Europe

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « les Experts » sur BFM Business ce mercredi 17 avril.

Cliquez ici pour visionner le replay de l’émission.

Ce mercredi 17 avril, Guillaume Dard, président de Montpensier Finance, Frédéric Farah, économiste et enseignant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Christian Saint-Étienne, professeur au Cnam et membre du Cercle des économistes, se sont penchés sur l’UE en quête d’un rebond économique et les chiffres du FMI qui confirment le décrochage entre l’Europe et les USA, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 11 mars 2024.

Cliquez sur le lien suivant pour visionner le replay de l’émission.

Ce lundi 11 mars, Christian Saint-Etienne, professeur au CNAM, membre du Cercle des Economistes, Roland Gillet, professeur d’économie à Paris-Sorbonne et à l’Université Libre de Bruxelles Solvay, et André Loesekrug-Pietri, président de Jedi, fondateur du fonds A Capital, débattent autour de la perception des Américains de la France et de l’Europe en termes d’IA, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce vendredi 17 novembre 2023.

Cliquez sur ce lien pour visionner le replay de l’émission.

Ce vendredi 17 novembre, Christian Saint-Étienne, professeur au Cnam et membre du Cercle des économistes, Olivier Babeau, président de l’Institut Sapiens, et Jezabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, se sont penchés sur l’annonce de nouvelles revues de dépenses par Élisabeth Borne et les menaces sur la politique de l’offre, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Thiphaine de Rocquigny dans l’émission « Entendez-vous l’éco ? » sur France Culture ce jeudi 2 novembre 2023.

Cliquez ici pour écouter le podcast sur le site de l’émission.

Trente ans après l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, le 1er novembre 1993, la lutte contre l’inflation menée par la BCE se fait-elle au détriment de la croissance économique ?
Avec :

  • Natacha Valla Economiste et doyenne de l’École du management et de l’innovation à Sciences Po, ancienne directrice générale adjointe chargée de la politique monétaire à la Banque centrale européenne
  • Jérôme Creel Directeur du département des études de l’OFCE et spécialiste de l’UE, professeur à l’ESCP Business School
  • Christian Saint-Etienne Professeur émérite titulaire de la Chaire d’économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers

Le 26 octobre dernier, la BCE a annoncé maintenir son taux d’intérêt directeur à 4 %, après l’avoir augmenté à dix reprises depuis juillet 2022, où il était fixé à 0.5 %. Cette politique monétaire restrictive – inédite dans sa dureté depuis la création de la BCE, il y a trente ans, lors du Traité de Maastricht – a été décidée alors que le taux d’inflation en Europe atteignait des sommets (10.9 % en moyenne), boosté par la flambée du prix des matières premières et de l’énergie.
Si l’on observe une réduction sensible de l’inflation en Europe, il est de notoriété publique qu’une politique monétaire restrictive implique une contraction considérable du crédit et de la demande, et donc une forte réduction de l’activité économique. D’ailleurs, cela commence à se faire ressentir dans l’économie réelle : la croissance européenne est en berne et risque d’y rester pendant toute l’année 2024, au point où certains “géants” européens comme l’Allemagne font face à un fort risque de récession. De plus, de nombreux pays européens (comme la France) possèdent encore des niveaux de dette publique considérables, qui risquent d’exiger des mesures budgétaires restrictives de la part des gouvernements pour réduire les déficits.

La BCE parie sur la fin de l’inflation dans le courant de l’année pour favoriser la reprise économique : toutefois, si l’inflation a décéléré, celle-ci reste importante en cumulé ; et si les taux d’intérêt sont gelés, ils restent également élevés. Face à l’incertitude géopolitique au Moyen-Orient, certains craignent un nouveau choc pétrolier qui pourrait faire repartir l’inflation à la hausse. À cela s’ajoute la forte concurrence livrée par la Chine et les États-Unis à l’Union Européenne : isolée dans son libre-échangisme dans un contexte de retour des positions protectionnistes, l’UE voit ses perspectives de croissance d’autant plus entravées.
Face à ces enjeux, comment rebâtir une croissance économique solide ? Entre réindustrialisation, Green New Deal et taxes sur les exportations étrangères, nos trois invités y vont de leurs propositions.

