Gouvernement

François Hollande a présenté, ce lundi devant le CESE, son plan d’urgence pour l’emploi. Axé sur la formation, l’apprentissage et l’aide à l’embauche, ce plan devrait coûter « deux milliards d’euros ». Le chef de l’État a précisé que les mesures annoncées seront financées « par des économies » et non par des hausses d’impôts. Alors, François Hollande va-t-il réussir à inverser la courbe du chômage ? – Avec: François Kalfon, conseiller régional PS d’Île-de-France et co-fondateur de la Gauche populaire. Ainsi que Christian Saint-Étienne, économiste, délégué général chargé de l’économie chez Les Républicains. – Grand Angle, du lundi 18 janvier 2016, présenté par Jean-Baptiste Boursier, sur BFMTV.

France 3.0 - Agir, Espérer, RéinventerChristian Saint-Etienne publie aux éditions Odile Jacob son nouveau livre : La France 3.0 Agir Espérer Réinventer.

Dans ce nouveau livre, Christian Saint-Etienne formule des propositions originales pour mettre en place la France 3.0 et rétablir la confiance du peuple dans ses élites.

« La République doit réécrire son contrat social et rénover ses institutions. Il faut casser la défiance entre les dirigeants et le peuple en faisant participer ce dernier à la décision et en l’intéressant aux bénéfices de la prospérité.

Nous pouvons passer rapidement d’une France 2.0 en difficulté à une France 3.0 à la pointe du progrès économique, social et culturel, avec plusieurs millions d’emplois à la clé. Notre capacité de rebond dans une iconomie entrepreneuriale est réelle. Mais il faut agir… vite ! » C. S.-E.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business, mardi 23 décembre 2014.

Au sommaire : Adhérez-vous à la théorie du « cavapétisme » ? Ceux qui disent que « ça va péter ! ». Comment en sommes-nous arriver là ? Quels sont les scénarios possibles pour 2015 ? Avec: Mathilde Lemoine, directrice des études économiques d’HSBC-France, Alain Madelin, président du fonds Latour-Capital, et Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM.

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Christian Saint-Etienne était l’invité d’Hedwige Chevrillon dans l’émission « Le Grand Journal » sur BFM Business, lundi 22 décembre 2014.

Thème de l’émission (partie 1) : Marchés financiers: quel bilan pour 2014 ?

L’évolution de la situation économique en Europe et à l’échelle mondiale a été débattue par Hedwige Chevrillon et le Cercle des économistes: Christian Saint-Étienne, membre du Cercle des économistes, et ancien membre du Conseil d’analyse économique, Philippe Trainar, membre du Cercle des économistes, Patrick Coquidé et Emmanuel Lechypre, éditorialistes économiques à BFM Business.

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Interview de Christian Saint-Etienne par Patrice de Meritens – Le Figaro Magazine – 5/12/2014

Même si elle n’apparaît pas encore en ordre, la droite n’a jamais été aussi loin dans ses propositions de réforme, et c’est un véritable facteur d’espérance, explique l’économiste.

> La droite est-elle véritablement en ordre de marche pour redresser la France ?

La question se pose en effet, car on ressent une sorte de désordre dans ce que l’on voudrait être une marche cohérente. Le problème est que les leaders de la droite n’ont pas suffisamment travaillé politiquement ni conceptuellement depuis 1981, et cela parce qu’ils n’ont pas pris conscience de l’entrée de la France dans la troisième révolution industrielle. Alors que les gens qui la composent sont individuellement intelligents et courageux, son organisation a fini par les rendre collectivement médiocres et pusillanimes. C’est dû au système lui-même, que l’on ­retrouve du reste au PS comme au FN : quand les investitures sont données par les apparatchiks, quand le leadership du parti est obsédé par le placement de ses hommes, il se ­développe un comportement clanique. Pour réussir la relève et composer un gouvernement de rupture, il ne faudra donc pas se contenter de faire du marketing politique lors de la préparation des législatives de 2017 avec des quotas de jeunes, de femmes, de diversité, etc., mais choisir de fortes personnalités. La seule raison pour laquelle Hollande et son gouvernement ont survécu dans l’hallucinante accumulation d’impéritie et de scandales auxquels on assiste depuis plus de deux ans n’a été possible que par cette désintégration de la droite, qui trouvera peut-être son terme avec l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP. Election ­paradoxale : après avoir traîné des casseroles qui se sont transformées en jouets de jardin à mesure que les procédures ont avancé – qu’on se rappelle les virulents anathèmes d’Eva Joly à propos de l’affaire Bettencourt et de l’attentat de Karachi -, voilà que celui qui a pu symboliser en 2012 les errements de la droite sera peut-être celui par qui s’opérera le renouveau…

> Pourra-t-il tenir ses promesses comme, par exemple, le fait que pas plus de 50 % du PIB ne devront être consacrés aux dépenses publiques d’ici à cinq ans ? Comment, dans ce cas de figure, passer du général au particulier ?

