Christian Saint-Etienne était l’invité d’Hedwige Chevrillon sur BFM Business, ce mardi 21 avril 2026.
Christian Saint-Etienne était l’invité de l’émission « Les Informés de l’éco » sur France Info ce samedi 18 avril 2026.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Hedwige Chevrillon dans l’émission « Le 18/19 » sur BFM Business, ce mercredi 11 mars 2026.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Stéphanie Antoine dans l’émission « Questions Directes » sur France 24, ce lundi 23 février 2026.
Les eurodéputés ont suspendu, lundi, la procédure de mise en œuvre de l’accord commercial conclu l’année dernière entre l’UE et les États-Unis, disant attendre une clarification de Washington sur l’impact de la décision de la Cour suprême américaine qui a invalidé, vendredi, la majeure partie des droits de douane instaurés par Donald Trump. Les explications avec Christian Saint-Etienne, universitaire, membre du cercle des économistes.
Christian Saint-Etienne était l’invité de la matinale de David Abiker sur Radio Classique, ce mercredi 28 janvier 2026.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Laurence Ferrari dans l’émission « Punchline » sur CNews, ce mardi 20 janvier 2026.
Christian Saint-Etienne était l’invité de Ludovic Desautez dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 19 janvier 2026.
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Ce lundi 19 janvier, Ludovic Desautez a reçu Patrick Artus, économiste et conseiller économique de la société de gestion Ossiam, Erwann Tison, chargé d’enseignement à l’Université de Strasbourg, et Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de « Trump et nous : Comment sauver la France et l’Europe », dans l’émission Les Experts sur BFM Business.
Christian Saint-Etienne était l’invité de l’émission « Le Grand Dossier » sur LCI ce dimanche 18 janvier 2026.
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Au sommaire : Trump : l’Europe prête à riposter. Groenland : Trump a tranché, il veut acheter. Militaires européens au Groenland : bien joué ?
Les Echos – 28/08/2025
Face aux subventions commerciales agressives de la Chine, l’Union européenne réplique trop faiblement, trop peu et trop tard. L’exemple des panneaux photovoltaïques est édifiant, estime Christian Saint-Etienne.
En ce qui concerne l’avenir de l’Union européenne, on peut faire des phrases ou regarder les faits. L’Union est une colonie numérique et militaire des Etats-Unis alors que ce pays, certes encore un allié, n’est plus un ami. De plus, la guerre commerciale de Trump, qui frappe directement l’Europe, redirige également les exportations chinoises vers nous.
De 2014 à 2024, le déficit des échanges de biens de l’UE avec la Chine a triplé à plus de 300 milliards d’euros. Ce n’est rien par rapport à ce que l’on peut anticiper pour 2025-2027, avec des exportations chinoises d’acier, de voitures et de batteries électriques, de panneaux photovoltaïques et de micro-ordinateurs, de pompes à chaleur et d’électrolyseurs, de biens intermédiaires et de produits textiles qui submergent une Union qui, pour l’essentiel, continue de pratiquer un commerce ouvert sans contrepartie. Bruxelles ne corrige qu’à la marge les effets des subventions chinoises à l’exportation et lorsque la Commission intervient, c’est toujours trop peu et trop tard, contrairement à l’action résolue du « Department of Commerce » américain.
Par exemple, pour les voitures électriques produites en Chine et depuis le 30 octobre 2024, les droits de douane ont été portés par la Commission à 17,8 % pour Tesla en Chine et 37 % pour le géant BYD, quand ils avaient été portés à 100 % par Joe Biden bien avant l’arrivée de Donald Trump. Alors que la Chine a mené pendant trois décennies une politique de contrôle féroce des importations de véhicules européens, l’UE est incapable de mettre en œuvre une politique équivalente pour les voitures électriques.
C’est pire encore pour les panneaux photovoltaïques. La Chine a éradiqué la production européenne de panneaux en versant des subventions massives à ses producteurs pendant deux décennies pour qu’ils conquièrent le marché européen. A chaque fois que les producteurs européens ont demandé la mise en place de droits compensatoires corrigeant les effets des subventions chinoises, la Commission a mis des mois à étudier le dossier et mis en œuvre des droits correcteurs inférieurs au préjudice subi par les industriels européens et pour une durée limitée, selon l’approche des « droits moindres », afin de maintenir une pression concurrentielle maximale sur les producteurs européens.
Les droits moindres pour une durée limitée après une longue enquête tuent les industries de la transition écologique, sacralisée par ailleurs, ou affaiblissent les industries chimiques, sidérurgiques et mécaniques, automobiles, textiles, etc. Alors que l’Union ne produira que 6 % des émissions mondiales de CO2 contre 60 % pour l’Asie en 2030, elle mène une transition écologique à base de technologies chinoises : un contresens stratégique colossal. Il faut développer les technologies européennes pour réussir la transition écologique afin de ne pas opposer transition et emploi.
De plus, la Commission manie le droit de la concurrence comme une arme de guerre contre ses propres secteurs économiques. Nous avons ainsi 180 opérateurs téléphoniques exsangues dans l’Union contre 3 ou 4 en Chine et aux Etats-Unis, alors qu’une dizaine suffirait en Europe.
Si la politique conduite par la Commission était un succès, la croissance de l’Union et notamment celle de la zone euro devrait dépasser celle des Etats-Unis et de la Chine, alors que l’inverse est vrai. En toute logique, la non-croissance européenne depuis la mise en œuvre du marché unique devrait provoquer une remise en cause totale des politiques menées, de l’organisation de l’Union et de son système de prise de décision. Pas ici. L’Union va continuer de stagner plutôt que de questionner les raisons des échecs passés et présents.