Face à l’inflation, une action européenne ciblée

L’inflation est due à plusieurs facteurs. Certains, comme les prix de l’énergie, sont difficilement contrôlables, ce qui explique une persistance probable du phénomène dans les mois à venir. Comme l’explique Natacha Valla, « on ne maîtrise pas toutes les composantes de l’inflation. Ce qu’on cherche à maîtriser avec le resserrement de la politique monétaire, ce sont les éléments qui forment la demande intérieure, pour qu’elle ne vienne pas trop créer de tension sur les marchés des biens et des services. »

Les gouvernements, acteurs non négligeables de la lutte contre l’inflation

Si la BCE agit contre l’inflation, certains gouvernements ont pris une grande partie de l’inflation à leur charge. On pouvait s’attendre à ce que cette action publique accentue la hausse des prix, pourtant cela n’a pas été le cas, selon Jérôme Creel : « les gouvernements ont été beaucoup à la manœuvre pour lutter ou bien contre les effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat, ou bien directement en empêchant certains prix d’augmenter, comme en France, en Italie et en Espagne. Ces mécanismes ont concouru à réduire l’inflation dans ces trois pays, là où l’Allemagne n’a décidé de mener une stratégie de lutte contre l’inflation que très tardivement. L’inflation a des effets redistributifs considérables.« 

Une croissance affaiblie par le manque d’initiative européenne

En plus de l’inflation, la dépendance énergétique de l’Europe et son retard dans la production de technologies sont autant de facteurs qui minent la croissance européenne. Selon Christian Saint-Etienne, « il y a une fragilité stratégique absolument majeure de l’Europe, qui plus est confrontée à une guerre à sa porte en Ukraine. Cela fait qu’il y a une sorte de gel, au niveau européen, des initiatives fortes qui se traduisent par la faiblesse de la croissance.« 

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » ce jeudi 19 octobre 2023.

Cliquez sur ce lien pour visionner le replay de l’émission.

Ce jeudi 19 octobre, Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM, Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyses et prévisions de l’OFCE, et Pierre Jacquet, professeur de politique économique à l’École des Ponts ParisTech, se sont penchés sur la géopolitique comme principale menace pour l’économie mondiale, l’accord des 27 sur le marché européen de l’électricité et la BCE qui fait un pas de plus vers l’euro numérique, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne était l’invité de Nicolas Doze dans l’émission « Les Experts » sur BFM Business ce lundi 9 octobre 2023.

Cliquez sur ce lien pour visionner le podcast de l’émission.

Ce lundi 9 octobre, Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques de Crédit Agricole SA, Léonidas Kalogeropoulos, PDG de Médiation & Arguments, et Christian Saint-Étienne, professeur au CNAM, sont revenus sur les projets de taxes exceptionnelles en 2024, sur l’idée de réindexer les salaires sur l’inflation ou de privilégier des hausses sur le partage de la valeur, ainsi que sur le rôle des banques centrales face à la hausse des prix, dans l’émission Les Experts, présentée par Nicolas Doze.

Christian Saint-Etienne intervenait sur Xerfi Canal le 13 juin 2023.

Un point de stratégie et de méthode. Quand les deux grands acteurs de la Nouvelle Révolution industrielle les États-Unis et la Chine, privilégient des technologies, comme l’intelligence artificielle, les voitures autonomes ou les batteries électriques, ils associent toujours plusieurs entreprises nationales en compétition sur le développement de ces technologies et de leurs applications avec un environnement réglementaire adapté.

L’Europe, dans le même contexte, conçoit un environnement réglementaire ouvert aux Chinois et aux Américains, au moins autant qu’aux Européens. L’Union européenne a une vision réglementaire et « a-stratégique » du monde. L’approche réglementaire est utile en accompagnement d’une vision stratégique puissante, mais le réglementaire a-stratégique est un poison mortel.

Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne en charge des questions de concurrence, a indiqué souhaiter une inflexion à la doctrine européenne de la concurrence dans une conférence du 9 décembre 2019 en évoquant la nécessité de modifier les notions clés de « marché pertinent » dans le cadre de la révolution numérique, de « champ de la concurrence » pour intégrer les produits et services numériques dans l’analyse des dossiers de fusion-acquisition et a appelé à durcir les exigences de réciprocité dans l’accès aux marchés publics face aux concurrents de l’Europe. La doctrine européenne sur la concurrence n’a pas été modifiée depuis 1997, ce qui la rend en partie obsolète compte tenu de l’accélération de la révolution iconomique et de l’essor de la Chine. Pourtant rien de significatif n’a changé sur ces questions depuis 2019.

