Christian Saint-Etienne était l’invité de Thomas Hugues dans l’émission « Soir Info » sur CNews ce mardi 5 novembre 2019.
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Christian Saint-Etienne était l’invité de Hélène Lecomte dans l’émission « Le Grand Dossier » sur LCI ce mardi 5 novembre 2019.
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Le Parisien – 5/11/2019
La France instaurera des objectifs chiffrés en la matière à partir de 2021. Mais est-ce la bonne solution pour répondre aux besoins de main-d’œuvre des secteurs en tension ?
CHRISTIAN SAINT-ETIENNE. Tout à fait. La France manque de compétences dans certains domaines et notamment ceux de la révolution digitale. Nous avons besoin de très bons informaticiens, de spécialistes de la programmation numérique, de data miners… Cela représente entre 80 000 et 90 000 ingénieurs par an. Or, nous n’en formons que 60 000 chez nous, c’est-à-dire pas assez. D’autant que certains d’entre eux partent à l’étranger.
Oui. Les biotechnologies par exemple, mais aussi et surtout l’industrie. Dans ce dernier domaine, il reste 300 000 emplois non pourvus en France. Ce sont par exemple des postes de techniciens de production. Ce phénomène va s’intensifier dans les années à venir. Car avec les départs en retraite de toute une génération, j’estime qu’il faudra trouver environ 200 000 ouvriers spécialisés chaque année.
Si, c’est sûr. Mais cela prend du temps pour former des ingénieurs ou des ouvriers spécialisés. Nous avons besoin de sang neuf sans attendre !
Cela dépend des secteurs évidemment. Mais par exemple, concernant les métiers du digital, les ingénieurs du bassin méditerranéen sont excellents, comme les Iraniens, les Tunisiens et les Marocains. Nous pourrions les tester avant de leur proposer des contrats de trois, cinq ou sept ans, qui seraient renouvelables si leur intégration sur le territoire se passe bien.
Je crois qu’en flux, il faudrait recruter entre 30 000 et 50 000 travailleurs économiques par an. Et même monter jusqu’à 80 000 si l’on inclut les effectifs de l’industrie.
Photo par Alex Kotliarskyi sur Unsplash