Le Monde – 12 juillet 2025
Monument de bureaucratie, la Commision européenne a freiné la croissance au sein de l’UE, juge, dans une tribune au « Monde », l’économiste Christian Saint-Etienne.
La croissance de la zone euro est la plus faible de tous les grands ensembles économiques mondiaux depuis vingt ans. La croissance annuelle mondiale s’est établie à un peu plus de 3,3 % sur la période 2006-2025 et devrait se maintenir autour de 3 % sur les dix prochaines années, hors cataclysme. Aux Etats-Unis, elle a été un peu inférieure à 1,9 % annuel depuis 2006 et devrait légèrement dépasser 2 % au cours de la prochaine décennie. En Chine, elle devrait croître entre 3 % et 4 % par an et être autour de 6 % annuels en Inde jusqu’en 2035. Dans la zone euro, elle a été de 1 % par an depuis 2006 et pourrait se maintenir à ce niveau jusqu’en 2035, sauf nouvelle crise.
La croissance annuelle anticipée à moyen terme est donc, par rapport à la zone euro, deux fois plus forte aux Etats-Unis, au moins trois fois plus importante en Chine et six fois plus rapide en Inde. Depuis trente ans, comme l’a montré le rapport Draghi, l’Union européenne (UE) voit son poids économique, scientifique et technologique se marginaliser dans le monde.
L’Union se retrouve passagère d’un véhicule politique et militaire occidental au volant duquel le conducteur américain multiplie les embardées, selon son humeur. La construction européenne est donc un semi-échec, politique, économique et stratégique. Telle est la réalité taboue que toutes les institutions communautaires nient pour aveugler l’opinion européenne.
Je suis un pro-européen qui ne se satisfait ni de cette situation ni de l’affaiblissement de la France dans une Europe stagnante. Quel est donc le nœud du problème ?
En 1957, le traité de Rome, qui fonde la Communauté économique européenne, est négocié pour éradiquer tout risque de nouvelle guerre en Europe. S’opposant à toute notion de puissance, il institue le principe de concurrence comme colonne vertébrale de la construction européenne. Les Etats ne peuvent subventionner leurs entreprises (car cela fausse le fonctionnement des marchés), et l’application du droit de la concurrence est confiée à la Commission européenne, qui s’est servie de cet instrument de puissance pour asseoir son ascendant sur les Etats membres. Puis les traités de Maastricht (1992) et de Lisbonne (2007) « constitutionnalisent » le seul objectif de l’UE : faire de l’Union une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre« .
Ce qui pouvait se comprendre dans les années 1950, quand le monde se divisait en trois blocs – américain, communiste et tiers-monde – n’a plus de sens quand les Etats-Unis et la Chine se battent pour la domination mondiale à coups de subventions et d’incitations fiscales pour accélérer l’essor de leurs plateformes scientifiques et technologiques et s’affirmer comme des puissances globales. Surtout, l’application du droit de la concurrence est statique en Europe, car elle ne tient pas compte des avancées technologiques, alors qu’aux Etats-Unis, elle est dynamique. Pour la Commission, toute entreprise atteignant une certaine ampleur est présumée coupable d’abus de position dominante, du seul fait de sa taille.
Aux Etats-Unis et en Chine, personne ne songerait à freiner la progression d’une entreprise qui gagne en importance grâce à des innovations technologiques permettant de rendre un service supérieur aux consommateurs, à un prix inférieurs aux produits de la concurrence (à condition que cette entreprise n’entrave pas le développement des autres). Mais, en Europe, l’essor des grands groupes de télécoms a été cassé depuis trois décennies. Aujourd’hui, il y en a donc 180 dans l’Union, alors qu’une dizaine suffirait. En revanche, les Etats-Unis et la Chine en comptent seulement trois ou quatre chacun. Le même malthusianisme s’est appliqué aux autres secteurs depuis un demi-siècle, pourtant marqué par la nouvelle révolution de l’informatique qui a transformé le système économique et technologique mondial. Dans le numérique, les biotechs, l’espace, le militaire, etc. l’UE est aujourd’hui dépassée.
L’application statique du droit de la concurrence est le symptôme d’un système institutionnel européen qui s’est ossifié en bureaucratie. Selon la théorie économique, les bureaucraties sont des organisations qui fonctionnent sur des règles maniées comme des instruments de pouvoir. Dans le cas européen, ces règles sont « constitutionnalisées » à travers de simples traités. Or, la bureaucratie européenne est lente, même dans ses deux domaines de pouvoir absolu – droit de la concurrence et politique commerciale internationale. Obsédée pour l’extension indéfinie de ses domaines d’intervention, elle cache son échec terrifiant dans ses domaines de pouvoir absolu.
Même si, depuis les élections européennes de 2024, la Commission européenne reconnaît des échecs (notamment à travers le rapport Draghi), elle ne corrige que partiellement les errements, depuis la création d’un marché unique ouvert à tous les vents, du triptyque Commission-Parlement-Cour de justice. Elle opère en édictant de nouvelles règles, conformément à la nature des institutions européennes. Or, dans un monde en fusion avec la multiplication des conflits, une Europe bureaucratique est prise à revers par les pays opérant à coups de décisions politiques et stratégiques rapides.
Il est essentiel de modifier le fonctionnement des institutions européennes en faisant de la Commission européenne le secrétariat politique du Conseil européen, en édictant une nouvelle doctrine du droit de la concurrence, en modifiant les fondements de la politique commerciale de l’UE et en redonnant du poids au travail intergouvernemental de nations souhaitant accélérer leur essor technologique, industriel et militaire.