La Commission européenne avait bien annoncé en avril 2018 une initiative en faveur de l’intelligence artificielle en soulignant l’urgence du sujet. Avec juste dix ans de retard sur les États-Unis et la Chine ! Mais les budgets européens sont trois fois moins importants qu’en Asie (Chine, Japon et Corée du Sud notamment), et quatre fois moins qu’aux États-Unis. En 2021-2023, le retard de l’Union européenne s’est aggravé dans ce domaine.

En revanche, l’Europe est en avance dans la préparation de chartes éthiques pour l’utilisation de l’intelligence artificielle. Elles seront en effet utiles pour réglementer les achats de systèmes à base d’intelligence artificielle que nous importerons de Chine ou des États-Unis…

L’aspect existentiel de la révolution iconomique n’est pas compris par les responsables politiques et médiatiques européens. Il ne s’agit pas seulement de prospérité mais de liberté. Non seulement la Révolution industrielle de l’iconomie va repositionner tous les pays sur l’échelle de valeur ajoutée et de prospérité au cours des dix prochaines années – les pays ou continents qui ratent cette révolution devenant relativement pauvres et impuissants par rapport aux gagnants –, mais les perdants de la guerre économique et technologique seront marginalisés sur les plans politique et culturel.

L’approche réglementaire a-stratégique de l’Union européenne dans la Troisième Révolution industrielle prépare l’asservissement des peuples européens. Même si le Commissaire européen Thierry Breton a largement contribué à l’évolution de la pensée économique de la Commission européenne et à la mise en œuvre du DSA-DMA, il n’a pas obtenu les moyens nécessaires à une vraie politique stratégique lors de la négociation sur le budget européen 2021-2027 de 1 074 milliards d’euros pour sept ans. L’Europe s’est marginalement réveillé sous l’effet de la crise du Covid et de la guerre en Ukraine, mais son approche des problèmes mondiaux demeure essentiellement a-stratégique.

L’Allemagne, qui assume le leadership de l’Europe depuis l’affaiblissement français, mène une politique mercantiliste défendant les seuls intérêts allemands, ce qui ne favorise l’émergence d’une Europe – puissance, acteur stratège de son devenir.

Les Echos – 20/06/2023

Une reprise en main de notre déficit public s’impose d’autant plus que la transition climatique va coûter de plus en plus cher.

Le déficit public de la Franc est passé de 9% du PIB en 2020 à 4,7% en 2022 avant de remonter à 4,9% en 2023. Compte tenu de la hausse des taux d’intérêt, la baisse du déficit programmée par le gouvernement à 3,7% en 2025, soit 1 point de PIB en dessous du niveau de 2022, conduira à une stagnation de la dette publique à 109,5% de 2023 à 2025. Le gouvernement reconnaît lui-même que la situation de nos finances publiques est très dégradée et qu’aucune amélioration réelle n’est en vue jusqu’en 2027, avec un déficit qui reviendrait seulement au niveau de 2019, autour de 3%. Même si Standard & Poor’s a maintenu la note AA de la dette française le 2 juin 2023, le retour à l’équilibre de nos finances publiques est, à ce stade et sans changement d’orientation, une vue de l’esprit.

Cet affaiblissement public s’explique en grand partie par le niveau d’entrée du déficit dans la crise. Le déficit français s’établissait à 3,1% en 2019 contre 0,6% pour la zone euro et un excédent de 1,5% avec l’Allemagne, soit un écart de 2,5% du PIB avec la zone euro et de 4,6% avec l’Allemagne. La France avait réduit ces écarts en 2022, mais la dérive de la dépense publique française en 2023-2024 les rouvre. En 2024, le déficit français sera vraisemblablement supérieur de 2% du PIB à celui de la zone euro et de 3% à celui de l’Allemagne.

Le faible ajustement relatif de la trajectoire de nos finances publiques explique que l’écart de dette publique en pourcentage du PIB va se creuser avec la zone euro en 2023-2024, voire diverger en 2025-2027 si une reprise en main ne s’opère pas rapidement. Cette reprise en main s’impose d’autant plus que la transition climatique va coûter de plus en plus cher, de l’ordre de 3 points de PIB par an, ce qui pourrait conduire la France au désastre financier en cas de nouveau choc comparable à celui du Covid-19.

