la base. Il se trouve que nos 35 000 communes sont toutes rattachées à une intercommunalité. En 2019, nous avions 1 258 intercos, dont 21 métropoles, 13 communautés urbaines, 223 communautés d’agglomération et 1 001 communautés de communes. Renommons les intercos en-dehors des métropoles : communes métropolitaines. Nous aurions 21 métropoles et 1 237 communes métropolitaines. Les 35 000 communes appartiendraient à ces 1 260 (pour arrondir) communautés d’action. Les élections auraient lieu directement au niveau de ces communautés d’action dont les communes seraient des subdivisions. Comme à Paris avec les arrondissements.
Or il se trouve également que ces communautés d’action ont un périmètre géographique qui correspond presque parfaitement aux 1 260 bassins de vie de la population, chaque bassin étant le territoire sur lequel plus de 80% des résidents y vivent, travaillent, se soignent, s’éduquent ou se cultivent et se divertissent.
Il faut donc faire des métropoles et communes métropolitaines l’unité de base de l’action politique et territoriale. Chaque métropole et commune métropolitaine doit produire tous les trois ans un plan glissant de six ans qui planifie le logement, les transports et le développement économique, éducatif, sanitaire et culturel.
Ces plans stratégiques sont coordonnés par les départements dont le nombre est divisé par deux. Et les régions doivent être le lieu de l’action stratégique de long terme dans le développement économique et industriel, les infrastructures lourdes, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique et appliquée. Les conseillers départementaux et régionaux, dont le nombre est divisé par deux, sont les mêmes personnes afin d’assurer une unité de commandement pour les régions et départements.
L’Etat doit décentraliser toutes les actions publiques en matière de santé, d’éducation, de transports et de développement économique aux métropoles et communes métropolitaines dont les plans stratégiques sont coordonnés par les départements pour les communes métropolitaines et par les régions pour les métropoles.
L’Etat doit devenir un Etat stratège et coordinateur, qui fixe les normes de dépense et s’assure de la cohérence globale des plans de développement et d’investissement des régions et départements pour éviter les doublons inutiles et concentrer les forces là où c’est nécessaire. L’Etat garde sa fonction d’Etat régalien qui doit être renforcée et coordonne les investissements territoriaux par une Agence nationale d’investissement au Conseil d’administration de laquelle il n’a que 40% des 20 administrateurs, les 12 autres étant élus par les régions, départements et métropoles (4 pour chaque groupe). L’Agence nationale d’investissement fixe les priorités de l’investissement civil national dans le cadre d’un plan stratégique à 15 ans mis à jour tous les cinq ans.
Ainsi, il n’y a plus de face-à-face entre un président de la République impuissant et des territoires oubliés.
L’Etat n’a rien vu venir, non seulement en 2018-2019 lorsqu’il n’a pas reconstitué les réserves sanitaires de masques et tests détruites sous le quinquennat précédent, mais même au cœur de la crise. On sait, grâce à l’expérience de Taiwan, de la Corée du Sud ou de l’Allemagne, qu’il faut tester, masquer et isoler les malades et porteurs sains du Covid-19 pour juguler l’épidémie tout en maintenant les frontières fermées.
L’Etat a maintenu les frontières ouvertes jusqu’au confinement, n’a pas stocké les masques en quantités suffisantes et a même menti sur leur utilité au mois de mars 2020. Il teste toujours trop peu au 25 avril (il faut multiplier le rythme journalier par trois ou quatre). La politique d’isolement des malades ne vivant pas seul dans des chambres d’hôtel n’a pas encore vraiment commencé.
Défaut d’anticipation, lourdeur de réaction, confusion dans les objectifs, l’Etat français, en mars-avril 2020 a cumulé toutes les tares de l’action publique. La situation n’est restée sous contrôle que grâce à l’héroïsme des soignants.
Il faut restructurer en urgence cet Etat obèse et impuissant.
Crédit photo : Anthony Choren on Unsplash
Christian Saint-Etienne était l’invité de Alain Marschall et Olivier Truchot dans l’émission les Grandes Gueules sur RMC ce jeudi 23 avril 2020.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Valérie Expert dans l’émission « Le 10 heures – midi – Média » sur Sud Radio ce jeudi 23 avril 2020.