En passant de l’incantatoire à l’impératif ! Nous sommes ­actuellement à 57 % du PIB en dépenses publiques, contre 48 % en moyenne dans la zone euro, soit 9 points d’écart. A l’intérieur de nos 57 points, 32 sont consacrés à la protection sociale, contre une moyenne de 25 dans les autres pays ; 7 de nos 9 points d’écart avec la zone euro portant sur le seul budget de la protection sociale, c’est là qu’il faudra opérer les réformes majeures pour redéployer les moyens et réinvestir simultanément dans la troisième révolution industrielle. Il faudra enlever 5 à 6 points sur la protection ­sociale, et un point hors protection sociale, particulièrement sur l’intercommunalité.

> Là où François Fillon et Alain Juppé se prononcent clairement pour la suppression de l’ISF, Nicolas Sarkozy, après avoir évoqué une possible voie par le biais d’une harmonisation avec la fiscalité allemande, en arrive aussi à cette solution, mais en termes prudents, marquant plus la nécessité que la volonté…

Sarkozy est un homme intelligent et courageux mais, avant tout, un ultrapolitique : le dernier sondage à propos de l’ISF montre que, malheureusement, 65 % des Français sont pour son maintien. Près de 99 % des entreprises étant familiales et l’ISF touchant les actions, il faut sortir ces dernières de l’impôt de façon à reconstruire l’appareil productif en même temps que l’on rassurera les héritiers, quitte à laisser en pâture aux Français l’ISF sur les placements ­immobiliers et obligataires. Intellectuellement, je suis pour sa suppression totale, mais un simple coup d’œil sur l’histoire de notre peuple me conduit à n’être malgré tout pas trop éloigné de la vision de Sarkozy. Pour ce qui est de la retraite, 65 ans pour Juppé et Fillon, 63 ans pour Sarkozy (là encore, il est politique), j’observe que l’âge de 64 ans avec quarante-quatre ans de cotisations est un impératif absolu qui permettra le retour à l’équilibre à partir de 2024. Il faudra le faire dans la semaine qui suivra l’élection de la nouvelle Assemblée ­nationale.

> Qu’est-ce qui nous garantit que la droite va concrètement passer à l’action ?

Je me souviens d’un dîner avec François Hollande à l’automne 2006, où il avait dit : « C’est très difficile d’être à gauche en France, quand la droite y est déjà ! » Et de fait, il suffit de comparer les programmes du SPD en Allemagne, du Parti démocrate aux Etats-Unis ou du Labour au Royaume-Uni, pour constater que l’UMP a toujours été le plus à gauche de tous les grands partis de droite des grandes démocraties. Or aujourd’hui, ce n’est plus la victoire d’une faction sur une autre, mais la survie même du pays qui est en jeu. La France joue sa peau ! Le premier point d’espoir se trouve donc dans l’audace même des réformes avancées : jamais la droite n’était allée si loin. Le second point, c’est qu’en majeure partie, les Français y sont prêts. Nous sommes à une époque cathartique de notre histoire. Tout comme les individus, les peuples ne bougent que lorsqu’ils ont peur.

Logo_Europe1Christian Saint-Etienne était l’invité de David Abiker dans l’émission « C’est arrivé cette semaine » sur Europe 1, ce samedi 15 novembre 2014.

Thème abordé :

La France droguée à l’impôt, allergique aux économies ?

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e6327c5d-b48f-4ea6-b85d-6e6599bcd142L’Express – 20 août 2014

Propos recueillis par Benjamin Masse-Stamberger

L’économiste Christian Saint-Etienne, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, juge que François Hollande paie aujourd’hui deux années d’erreurs.

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans notre économie ?

Notre secteur productif est extrêmement affaibli. Il l’était déjà avant l’arrivée au pouvoir de François Hollande, puisque son dernier point haut remonte à 1999. Depuis cette date, nous nous sommes continuellement affaiblis. La part de l’industrie dans la valeur ajoutée, en France, a reculé de 30 %. Nos coûts ont augmenté de 20 % par rapport à ceux des Allemands : nous étions 12 % moins chers à l’époque, nous sommes 8% plus chers aujour d’hui. Nous sommes en déficit commercial sans discontinuer depuis 2003. Enfin, la part de nos exportations par rapport aux exportations mondiales a baissé de 40%. En résumé, notre économie était déjà très mal en point, et la politique menée entre 2012 et 2014 lui a porté le coup de grâce.

Que reprochez-vous précisément à François Hollande ?