L’origine de cette dérive est identifiée. La dépense publique progresse plus vite en France que chez ses voisins de la zone euro, de 7,3 points de PIB de plus qua la moyenne de la zone euro en 2022 à 7,8 points de plus en 2024, selon les dernières prévisions de la Commission européenne. La réalité est plus grave si l’on compare la France à la zone euro hors France, l’écart de dépense publique atteignant 9,1 points de PIB en 2022 et 9,3 points en 2024. Non seulement la dépense publique dépasse de plus de 9 points de PIB celle des pays avec lesquels la France partage la même monnaie, mais cette dépense est inefficace puisque la croissance annuelle française est tombée à 1,15% sur la période 2014-2023 avec un déficit extérieur croissant. La croissance française qui permettrait de restaurer l’équilibre des comptes extérieurs est famélique et ne dépasse pas 0,75% par an.

La dépense sociale française dépasse 34% du PIB, soit le record du monde, sans que personne semble content ! L’école primaire est sinistrée avec un classement Pisa désastreux, 18% des enfants ne maîtrisent pas les compétences de base (lecture, écriture, calcul) et 12% des enfants qui les maîtrisent mal. Si la France surperformait ses compétiteurs dans tous les domaines, notre organisation serait un modèle. Mais dépenser 9 points de PIB de plus que les autres, alors que le pays s’appauvrit relativement, avec une baisse du niveau de vie de 12% comparée à l’Allemagne en moins de quinze ans, relève d’un Etat en faillite.

L’Opinion – 14 juin 2023

L’Union européenne s’est construite, de par le traité de Rome de 1957, sur le principe de concurrence en éradiquant toute notion de puissance pour éviter le retour de la guerre sur le continent européen. Mais cette dernière a frappé à nouveau en février 2022 une Europe qui se croyait à l’abri depuis plus de trois quarts de siècle sous la protection des Etats-Unis. Une protection illusoire contre l’absence de principes actifs de médicaments importés à 80% de Chine et d’Inde, de microprocesseurs importés à 80% de Corée du Sud et de Taïwan, de batteries importées de Chine.

Pour l’Union européenne de 1958 à 2020, tous les produits et services étaient indéfiniment disponibles à condition de payer. Depuis le Covid et la guerre en Ukraine, même l’Union européenne a compris que le libéralisme ne rime pas avec négligence, même s’il s’oppose au protectionnisme. Le protectionnisme consiste à favoriser des producteurs nationaux même lorsqu’ils sont inefficaces ou innovent peu. Le libéralisme naïf, celui de l’Union européenne pendant trop longtemps, n’exigeait pas de réciprocité dans le commerce, permettant aux Chinois de faire en Europe ce que les Européens ne peuvent toujours pas faire en Chine.

Six filières clés. La souveraineté par l’innovation consiste à s’assurer que la production des six filières clés de la souveraineté soit assurée à au moins 75% sur son territoire. Ceci suppose une programmation stratégique conduite avec les entreprises dans ces six filières : la défense pour disposer des armements nécessaires, la finance pour financer les conflits éventuels, l’agroalimentaire pour nourrir le peuple en toutes circonstances, l’industrie pharmaceutique pour soigner le peuple, l’énergie pour alimenter le système et le numérique pour le faire fonctionner. Ce sont les six domaines dans lesquels les Etats-Unis et la Chine sont en compétition frontale. L’Europe a largement négligé ces secteurs, acceptant ses dépendances dans chacun de ces domaines.

Mais c’est la France qui est la plus coupable, depuis un quart de siècle, d’avoir laissé filer la dépense publique plutôt que de concentrer son énergie sur la souveraineté par l’innovation. Alors que nous disposions d’une armée complète en 1995, de la première place dans la pharmacie et l’agroalimentaire en Europe au tournant du siècle, d’une large souveraineté énergétique en 2010, nous sommes devenus dépendants dans la plupart des domaines clés de la souveraineté. Ce n’est pas en fermant nos frontières que nous pouvons revenir au premier plan, mais en invitant les principaux acteurs d’excellence de ces secteurs à produire en France dans le cadre d’une programmation stratégique ambitieuse à 15 ans visant à favoriser l’innovation et la production de biens et services dans ces six secteurs.

Nous devons nous doter d’agences publiques favorisant la recherche et l’innovation, comme la Darpa et la Barda américaine, continuer de réduire les impôts de production, accélérer le développement des formations techniques et inviter les grands industriels américains, sud-coréens et taïwanais à venir s’installer chez nous avec de puissantes usines permettant de servir le marché national et l’exportation dans une ouverture d’esprit complète.