Quelles sont les conséquences de la crise du Covid-19 sur l’Etat ?
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Jean-Jacques Bourdin dans l’émission « Bourdin Direct », sur RMC ce jeudi 20 décembre 2018.
Ça fait le débat : Ford Blanquefort, l’Etat est prêt à racheter le site.
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La Croix – 28/09/2017
En général, la loi ne crée pas d’emplois. En France, elle a plutôt tendance à en détruire. Les Français ont un rapport très particulier à l’emploi, qui est le fruit d’une longue histoire. Le travail ne se résume pas à un contrat ou à une activité. C’est un élément de dignité pour la personne. Quand un syndicat négocie, il ne négocie pas un contrat mais un statut pour les salariés.
De ce fait, on ne peut pas non plus diriger les salariés en France comme ailleurs. L’employeur doit porter une ambition collective qui donnera du sens au travail de ses salariés. S’il y parvient, les Français sont heureux d’aller travailler. S’il échoue, le divorce peut être brutal.
Cette charge symbolique du travail a des conséquences sur la loi votée par le Parlement, mais aussi sur l’organisation des relations sociales dans leur ensemble. Les conventions collectives créent beaucoup de rigidité au lieu de corriger les effets négatifs de la loi. Résultat : la France compte encore 3,5 millions de chômeurs, au lieu de 1,5 million. Nous devrions, comme nos voisins, connaître un taux de chômage de 5 %, au lieu de 10 %.
La rigidité des relations sociales s’explique aussi par la faiblesse de la croissance depuis quinze ans. Elle ne dépasse guère 1 % par an en moyenne, quand la France ne commence vraiment à respirer qu’à 1,8 %…
Nous n’allons pas refaire la culture française. Mais il faudrait au moins faire basculer la défense de l’emploi vers la défense de la personne pour éviter de bloquer le fonctionnement de l’économie. Il s’agit de biologie, pas de mécanique. Si à force de règles, vous interdisez aux cellules de se renouveler, elles finissent par mourir.
La réforme du code du travail portée par les ordonnances a le grand mérite de donner beaucoup de liberté aux entreprises de moins de 50 salariés. Il est indispensable dans ces communautés de travail de ne pas faire intervenir de syndicats porteurs d’une certaine idéologie, dans la mesure où un bon chef d’entreprise se trouve aux commandes.
Les grandes entreprises vont bénéficier quant à elles de la possibilité de faire apprécier leurs difficultés économiques sur le périmètre national et de mesures de simplification telles que la fusion des instances représentatives du personnel.
En revanche, je m’inquiète pour les PME de plus de 50 personnes, qui sont le maillon faible de l’économie française. Les ordonnances auront pour effet de renforcer l’effet de seuil. À partir de 50 personnes, l’obligation de négocier avec les syndicats persiste, parmi de nombreuses autres, quand les plus petites entreprises auront, elles, beaucoup plus de liberté.
Je crains que cela n’aboutisse à une multiplication du nombre d’entreprises de 49 personnes et ne bride, encore une fois, le développement des PME. Il aurait fallu doubler le seuil de 50, pour le porter à 100.
Recueilli par Emmanuelle Réju.

Le Figaro – 19/12/2016
En matière économique et fiscale, l’assurance de la stabilité est la première vertu qu’on attendra du prochain président, plaide l’universitaire.
La situation économique de la France, on le sait, est préoccupante. En dépit d’une punition fiscale de 70 milliards d’euros sur la période 2011-2014, le déficit public sera supérieur à 80 milliards d’euros en 2016. La demande de produits et services augmente, certes, mais ce sont les entreprises étrangères qui répondent à cette augmentation. La part des importations progresse fortement depuis quinze ans.
La croissance en 2017 ne sera pas forte: de l’ordre de 1,2 % si tout va bien. Hors réformes significatives visant à relancer notre système productif, la croissance sera de l’ordre de 1,25 % en rythme annuel au cours du prochain quinquennat… à condition qu’il n’y ait pas de nouvelle crise en Europe. Dans le cas contraire, la croissance pourrait tomber à 0,75 % en rythme annuel.