Les deux premières années du quinquennat ont été complètement ratées : les quelques bonnes mesures prises par Nicolas Sarkozy (réforme des retraites, TVA sociale…) ont été annulées ; les impôts ont grimpé de 75 milliards d’euros – en particulier pour les entreprises – sans réduire pour autant le déficit, du fait de la faiblesse de la croissance ; le gouvernement s’est livré à un discours violemment antiriches, symbolisé par la taxe à 75 % et les violentes diatribes du ministre du Redressement productif. Tout cela a eu pour conséquence de faire fuir une partie de nos élites économiques et finan cières, et d’effrayer les investisseurs étrangers. Résultat : notre secteur productif est aujourd’hui encore plus abîmé qu’il ne l’était en 2012.

Rien ne trouve grâce à vos yeux ?

Il y a bien eu le rapport Gallois de novembre 2012, mais il ne portera véritablement ses fruits qu’à partir de 2015, tout comme le pacte de responsabilité, d’ailleurs. Le tournant social-démocrate du début de 2014 est louable, même s’il arrive bien tard et s’il faudraitle compléter par une réduction massive de la fisca lité du capital. Pour l’heure, le pari de Hollande est que les résultats obtenus à partir de 2015 feront oublier les erreurs du début du quinquennat.

Peut-il encore gagner ce pari ?

Notre pays est très dé -pendant pour ses exportations de l’Italie et de l’Espagne, qui sont de gros marchés, notamment dans les secteurs mécanique, agroalimentaire ou automobile. Or l’Italie va mal et, si l’Espagne semble aller un peu mieux, elle reste confrontée à une crise sociale extrêmement profonde. Par ailleurs, pour faire baisser véritablement le chômage, il faudrait une croissance annuelle d’au moins 1,5 %. Or on devrait avoir autour de 0,5 % en 2014 et 1 % en 2015. On pourrait même retomber à zéro si l’Italie et l’Espagne replongeaient. Autant dire que ce sera compliqué…

Faute de croissance, les marchés ne risquent-ils pas de donner l’alerte ?

La meilleure manière de les rassurer, c’est de faire un véritable aggiornamento social et fiscal, pour réduire nos dépenses et renforcer notre compétitivité. Mais si la situation devient vraiment difficile, nous risquons effectivement d’être contraints à un ajustement encore plus brutal, comme celui qu’a dû effectuer Mario Monti en Italie. Mieux vaut agir avant de devoir en arriver là.

CSE100614-ILLLe Journal du Dimanche – 17 août 2014

« Pour stimuler une croissance atone comme la nôtre, il faut partir du diagnostic. Notre système industriel s’est effondré et nous devons le rebâtir pour réussir la troisième révolution industrielle. C’est-à-dire reconstruire un noyau productif avec des processus normés et informatisés qui font la part belle à l’innovation et aux services avec un écosystème où la rémunération clé du travail n’est plus le salaire mais la plus-value. Il faut donc que, dès la loi de finances pour 2015, le gouvernement propose de réduire la fiscalité des plus-values poussée à 60 % contre 30 % en moyenne chez nos voisins. Ce faisant, nous répliquerions le modèle suédois. Il faut aussi, dès l’automne, faire passer le seuil qui déclenche des obligations sociales (création d’un CE…) pour les entreprises de 50 à 100 employés. Ces deux mesures inciteraient surtout les investisseurs étrangers qui possèdent 30 % de notre appareil productif à maintenir et accentuer leur présence en France.

A plus long terme, il faudrait réformer les retraites en faisant passer l’âge de départ à 64 ans en 2024 après quarante-quatre années de cotisations. Cela réduirait de 1 point de PIB la part du coût des retraites dans la dépense publique française. Cela contribuerait à doper l’emploi. Comme le disait Alfred Sauvy : « Le travail des uns fait le travail des autres. » En France, on fait le contraire et créé du chômage pour les jeunes et les vieux. Enfin, en parallèle de l’allongement des cotisations des retraites, je ferai passer la durée de travail à 36 heures en augmentant temporairement la CSG. »

Christian Saint-Etienne était l’invité de Delphine Liou dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce mercredi 23 juillet 2014.

Les premières mesures du choc de simplification de la vie des entreprises et la livraison du Mistral à la Russie ont été les thèmes abordés dans Les Experts par Delphine Liou et ses invités: André Lévy-Lang, professeur à l’Université Paris-Dauphine, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM et Emmanuel Lechypre, éditorialiste de BFM Business. Chaque matin, les experts ; débats, controverses et coups de gueule, Delphine Liou livre son grand éditorial entouré de pros du business sur BFMBusiness, première chaîne d’informations économiques en France. Retrouvez toute l’actualité économique et financière sur BFMBusiness.com

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