La remontée des taux d’intérêt nous frapperait d’autant plus que nous ne parviendrions pas à réduire le déficit public au-dessous de 1,5 % du PIB contre une situation réelle de 3,5 % du PIB en 2016. Cet effort représente environ 45 milliards d’euros sur 2017-2018 et ne peut être réalisé que par une baisse des dépenses publiques si l’on ne veut pas étouffer ceux qui produisent encore en France.
Quelles sont les priorités du redressement à mettre en œuvre dès l’été 2017? En premier lieu, nous sommes pris dans une grande transformation du système économique et politique mondial: la révolution fondamentale de l’informatique et la pluie numérique qui irrigue notre société transforment notre système économique par l’iconomie, cette économie de l’informatique, de l’intelligence et de l’Internet. L’iconomie a déjà modifié 40 % de notre économie et ce n’est qu’un début. Le capital est le carburant de cette révolution. En portant la fiscalité du capital à plus de 60 % à l’automne 2012, quand elle est comprise entre 20 et 30 % dans toutes les autres nations industrielles, François Hollande s’est condamné à l’échec. Quel général enverrait ses armées au combat en rationnant le carburant? Il faut donc remettre toute la fiscalité du capital et l’impôt sur les sociétés à 25 %.
En deuxième lieu, la loi El Khomri votée cette année n’a pas permis de déverrouiller le marché du travail. Modifions le contrat de travail, non pas en allant vers un contrat unique – une fausse bonne idée traduisant la méconnaissance du réel -, mais en doublant l’actuel CDI, qu’il ne faut pas toucher, par un CDI à droits progressifs qui redonne de la souplesse au marché du travail. Généralisons au privé les contrats courts en vigueur dans le service public (dix-huit mois et trois ans).
En troisième lieu, il faut voter dès juillet 2017 une réforme constitutionnelle ambitieuse qui garantisse la pérennité de ces changements. Interdisons le déficit de la Sécurité sociale. Changeons le principe de précaution en un principe de responsabilité. Instaurons une règle d’or sur l’investissement net des collectivités locales. Posons le principe que la fiscalité française ne doit pas s’éloigner de celle des pays européens comparables.
Nous devons par ailleurs créer des fondations productives ayant pour objet de détenir des actions de sociétés industrielles et commerciales apportées par des personnes physiques qui n’en auraient plus la libre disponibilité pour des périodes très longues (de huit à douze ans). Aussi longtemps que ces conditions seraient respectées, les actions et revenus ainsi capitalisés seraient isolés du patrimoine personnel des personnes physiques qui ont consenti cet effort. Ces fondations seraient le support d’un entrepreneuriat du long terme au service de la création de richesses et d’emplois sur notre territoire. Ces fondations seraient créées par un nouvel article de la Constitution. Ainsi, l’orientation de la politique économique en faveur de la production compétitive sur notre sol serait crédibilisée à moyen terme.
Ces trois priorités une fois mises en œuvre l’été prochain, on pourra s’attaquer aux nécessaires réformes de l’organisation des territoires, de la santé et de l’éducation dans l’année qui suivra. Un ministre de la réforme de l’action publique introduira une révolution managériale, jamais mise en œuvre depuis 1945, et mettra en place les outils d’une forte hausse de la productivité de l’action publique. Il faut rétablir un État puissant qui dépense moins, en bloquant la dépense publique nominale au niveau atteint en 2018 au cours des années suivantes. Si cet État réformateur, et non plus dispendieux et impuissant, ne réduisait l’emploi public que de 300 000 personnes au cours du prochain quinquennat, ce ne serait pas dramatique. L’essentiel est ailleurs: rien d’efficace ne sera mis en place qui n’apparaisse comme pérenne.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mardi 18 octobre 2016.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Élisabeth Quin dans l’émission « 28 minutes » sur ARTE, ce mardi 13 septembre 2016.
PLANS SOCIAUX : L’ÉTAT EST-IL IMPUISSANT ? Les points de vue des économistes Anna Creti, David Cayla et Christian Saint-Etienne.
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